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Une ou plusieurs mémoires à long terme?

L'individu humain est capable de retenir des informations pendant plusieurs années. On dit que ces informations sont dans sa mémoire à long terme. N'y a-t-il qu'une mémoire à long terme chez l'individu humain ?

Dans leur manuel d'introduction à la psychologie, Kosslyn et Rosenberg soutiennent que l'individu humain possède plusieurs mémoires à long terme. Ainsi, chaque modalité sensorielle (vision, audition, odorat …) aurait une mémoire à long terme. Ils basent cette affirmation sur le fait que des dommages au cerveau peuvent affecter la mémoire à long terme d'une modalité sensorielle sans affecter la mémoire à long terme des autres modalités sensorielles.

Il y aurait également selon eux une mémoire à long terme pour les informations « explicites » et une autre pour les informations « implicites ». Les premières peuvent parvenir à la conscience de l'individu sous forme de représentation perceptive ou sous forme de mot ; le nom des couleurs primaires et les souvenirs d'enfance en sont des exemples. Les secondes ne peuvent parvenir à la conscience de l'individu, mais n'en influencent pas moins sa conduite ; les souvenirs moteurs nécessaires à la conduite d'une bicyclette en sont un exemple.

Une observation sur le célèbre patient H. M., dont on a enlevé les deux hippocampes, appuie l'existence de deux mémoires à long terme séparées pour les informations explicites et les informations implicites. À la suite d'une chute, H. M. a dû utiliser une marchette pour se déplacer. Cette marchette était faite de tubes d'aluminium qu'il fallait plier d'une manière particulière pour l'entreposer ou s'en servir. H. M. savait comment plier et déplier les tubes de sa marchette, mais il ne se rappelait pas de la chute qui l'amena à utiliser une marchette. Le fait que H. M. a gardé intacte sa capacité d'apprendre de nouvelles habitudes motrices alors qu'il a perdu sa capacité d'apprendre des souvenirs épisodiques plaide en faveur de l'existence de mémoires à long terme différentes pour les informations explicites et les informations implicites.

François Berthiaume

Kosslyn, S. M. et Rosenberg, R. S. (2005). Fundementals of psychology. New York : Pearson, p. 170-173.



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Connais-toi toi-même!

Si nous avons l'impression de ne pas être vus sous notre vrai jour, nous doutons rarement de la perception que nous avons des autres. Tout un chacun nous paraît tel un verre d'eau claire et limpide, bien sûr.

En contrepartie, nous sommes souvent convaincus d'être pour les autres un verre d'eau trouble… Cette illusion n'est pas sans avoir d'impact dans nos vies, déterminant la quantité de temps et d'énergie que nous mettons à tenter de déceler et de corriger la perception que les autres ont de nous, plutôt qu'à tenter de reconnaître et de remettre en question les perceptions que nous avons des autres.

L'avantage ? En ayant l'impression que nous connaissons mieux les autres qu'eux-mêmes nous connaissent, nous ne nous sentons pas menacés et nous nous permettons d'établir des relations que nous jugeons de confiance, de coopération et d'intimité.

Le désavantage? Nous pensant mal perçus, nous sommes réticents à profiter des conseils de notre entourage; entourage que nous considérons inapte à comprendre nos émotions, nos pensées, notre réalité. Mais nous sentant tous différents les uns des autres, ne finissons-nous pas tous par nous ressembler ?

Source : DESJARDINS, Sophie Psychologie Québec, « La recherche le dit… », janvier 2002, p. 38

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Jugement moral et enfant

Piaget raconte les deux histoires suivantes à l’enfant :

Histoire 1. « Un petit garçon [ou une petite fille] se promène dans la rue et rencontre un gros chien qui lui fait très peur. Alors il rentre à la maison et raconte à sa maman qu’il a vu un chien aussi gros qu’une vache. »
Histoire 2. « Un enfant rentre de l’école et raconte à sa maman que la maîtresse lui a donné de bonnes notes. Mais ce n’est pas vrai : la maîtresse ne lui avait donné aucune note, ni bonne ni mauvaise. Alors sa maman a été très contente et l’a récompensé. »

Puis, Piaget demande à l’enfant de dire lequel des deux enfants ou des deux mensonges est le plus « vilain ». Voici la réponse d’une petite fille de 6 ans :

« Lequel de ces deux enfants est le plus vilain ? –
La petite fille qui a dit qu’elle a vu un chien aussi gros qu’une vache. – Pourquoi c’est la plus vilaine ? – Parce que ça se peut jamais. – Sa maman l’a crue ? – Non, parce qu’il y en a jamais [des chiens aussi gros que des vaches]. – Pourquoi elle a dit ça ? – Pour exagérer. – Et l’autre, pourquoi elle a menti ? – Parce qu’elle voulait faire croire qu’elle avait un bon carnet. – Sa maman l’a crue ? – Oui. – Laquelle tu punirais le plus si tu étais la maman ? – Celle du chien, parce qu’elle était la plus menteuse et la plus méchante. »

Chez l’enfant en bas âge, à 6 ans par exemple, le principe général semble être le suivant : « le mensonge est d’autant plus grave qu’il est invraisemblable et que son contenu s’éloigne davantage de la réalité ». À cette période, l’enfant fait abstraction de l’intention des menteurs.

À votre prochaine rencontre de famille ou la prochaine fois que vous irez garder des enfants, apportez ces histoires et vérifiez ce principe général.

Si vous voulez en savoir plus et avoir d’autres histoires comme celles-là, feuilletez le livre de Piaget :
Le jugement moral chez l’enfant (1932, Paris, Presses Universitaires de France).

François Berthiaume


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Un être suprême ?

À l'automne 2001, les 89 étudiants de trois classes de deuxième année en sciences humaines ont eu à répondre à la question suivante : " Croyez-vous en l’existence d’un être suprême, peu importe son nom et peu importe sa fonction ? " Les choix de réponse étaient : " Oui ", " Non ", " Indécis ". Les étudiants qui répondaient " Indécis " étaient ensuite invités à préciser leur pensée en choisissant parmi les trois énoncés suivants : " Quoique je sois indécis, j’ai plutôt tendance à dire que oui, je crois en l’existence d’un être suprême " ; : " Quoique je sois indécis, j’ai plutôt tendance à dire que non, je ne crois pas en l’existence d’un être suprême " ; " Je ne peux pas, ou ne veux pas, indiquer une tendance ".

Cinquante-trois pour cent des étudiants répondent qu’ils croient en l’existence d’un être suprême contre 33% qui répondent ne pas y croire. Parmi les 14% d’étudiants indécis, les deux tiers ont plutôt tendance à y croire et le tiers à ne pas y croire.

François Berthiaume

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Le problème " Linda "

Sauriez-vous résoudre ce problème ?

Linda est âgée de 31 ans. Elle est célibataire. C’est une personne de confiance et elle est très intelligente. Elle a étudié en philosophie. Comme étudiante, elle était très préoccupée par les questions de discrimination et de justice sociale ; elle a aussi participé à des manifestations anti-nucléaires. Pouvez-vous évaluer la probabilité de chacun des énoncés suivants, en donnant 1 à l’énoncé le plus probable et 8 à l’énoncé le moins probable.

  • a. Linda est une enseignante du niveau primaire.
  • b. Linda travaille dans une librairie et suit des cours de Yoga.
  • c. Linda est impliquée dans le mouvement féministe.
  • d. Linda est une travailleuse sociale qui travaille dans le milieu psychiatrique.
  • e. Linda est membre de la " League of Women Voters ".
  • f. Linda travaille dans une banque.
  • g. Linda vend de l’assurance.
  • h. Linda travaille dans une banque et est impliquée dans le mouvement féministe

La psychologie cognitive est un domaine de recherche en psychologie qui s’intéresse à la manière dont l’individu acquiert des connaissances, les met en mémoire, les récupère de sa mémoire, et les utilise pour solutionner des problèmes. À l’intérieur de ce domaine d’étude, se trouve le sous-domaine du jugement ; ici, on s’intéresse à la manière dont l’individu fait des évaluations.

Pour étudier le jugement, des chercheurs soumettent des participants à des problèmes et analysent leurs réponses. Les chercheurs ont ainsi découvert qu’il existe dans le domaine du jugement des erreurs semblables à celles que l’on rencontre dans le domaine de la perception et qu’on appelle les " illusions perceptives " . Il y a en effet des problèmes de jugement qui donnent lieu à une erreur systématique chez les participants. Un de ces problèmes est celui appelé dans la littérature scientifique " Le problème de Linda ". Voici la réponse erronée que la majorité des participants donnent.

Parce que l’énoncé h combine les énoncés c et f, la probabilité de h ne peut pas être supérieure à celle de c ni à celle de f ; pourtant, la majorité des participants évaluent l’énoncé h comme plus probable que l’énoncé f.

François Berthiaume

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Psychologie chez les autochtones : le pouvoir des femmes

À la suite de la parution des articles sur la pratique en milieu autochtone, ma pratique clinique en ce milieu me donne une expérience qui n'a pas été explicitée. Il s'agit de la dimension matriarcale de la culture.

Ce n'est pas subtil: les femmes jouent aux dards à la Légion après le travail et les hommes gardent les enfants et parlent au téléphone. Les filles sont belles si elles sont grasses et dès qu'elles ont un enfant, elles participent au pouvoir. Elles ont des enfants très jeunes, au secondaire. Les filles sont élevées à être responsables, et les garçons sont encouragés à le demeurer toujours. Les femmes élisent le chef, qui est un gérant de la communauté et de la police. Il y a un dispensaire (CLSC fédéral) et une école primaire et secondaire. La terre dégèle six semaines par année pendant lesquelles tout le monde coule du ciment en combattant des mouches tellement nombreuses. En hiver, il fait noir au lever et au coucher, les journées ensoleillées sont courtes. À Schefferville, on peut voir des caribous de l'hôtel et le taxi de la place peut vous y conduire pour en abattre, avant le dessert.

Les Naskapi parlent l'anglais et le montagnais et vivent à quelques kilomètres. Les Montagnais parlent le français. Il y a des couples Montagnais-Naskapi, et leurs enfants peuvent avoir beaucoup de misère à apprendre le français à l'école.

La constatation la plus impressionnante est que les consultations au dispensaire et à l'école se départagent entre victimes féminines d'agression, et des garçons et des hommes qui consultent pour leurs agressions. Les statistiques sur 90 personnes sont significatives.

La société matriarcale signifie aussi que notre DSM-IV et notre psychopathologie traditionnelle ne s'appliquent pas dans le bon sens. L'CEdipe est renversé, les enfants font de la phobie scolaire avec leur père, les pères sont hyperprotecteurs, les garçons et les hommes qui n'ont pas de femme peuvent ne pas avoir de terrain de chasse, la mère du chef est la personne la plus importante de la communauté, et elle a une dévotion pour Sainte-Anne à Beaupré.

Au plan clinique, il y a beaucoup de drogues et d'alcool responsables pour les causes qui comparaissent à la Cour ambulante qui siège à la salle de la Légion.

C'est un portrait qui manque aux articles publiés et qui est l'expérience d'un clinicien auprès des Montagnais de Shefferville.

Maurice Barket; psychologue en bureau privé à Sherbrooke
Article extrait de: Psychologie Québec. Le magazine de l'Ordre des psychologues du Québec,
vol.18, no 6, novembre 2001, p.28


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Habitude langagière concernant l'objet de la jalousie

Lorsqu'une personne est jalouse, de qui est-elle jalouse: de la personne qui pourrait lui ravir l'être aimé ou de l'être aimé?
Quarante étudiants du collège ont lu le texte suivant et répondu à la question qui y est associée:

Stéphane et Stéphanie sont mariés ensemble. Ils reviennent d'une soirée passée avec des amis. Stéphane n'a pas aimé que, lors de cette soirée, Nicolas aie parlé souvent à Stéphanie. Stéphanie n'a pas porté une attention particulière à Nicolas pendant la soirée. Stéphane est jaloux.

Si vous aviez à décrire Stéphane à quelqu'un, lequel des deux énoncés suivants utiliseriez-vous spontanément?
A. Stéphane est jaloux de Nicolas
B. Stéphane est jaloux de Stéphanie.

Soixante pour cent des étudiants répondent que Stéphane est jaloux de Nicolas et 40%, qu'il est jaloux de Stéphanie.
Balzac appuierait vraisemblablement le choix B puisqu'il écrit: "Quand une femme n'est plus jalouse de son mari, elle ne l'aime plus" (Petit Robert, 1984).

François Berthiaume

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Truc mnémotechnique

Avez-vous déjà eu une difficulté répétée à conserver en mémoire une série de chiffres (un numéro de compte bancaire, la " combinaison " d’un cadenas …)? Si la situation est devenue embarrassante et que vous êtes à court de moyens, voici un petit truc que les spécialistes de la mémoire suggèrent. Ce truc est fondé sur l’affirmation qu’il est plus facile de retenir des mots que des chiffres.
Au préalable, il vous faut retenir les associations chiffre – consonne suivantes (entre parenthèses se trouve un truc pour faciliter votre apprentissage de ces associations).
0 s ou z (le son " se ") (z pour zéro)
1 t ou d (son " te ") (t a un trait vertical)
2 n (n à deux traits verticaux)
3 m (m a trois traits verticaux)
4 r (dans la prononciation du chiffre 4, il y a un r)
5 l (l représente 50 en chiffre romain)
6 ch ou j (pas de truc : apprenez-le par cœur)
7 k ou g (à l’envers, 7 peut ressembler à un k)
8 f ou v (f écrit à la main peut ressembler à un 8)
9 p ou b (9 ressemble à un p ou, mis à l’envers, à un b)

Lorsque vous voulez retenir en mémoire une série de chiffres, vous devez d’abord identifier les consonnes correspondant aux chiffres. Si les chiffres à retenir sont 19 – 12 – 24, les consonnes sont : t (pour le chiffre 1), b (9), t (1), n (2), n (2) et r (4). Puis, vous devez placer des voyelles entre les consonnes pour former un mot ou une expression. Dans l’exemple, vous pourriez placer les voyelles suivantes et former l’expression " Tibétain noir ".
T i b é t ai n n oi r.
Vous conservez en mémoire ce mot ou cette expression. Quand vient le moment de vous souvenir de ces chiffres, vous retrouvez le mot ou l’expression et, en vous servant des consonnes, vous recomposez la série de chiffres.

François Berthiaume

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Effet d’une charge en mémoire à court terme

Un chercheur demande à des participants de faire dans leur tête la multiplication 49 X 7. Il demande à d’autres participants de faire la multiplication 549 X 7 ; à d’autres, la multiplication 8549 X 7 ; et, enfin, à d’autres, la multiplication 38549 X 7. Les chiffres sont donnés oralement aux participants. Vous remarquerez que dans la multiplication que chaque participant a à effectuer, le multiplicateur (7) est le même, et que les chiffres à l’unité (9) et à la dizaine (4) du multiplicande sont les mêmes. Mis à part ces chiffres (le multiplicateur 7 ainsi que l’unité 9 et la dizaine 4 du multiplicande), les premiers participants (ceux qui effectuent la multiplication 49 X 7) n’ont aucun autre chiffre à retenir en mémoire à court terme ; les deuxièmes participants (549 X 7) ont un chiffre (5) supplémentaire à retenir ; les troisièmes participants (8549 X 7) ont deux chiffres (85) supplémentaires à retenir ; et les quatrièmes participants (38549 X 7) ont trois chiffres (385) supplémentaires à retenir. Le chercheur constate que le nombre d’erreurs que les participants commettent à l’unité et à la dizaine du produit augmente en fonction du nombre de chiffres supplémentaires que les participants ont à retenir. Selon le chercheur, les ressources de traitement mental sont limitées ; retenir des chiffres en mémoire à court terme demande des ressources ; plus le nombre de chiffres à retenir est élevé, moins il y a de ressources disponibles pour faire correctement les opérations de multiplication et plus le nombre d’erreurs augmente.
Une autre interprétation peut être proposée. La présence des chiffres supplémentaires crée de l’interférence : le participant se trompe dans son rappel des chiffres à différentes étapes de son calcul mental (ainsi, le participant qui doit multiplier 549 X 7 débute bien sa multiplication en multipliant 9 par 7, puis fait l’erreur de penser que le chiffre qui se trouve à la dizaine du multiplicande est 5 plutôt que 4).
La recherche suivante pourrait permettre d’identifier laquelle de ces deux interprétations est la bonne. Il s’agirait de remplacer les chiffres supplémentaires par des lettres. Le déroulement serait le même que celui de la recherche précédente, mais le matériel serait changé pour le suivant : 49 X 7 ; G49 X 7 ; SG49 X 7 ; RSG49 X 7. Les participants seraient avertis qu’ils doivent faire la multiplication des chiffres, puis repêcher dans leur mémoire les lettres et les rapporter. Les lettres ne pouvant créer de l’interférence sur les chiffres, si le nombre d’erreurs que les participants commettent augmente en fonction du nombre de lettres à retenir en mémoire, alors l’interprétation des ressources serait la bonne.
La recherche pour trancher entre les deux interprétations n’a pas encore été effectuée. Seriez-vous une personne intéressée par l’avancement des connaissances, qui aime l’étude des phénomènes humains et qui cherche, en chercheur amateur, un sujet de recherche ?

François Berthiaume

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Quel pupitre est le plus choisi en classe?

Le plan ci-joint a été distribué à 77 étudiants du Dec Intégré et la consigne suivante a été donnée :
Ce plan est celui d’une classe dont le plancher est droit et dans laquelle se trouvent la porte, 42 pupitres fixes formant 6 rangées de 7 pupitres chacune, le bureau du professeur, le tableau, le téléviseur et les fenêtres. Supposons que dans cette classe sera donné un cours de 60 heures, à raison de quatre heures par semaine ; que le groupe qui suivra ce cours est constitué de 42 étudiants ; que vous faites partie de ce groupe ; que vous ne connaissez personne du groupe ; que vous pouvez choisir le pupitre où vous vous assoirez ; que vous avez à choisir votre pupitre avant le premier cours et sur un plan comme celui-ci ; que vous ne connaissez aucune des caractéristiques des étudiants qui ont choisi les pupitres à côté du vôtre ; et que vous devrez garder ce pupitre toute la session. Dans ces conditions, à quel endroit déciderez-vous de vous asseoir ?
Sur chaque pupitre du plan est indiqué le pourcentage des étudiants qui l’ont choisi (les pupitres sans pourcentage n’ont pas été choisis). Un examen des résultats montre entre autres que les pupitres les plus choisis sont ceux formant la troisième rangée à partir du bureau du professeur (35% des étudiants) et ceux longeant le bord des fenêtres (32%).

François Berthiaume

Sondage sur la mémoire

En 1991, 154 étudiants ont eu à répondre, par écrit, à la question " Croyez-vous que tout est conservé dans la mémoire ou croyez-vous que certains souvenirs disparaissent complètement de la mémoire ? " ; puis les étudiants devaient indiquer la raison de leur choix.
Quatre-vingt-dix pour cent des répondants croient que tout est conservé en mémoire. Ils mentionnent comme raisons :
1. il arrive que des souvenirs que nous croyions complètement disparus resurgissent tout à coup ;
2. sous hypnose, les gens peuvent se rappeler de souvenir qu’ils croyaient disparus ;
3. lors d’une psychanalyse, des gens retrouvent des souvenirs datant de très loin dans leur enfance ;
4. il nous arrive de nous rappeler de détails sans importance même des années plus tard ; si des détails sans importance sont aussi longtemps conservés, tout doit être conservé en mémoire ;
5. nous pouvons ne pas être capables de nous rappeler de quelque chose, mais si quelqu’un nous présente ce quelque chose, bien souvent nous pouvons le reconnaître ;
6. il paraît que 15 pour cent seulement de notre cerveau est utilisé ; il y a donc encore beaucoup de place pour emmagasiner des souvenirs ;
7. on dit qu’avant de mourir, un individu passe en revue toute sa vie ;
8. le cerveau est comme un ordinateur ; à moins de conditions exceptionnelles, l’ordinateur conserve toutes les informations qu’on y dépose ; donc le cerveau retient tout ;
9. il y a des souvenirs dont nous souhaiterions nous débarrasser à tout prix, mais nous ne réussissons pas ; donc, nous retenons tout.
Ceux qui ne croient pas que tout est conservé en mémoire mentionnent les raisons suivantes :
1. nous n’avons pas assez d’espace dans notre cerveau pour tout emmagasiner ; l’affirmation " 15 pour cent seulement du cerveau est utilisé " est une croyance populaire que ne partagent pas les spécialistes du cerveau ;
2. constamment des cellules du cerveau meurent et ne sont pas remplacées ; si les souvenirs sont emmagasinés dans les cellules nerveuses, alors des souvenirs disparaissent avec la mort de certaines cellules;
3. les informations qu’un individu a en mémoire peuvent interférer avec l’acquisition de nouvelles informations ou le rappel d’anciennes informations (il est difficile d’apprendre son nouveau numéro de téléphone, car le numéro précédent fait interférence) ; si l’adaptation d’un individu à son environnement nécessite qu’il puisse oublier, il est plus probable que la sélection naturelle ait façonné des mémoires qui perdent des informations plutôt que des mémoires qui retiennent tout.
Qui a raison?

François Berthiaume

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Rêve et différence intersexes

Un chercheur américain a publié en 1984 un article scientifique dans lequel il affirme que, comparativement aux femmes, les hommes rêvent plus souvent à des hommes. En compilant les données obtenues dans une dizaine de recherches effectuées par différents chercheurs sur des participants de différents âges et de différentes parties du monde, les résultats obtenus sont les suivants : le pourcentage de personnages masculins dans les 3 874 rêves obtenus auprès des 1 399 hommes interrogés est de 64 ; le pourcentage de personnages masculins dans les 3 064 rêves obtenus auprès des 1 418 femmes interrogées est de 52.
Une telle différence intersexes s’obtiendrait-elle si les participants devaient imaginer une histoire plutôt que de rapporter un rêve ? Pour répondre à cette question, 44 étudiants du Dec Intégré ont eu la consigne suivante :
Dans votre tête, imaginez une histoire. Dans cette histoire, il doit arriver quatre événements. Laissez libre cours à votre imagination. [Après environ deux minutes :] Pouvez-vous indiquer sur une feuille de papier quels personnages il y a dans votre histoire, puis compter le nombre de personnages masculins et le nombre de personnages féminins.
Le pourcentage de personnages masculins dans les histoires des 10 garçons est de 74 ; le pourcentage de personnages masculins dans les histoires des 34 filles est de 41. Encore ici, les participants masculins, comparativement aux participants féminins, mettent plus souvent en scène des personnages masculins.
Toutefois, en 1998, toujours au collège, une recherche semblable a été faite et les résultats furent inversés : le pourcentage de personnages masculins dans les histoires des 18 garçons fut de 54, et le pourcentage de personnages masculins dans les histoires des 11 filles fut de 71. À ce stade-ci, il est donc plus prudent d’affirmer que les résultats ne sont pas stables quand les participants doivent imaginer une histoire plutôt que de rapporter un rêve.
L’analyse des rôles joués par les personnages que l’on trouve dans les rêves des hommes et dans les rêves des femmes pourrait peut-être faciliter la formulation d’une explication à cette mystérieuse différence intersexes.

François Berthiaume

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Fragilité de l’évaluation des longueurs chez l’enfant


Il ne vous viendrait pas à l’esprit de penser que la longueur d’un objet peut se modifier à la suite d’un déplacement de cet objet. Il semble bien toutefois qu’enfants, vous l’ayez déjà pensé.
Piaget montre à l’enfant deux bâtons droits de même longueur dont les extrémités sont vis-à-vis.



Il demande ensuite à l’enfant si les deux bâtons sont égaux. Après que l’enfant le lui eut dit, Piaget avance légèrement l’un des deux bâtons et fait évaluer de nouveau leurs longueurs.


En bas âge, vers quatre ans, l’enfant juge plus long l’un des bâtons, généralement celui qui a été avancé.
Certains pourraient objecter que l’enfant comprend mal la question. Pourtant, Piaget semble explicite : " Un de ces deux bâtons est-il plus grand que l’autre ? " (p. 133), " Ils sont la même chose longs ou pas ? " (p. 134), demande-t-il à l’enfant. Et il y a le cas, que rapporte Piaget, de cet enfant de 5 ans, qui commence à peine à évaluer comme égaux les bâtons décalés, et qui, trop peu sûr de leur égalité, tient à les replacer l’un vis-à-vis de l’autre avant de donner une réponse définitive !
Selon Piaget, l’erreur de l’enfant est due, d’une part, au fait que l’enfant considère que les objets peuvent se déformer, et, d’autre part, à l’absence chez lui " de tout système de référence extérieur aux éléments considérés [ici les bâtons] et susceptible de constituer un cadre indépendant des mobiles qui le parcourent " (p. 132). Faute d’un tel système de référence, l’enfant s’en tient, pour porter son jugement, à l’ordre des extrémités. Fixant son regard sur l’extrémité qui avance, l’enfant considérera le bâton correspondant comme plus long.
François Berthiaume
N.B. La collecte de données auprès d’enfants peut donner lieu à l’enregistrement de réponses attendrissantes. Telle celle-ci, obtenue par Piaget auprès d’un enfant de 7 ans qui, lui, évalue les bâtons comme égaux :
Cal (7 ;7) : " Encore pareils : ils ne peuvent pas grandir ! " Autres positions : " Ils sont toujours de la même longueur, et ils seront toujours pareils. " Et comme on insiste sur les modifications possibles, il en appelle à la fois … à la raison suffisante et à la sagesse divine : " Parce que le Bon Dieu ne peut pas les faire plus courts. S’il veut, il peut, mais il ne veut pas ! " (p. 137).
Tiré de : Piaget, J., Inhelder, B. et Szeminska, A. (1948). La géométrie spontanée de l’enfant. Paris : Presses Universitaires de France, pages 128 à 139.

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Pour étudier la pensé

Si vous êtes intéressé à faire des observations sur la pensée et ses erreurs, voici des histoires et des questions auxquelles vous pourriez soumettre des enfants (de 8 à 11 ans) et des adolescents. Ces histoires et questions proviennent de Piaget et de ses collaborateurs (et, dans le cas de certaines, ont été légèrement adaptées au contexte d’ici).
Histoire de l’horloger : Dans une compagnie d’horlogerie, on recevait des réclamations parce qu’il y avait des montres qui étaient mal faites. Le directeur envoya un technicien à l’usine pour examiner à quoi cela tenait. Le technicien a examiné les machines et parlé avec les employés, et après quelque temps il a téléphoné au directeur et lui a dit : "Jusqu’ici j’ai trouvé que toutes les montres que nous avons fabriquées au mois de septembre, ont des défauts ". Le directeur avait quelques montres devant lui et les regardait. (a) Il a pris d’abord une montre qui avait été fabriquée en septembre, et se dit : " Voilà, celle-ci a été fabriquée en septembre, elle a donc un défaut ". Pouvait-il dire cela ? (b) Ensuite il prend une deuxième montre et se dit : " Celle-ci a été faite en juillet : alors je suis sûr qu’elle n’a pas de défaut ". Pouvait-il le dire ? (c) Puis il prend une troisième montre, dont il savait qu’elle avait un défaut, et se dit : " Celle-là a un défaut : alors je sais qu’elle a été fabriquée en septembre ". Pouvait-il le dire ? (d) Enfin il en prend une quatrième et se dit : " De celle-ci je sais qu’elle n’a aucun défaut ; donc elle ne peut pas provenir du mois de septembre ". Pouvait-il dire cela ?

Histoire de la soupe : J’ai fait, avec mon frère, une ballade en forêt. En arrivant dans une cabane, nous avons constaté que nous avions oublié nos provisions. Alors nous avons cherché dans la cabane, et nous avons trouvé des restes de nourriture, mais ils n’étaient plus bien frais. Voici ce que nous avons trouvé : il y avait un reste de fromage, de la soupe et une vieille conserve de viande. Mon frère a mangé de la viande et de la soupe, et moi j’ai mangé de la soupe et le fromage. Une de ces trois choses nous a fait mal au ventre à tous les deux. Peux-tu me dire quelle est cette chose ?

Histoire des perles. Un roi possédait un coffre plein de perles de toutes les couleurs, des grandes et des petites. Et à l’intérieur de ce coffre, il avait placé une boîte en or qui contenait les plus précieuses de ses perles, qui étaient aussi de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Un jour il permit à un ami de regarder ses perles, et pour lui montrer qu’il avait confiance en lui, il le laissa seul. Mais il arriva un malheur. Cet ami a laissé tomber la boîte en or et les perles sont tombées parmi les autres ; il n’arrivait plus à les distinguer. Alors il a appelé le trésorier du roi, parce qu’il avait peur, et lui demanda conseil. Mais le trésorier ne voulut pas lui expliquer comment les perles avaient été arrangées, et il lui dit seulement : " Les perles roses qui étaient dans la boîte n’étaient pas petites. Il y avait aussi des petites, mais celles-là n’étaient pas roses. " Alors l’ami a essayé de se débrouiller avec cela. (a) Il prit d’abord une grande perle rose et se demanda si elle pouvait être tombée de la boîte. Qu’en penses-tu ? (b) Ensuite il prit une petite perle, rose également, et se demanda si elle pouvait être tombée de la boîte. Qu’en penses-tu ? (c) Puis une petite perle blanche, et se demanda si elle pouvait être tombée de la boîte. Qu’en penses-tu ? (d) Enfin une qui n’était ni grande ni rose, et se demanda si elle pouvait être tombée de la boîte. Qu’en penses-tu ?

Histoire des bleuets. Un homme revient du lac Saint-Jean et dit : " Jamais je ne mangerai de la salade et des bleuets en même temps. J’ai vu là-bas quelqu’un qui a mangé en même temps des bleuets et de la salade et le lendemain il est mort ". Est-ce que cet homme pouvait dire cela ?

François Berthiaume

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Quelle est l’origine de l’image mentale ?

" La perception ", répondrez-vous ; " l’image mentale est la réactivation de traces perceptives déposées en mémoire ". Votre réponse semble aller de soi, mais une curieuse caractéristique de l’image mentale incite des chercheurs en psychologie à en douter.
Représentez-vous dans votre tête un arbre qui s’écroule après avoir été scié. Êtes-vous capable de vous représenter la chute continue de l’arbre ? Il est probable que non. L’individu humain ne semble pas capable de générer dans sa tête un mouvement continu. Pourtant nous percevons le mouvement continu.
Selon ces chercheurs, la perception n’est peut-être pas la réponse, du moins la réponse complète, à la question de l’origine de l’image mentale.
François Berthiaume

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1 n'est pas égal à 1 à une certaine période de notre vie!
La notion de nombre chez l’enfant


La notion de nombre est une notion qui s’acquiert progressivement chez l’enfant, selon le psychologue Jean Piaget. Ce dernier rapporte plusieurs observations à l’appui de sa thèse. Par exemple celle-ci : chez le jeune enfant, le 1 ajouté à 1 a une valeur subjective plus grande que le 1 ajouté à 10, ou que le 1 ajouté à 40. Comme dans de nombreuses erreurs que l’enfant commet, il faut chercher du côté de la perception la raison de cette différence : ajouter sur une table 1 jeton à 1 jeton, cela fait une plus grande différence perceptive qu’ajouter 1 jeton à 40 jetons.

François Berthiaume

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Un phénomène relié à celui du membre fantôme

Certains individus qui ont subi une amputation expérimentent le phénomène du membre fantôme : ils ont des impressions sensorielles de leur membre absent. C’est le cas de F.A., amputé de la main droite et d’une partie de l’avant-bras, qui ressent sa main absente, et cela, dix ans encore après l’opération.
Le phénomène du membre fantôme s’accompagne également, chez certains individus, d’un autre phénomène : la possibilité de ressentir le membre fantôme à la suite de la stimulation d’une région précise de leur corps. Ainsi, si on touche à l’extrémité du bras de F.A., ce dernier expérimente, en plus de la sensation normale provenant de son bras, une sensation provenant de sa main amputée. Il peut même arrivé que la stimulation d’autres régions du corps puisse avoir le même effet. Ainsi, si on touche à une autre région du bras de F.A., il a également une sensation provenant de sa main amputée. Et il en est de même si on touche à certains endroits dans le côté droit de son visage.
On pense que ces régions acquièrent leur pouvoir du fait qu’elles sont représentées dans le cortex à un endroit rapproché de celui qui représente le membre absent. C’est le cas de F.A., car, en effet, les endroits dans le cortex qui représentent le bras et le visage sont près de celui qui représente la main.

François Berthiaume
Tiré de Hoffman, D. D. (1998). Visual Intelligence. New York : Norton, pages 173 à 178.

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Pour Skinner, il n'y a pas de monde mental!
La perception selon le béhavioriste Skinner

Burrhus Frederic Skinner est un des grands défenseurs du béhaviorisme en psychologie. Skinner s’oppose à la croyance largement répandue qu’il existe un monde mental. Ainsi, il s’oppose à la conception que les gens se font de ce que c’est que de percevoir. Selon la conception populaire, lorsqu’un individu voit, c’est qu’une information extérieure a été captée par sa rétine et transformée en un message, et que ce message a été acheminé au cerveau où il a été décrypté. Skinner demande " Qu’est-ce que ce message qui court sur des neurones ? Qui décrypte ? Qui décrypte dans celui qui décrypte ?" Skinner propose plutôt que percevoir, c’est se comporter.
Que feriez-vous dans le noir si vous aviez à trouver un bibelot dans une bibliothèque ? Vous déplaceriez doucement vos mains sur les rayons. Pourquoi, lorsqu’il y a de la lumière et que vous regardez la bibliothèque pour trouver ce bibelot, ne diriez-vous pas que ce que vous voyez est dû à une série de comportements que vous faites maintenant à l’intérieur de votre tête ?
Selon Skinner, le cerveau ne décrypte pas de messages, il se comporte. La cécité est une paralysie.

François Berthiaume

 

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" Je le savais dès le début " ou le biais rétrospectif

Il se pourrait que, parfois, lorsque nous nous disons, en apprenant une nouvelle, " Je le savais bien que cela était pour arriver ", nous surestimions le degré avec lequel nous étions sûr, avant que l’événement ne se produise, qu’il se produise. Intéressé par cette situation, un chercheur demande à des participants de lire le début d’un récit véridique relatant une campagne militaire britannique aux Indes, puis d’évaluer la probabilité d’un certain nombre d’issues possibles à cette campagne (" Les Anglais furent victorieux ", " Les Anglais perdirent le combat " etc.). À d’autres participants, le chercheur donne, juste avant qu’ils ne fassent leurs évaluations, une issue. Les résultats montrent que les participants qui se font dire, avant de faire leurs évaluations, quelle a été l’issue de la campagne, donnent, en moyenne, un estimé de la probabilité de cette issue plus élevé que l’estimé donné, en moyenne, par les participants ignorant. Ils trouvent cette issue inévitable et cela, indépendamment de l’issue qui leur a été dévoilée.
On a donné le nom de biais rétrospectif à cette tendance à surestimer, après coup, sa capacité de prédire un événement.

François Berthiaume
Tiré de GALOTTI, K. M. Cognitive psychology in and out of the laboratory, Pacific Grove, Brooks/Cole, 1994, 525 p.

 

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Psychologie et loterie!


Dans une recherche présentée au dernier congrès la Société québécoise pour la recherche en psychologie, des participants sont invités à jouer sur des machines à 25 sous semblables à celles qui se trouvent dans les casinos. Deux types de machines sont utilisés : d’une part des machines dont les rouleaux s’arrêtent d’eux-mêmes, et, d’autre part, des machines qui permettent aux joueurs de croire qu’ils peuvent arrêter le roulement des symboles en exerçant une pression sur l’écran. Les résultats montrent que les participants qui jouent sur le deuxième type de machines développent l’illusion de posséder un certain contrôle sur les résultats de la partie et jouent plus de parties.
Une recherche comme celle-là n’appuie-t-elle pas la possibilité ainsi que l’utilité de la psychologie scientifique ?

François Berthiaume

Ladouceur, R. et Sévigny, S. (2002). Dispositifs structurels de loterie vidéo : effets d’un dispositif d’arrêt sur l’illusion de contrôle et sur la persistance au jeu. Présentation orale faite au congrès de la Société québécoise pour la recherche en psychologie, Trois-Rivières, novembre.

 

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Une hypothèse sur la difficulté de l’enfant à reproduire une figure

Les réceptions des Fêtes approchent. Vous aurez peut-être l’occasion d’y rencontrer un enfant de 4 ou 5 ans. Peut-être serez-vous intéressés à le soumettre à cette petite expérience.
Donnez à l’enfant un crayon de couleur. Montrez-lui les figures A et B. Demandez-lui de trouver la figure B dans la figure A, puis de suivre, à l’aide de son crayon, le contour de la figure B dans la figure A. Il se peut que le contour suivi par l’enfant ressemble à celui des figures C ou D.
Faites de même pour chacun des couples de figures E – F et H – I. Les réponses que peut donner l’enfant à ces couples sont respectivement G et J.


Pourquoi l’enfant commettrait-il ces erreurs ? Selon une hypothèse, plus l’enfant est jeune, plus il a tendance à voir des objets physiques, plutôt que des traits, dans des figures comme celles-ci. Ainsi dans la figure A, l’enfant peut voir trois fils de fer : un est en " pointu " (l’angle ouvert du haut), un autre est " droit " (la grande horizontale) et un autre est en forme de boîte ouverte (la base). Comme le fil de fer droit (la grande horizontale) est un objet en soi pour l’enfant, sa partie médiane ne peut être sectionnée pour compléter le carré de la figure B. Ou bien l’enfant décide alors de négliger ce fil de fer droit (figure C) ou bien il décide de l’incorporer (figure D). La même interprétation est suggérée pour les autres erreurs commises (figures G et J).


Pour vérifier cette interprétation, interrogez l’enfant qui fait de telles erreurs pour savoir s’il voit des objets physiques dans ces figures.


Le pourcentage d’enfants de 4 et 5 ans qui commettent ce type d’erreurs avec ces figures est environ 20%1. Si l’enfant que vous interrogez réussit bien avec ces figures, proposez-lui des figures plus complexes : peut-être " régressera-t-il " alors à cette hypothétique tendance initiale et fera-t-il les erreurs attendues ?

François Berthiaume

Tiré de PIAGET, J. (Ed.) Études d’épistémologie génétique. Tome XVIII : L’épistémologie de l’espace. Paris : Presses Universitaires de France, 1964, 283 p.

1 La tâche est réussie par environ 50% des enfants. Les autres enfants font des erreurs différentes. Lesquelles ? Interrogez l’enfant pour connaître la raison de ces autres erreurs.



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Précision et concision dans la diffusion!

Communication des résultats d’une recherche

Comment définiriez-vous le phénomène du cauchemar ? Un rêve effrayant ? Un rêve pénible dont l’élément dominant est l’angoisse ? Un rêve engendrant un état anxieux et de l’agitation ? Un rêve effrayant qui provoque le réveil ? Un rêve désagréable qui provoque le réveil ? Ces définitions recouvrent des réalités qui ne sont pas identiques.
Afin de pouvoir faire ses observations, un chercheur doit définir de façon précise son objet d’étude. Dans la diffusion qui sera faite de ses résultats, la concision sera une qualité recherchée. Ainsi, on préférera dire : " Une recherche montre qu’il y a une relation entre le moment de la nuit et la présence de cauchemars ", plutôt que de dire : " Une recherche montre qu’il y a une relation entre le moment de la nuit et la présence de rêves désagréables qui provoquent le réveil ". Pour l’avancement des connaissances, dans la mesure du possible, la précision ne devrait-elle pas l’emporter sur la concision ?

François Berthiaume

 

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Où est le 25 sous?

Localisation d’un objet dans l’image mentale

Lorsque vous imaginez mentalement un objet, où placez-vous cet objet dans votre image mentale ? La semaine dernière, 98 étudiants du collège devaient se faire, tout en gardant les yeux ouverts, une image mentale d’une pièce de 25 sous, puis inscrire, sur une feuille, où se trouvait la pièce dans leur image mentale. Sur la feuille était tracée une ligne horizontale et une ligne verticale, chacune de ces lignes séparant la feuille en deux parties égales. Les étudiants étaient prévenus que l’horizontale représentait la hauteur de leurs yeux, et que la verticale représentait l’axe passant par leur nez. Soixante-dix-neuf pour cent des étudiants placent la pièce dans la moitié supérieure de la feuille, 10% la placent en son centre et 11% la placent dans sa moitié inférieure. Il semble donc y avoir une tendance à placer la pièce dans la partie supérieure de l’image mentale. Pourquoi ? " Parce que lorsque nous repêchons un souvenir, nous levons les yeux ", " Parce que, dans notre vie de tous les jours, nous avons plus souvent à fixer des éléments qui sont un peu plus haut que la hauteur de nos yeux " répondent des étudiants.

François Berthiaume

 

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Une suggestion pour vérifier une impression

Vous croyez qu’une personne a telle idée, ou tel sentiment, en particulier sur vous, et cela vous préoccupe. Si c’est possible, pourquoi ne pas vérifier votre impression plutôt que de courir le risque de mal interpréter ce que cette personne pense ou ressent ? Voici une suggestion quant à la forme que pourrait prendre votre vérification (ces étapes, et l’exemple qui les accompagne, sont tirés de DeVito, Chassé et Vezeau, 2001):

  1. Énoncé du sentiment : J’ai l’impression que tu ne m’aimes plus.
  2. Description détaillée des comportements : Je t’ai appelé trois fois au cours de la dernière semaine et tu ne m’as jamais rappelé.
  3. Interprétation plausible de la situation (1) : Je sais que c’est la semaine des examens, peut-être as-tu beaucoup de travail ?
    1. Interprétation plausible de la situation (2) : Est-ce que Denis t’as bien transmis les messages que je t’ai laissés ?
    2. Autre(s) …
  4. Demande d’éclaircissements : Est-ce que tu veux que l’on continue à sortir ensemble ?

François Berthiaume
Tiré de DEVITO, J. A., CHASSÉ, G, VEZEAU, C. La communication interpersonnelle, Montréal, Erpi, 2001, 411 p.

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Y aurait-il une mémoire particulière pour les rêves ?

Vous est-il déjà arrivé, en vous rappelant un rêve, d’avoir l’impression que votre rêve poursuivait un rêve fait plusieurs jours, voire plusieurs années, auparavant? Vous est-il déjà arrivé de tomber de sommeil en lisant un texte et d’expérimenter le phénomène suivant : dans les quelques secondes où vous êtes tombés de sommeil, une séquence d’images vous est venue à l’esprit, sans rapport avec le texte que vous lisiez, et vous avez eu la conviction que cette séquence poursuivait un rêve déjà fait ?
Si vous avez expérimenté ces phénomènes, ne trouvez-vous pas qu’ils peuvent suggérer l’hypothèse qu’il y a une mémoire particulière pour les rêves ?
S’il existe une telle mémoire, voici quelques questions qu’elle soulève . Est-ce que tout rêve entre dans cette mémoire ? Si non, que doit posséder un rêve pour y entrer? Quelle est la capacité de cette mémoire ? Une fois entré dans cette mémoire, un rêve y reste-t-il pour toujours ; si non, combien de temps un rêve peut-il y rester et qu’est-ce qui cause sa disparition? Quelles sont les conditions de récupération d’un rêve de cette mémoire ?

François Berthiaume

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Dans un couple, qui est responsable de...

Des données pouvant s’expliquer par l’heuristique de l’accessibilité

Des chercheurs interrogent plusieurs couples de personnes mariées. Dans chaque couple, ils demandent séparément à chaque membre d’évaluer, dans sa vie de couple, combien de fois sur cent c’est lui plutôt que l’autre membre qui est responsable de différentes activités comme faire le ménage, faire le déjeuner, amorcer une dispute etc.

Quelle que soit l’activité, chaque membre a tendance à considérer qu’il est plus souvent responsable que l’autre membre. Par exemple, un époux peut considérer qu’il est responsable de 60 % des disputes et son épouse, elle aussi, peut considérer qu’elle est responsable de 60% des disputes.

Des résultats semblables ont été obtenus lorsque les chercheurs demandent à des joueurs de ballon panier d’évaluer combien de fois sur cent ce sont les membres de leur équipe plutôt que les membres de l’équipe adverse qui ont été responsables des points tournants dans les parties.

Pour expliquer ces résultats, les chercheurs font appel à l’heuristique de l’accessibilité : ce qui vient en plus grand nombre à l’esprit est considéré comme plus fréquent. Comme il est plus facile de nous rappeler de ce que nous avons fait que de nous rappeler de ce que l’autre a fait, lorsque vient alors le moment d’évaluer combien de fois en général chacun est responsable, les fois où nous avons été responsables viennent plus nombreuses à l’esprit, nous poussant à évaluer à tort que nous avons été en général plus souvent responsables.

Juste avant d’amorcer un conflit avec une autre personne parce que nous avons l’impression d’en faire plus qu’elle, il serait peut-être sage d’avoir en tête ces données.

François Berthiaume

Les chercheurs sont Ross et Sicoly. Leur recherche est mentionnée à la page 143 dans : BARON, J. Thinking and deciding (3e édition), Cambridge, Cambridge University Press, 2000, 570 p.

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15 secondes avant et après sept ans!

Un indice de la perception du temps chez l’enfant

Nous pouvons percevoir le temps. Par exemple, si deux signaux séparés de 15 secondes se font entendre, il nous sera possible de percevoir approximativement la durée entre les deux signaux.

Le temps n’étant pas une énergie, sa perception doit se fonder sur des indices.

Selon Piaget, lorsque nous étions jeunes, nous avons longtemps utilisé comme indice la quantité de travail que nous accomplissions (ou l’espace que nous parcourions), sans tenir compte de la vitesse à laquelle nous accomplissions ce travail (ou de la vitesse à laquelle nous parcourions cet espace).

Dans une de ses recherches sur le sujet, Piaget demande à l’enfant de dessiner sur un papier des barres. Après 15 secondes, Piaget arrête l’enfant et lui demande de dessiner des mêmes barres mais cette fois aussi vite qu’il le peut. Piaget arrête à nouveau l’enfant après 15 secondes et lui demande si l’un des moments a été plus long que l’autre, et lequel. La grande majorité des enfants jusqu’à 7 ans répondent que le deuxième moment a été le plus long.

François Berthiaume

Tiré de PIAGET, J. Le développement de la notion de temps chez l’enfant, Paris, Presses Universitaires de France, 1973 (1946), 299 p.

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Être conscient de.... Qu'est-cela signifie?

Souvent nous entendons la phrase : " la conduite de l’individu est déterminée par des éléments non conscients ". Voici au moins quatre des sens que peut prendre cette phrase.

1. L’élément est à l’extérieur de l’individu et l’individu n’y porte pas attention. Un étudiant est moins attentif pendant un cours, et il n’est pas conscient que cette baisse d’attention est due au changement dans la température de la classe.

2. L’élément est à l’intérieur de l’individu (" dans sa tête ") ; l’individu n’en a pas conscience, mais il pourrait en avoir conscience, et cela sans avoir à vaincre de résistance intérieure, s’il faisait de " l’exploration intérieure ". Une personne est irritable, et elle n’est pas consciente que c’est parce qu’elle s’est querellée avec une amie ; si quelqu’un l’interrogeait sur la cause de son irritabilité, la personne pourrait faire de l’introspection et prendre conscience que c’est à cause de la querelle.

3. L’élément est à l’intérieur de l’individu (" dans sa tête ") ; l’individu n’en a pas conscience et il ne pourrait pas en avoir conscience même s’il faisait de " l’exploration intérieure ", car il n’a pas les moyens d’avoir accès à cet élément. Une personne décide de voter pour tel candidat. Des auteurs en psychologie (entre autres les humanistes avec leur concept de champ perceptuel) affirmeraient que cette décision est fondée sur l’état de l’ensemble des croyances et des sentiments que cette personne possède. Il est vraisemblable de supposer que cet état ne serait pas accessible, du moins dans sa totalité, par l’individu.

4. L’élément est à l’intérieur de l’individu (" dans sa tête ") ; l’individu n’en a pas conscience, mais il pourrait en avoir conscience s’il faisait de " l’exploration intérieure " et s’il vainquait une résistance intérieure. Ce sens correspond au concept d’Inconscient de Freud. Selon Freud, souvent le rêve d’un individu est causé par un élément dont l’individu aurait de la difficulté à prendre conscience, car il ne voudrait pas reconnaître avoir dans sa tête un tel élément.

François Berthiaume

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Combien souhaitent faire de la politique? Une réponse de nos étudiants?

À l’intérieur d’un de leur cours, les étudiants (59 au total) de première année du programme Sciences, Lettres et Arts ont eu à répondre, individuellement, à la question suivante : " Aimeriez-vous, plus tard, dans votre vie, faire de la politique (que ce soit au niveau fédéral, provincial ou municipal) ?

Voici pour chacun des choix de réponses, le pourcentage d’étudiants l’ayant entouré : Non (34), Plutôt non (29), Indécis (8), Plutôt oui (21), Oui (8). Une fois les indécis répartis, environ les deux tiers (68%) des étudiants répondent à la question par la négative et le tiers répondent par l’affirmative.

Les étudiants devaient justifier leur choix de réponse. Voici des justifications mentionnées par des étudiants qui répondent Non, Plutôt non ou Indécis : les politiciens ne réussiront jamais à régler nos problèmes ; ça ne procure pas un pouvoir réel ; c’est une milieu artificiel, superficiel, corrompu, compétitif, brutal, sans scrupules ; c’est trop de responsabilités ; cela représente un trop gros investissement de temps ; ce n’est pas un milieu où une personne peut être créatrice ; je n’ai pas d’intérêt à diriger des gens ; cela demande une trop grande confiance en soi ; c’est trop se faire critiquer ; je n’aime pas être sur la sellette ; cela demande des aptitudes particulières que je n’ai pas ; je ne suis pas assez au courant de ce qui s’y passe .

Des justifications mentionnées par des étudiants qui répondent Oui ou Plutôt oui : cela permet de participer à l’évolution de la société ; c’est le seul endroit où il est possible de réellement changer des choses ; il serait important que des choses changent ; il y a un plaisir à pouvoir influencer ; les politiciens sont plus informés de la situation réelle mondiale que le reste de la population.

François Berthiaume

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Une émotion crée-t-elle une modification corporelle?

Des chercheurs en psychologie font l’hypothèse qu’à chaque fois qu’un individu ressent une émotion, une modification se produit dans son corps, par exemple au niveau du cœur, des poumons ou de l’estomac. Certains s’objectent à cette hypothèse en arguant qu’elle est difficile à soutenir pour des émotions ressenties peu intensément comme la fierté de remettre un devoir à temps.

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller la nuit et de vous dire de ne surtout pas vous mettre à penser, ne serait-ce que quelques secondes, à un petit problème que vous devez régler le lendemain, car vous risqueriez, comme des expériences passées vous l’ont appris, de faire de l’insomnie pendant l’heure suivante ?
Une explication possible à cette insomnie, c’est qu’en vous mettant à penser à ce petit problème, une petite réaction se produit dans votre corps et réussit à l’activer. Si tel est le cas, vous conviendrez que cette réaction physique peut être à peine perceptible.

Si une si petite réaction corporelle peut faire la différence chez un individu entre se rendormir ou commencer une période d’insomnie, n’est-il pas légitime de croire qu’une émotion, si petite qu’elle puisse être, s’accompagne d’une réaction dans le corps ?

François Berthiaume

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Peut-on vraiment se fier à la voix d’une personne pour présumer son apparence physique?

Après quelques jours de clavardage dans un des nombreux sites Internet offrant de rencontrer l’âme sœur, voilà que vous osez passer à la seconde étape : lui téléphoner. Le timbre de sa voix, dans le combiné, vous séduit instantanément et, bien que vous n’ayez pas encore reçu sa photo numérisée, vous vous plaisez à imaginer son physique gracieux… Comment pourrait-il en être autrement de la personne dont émane une si belle voix? Mais si, dans les faits, l’objet d vos fantasmes apparaissait avec un important surplus de poids, une peau ravagée par l’acné ou un incontournable strabisme? Peut-on vraiment se fier à la voix d’une personne pour présumer son apparence physique? Dans une certaine mesure, il semblerait que oui. Invités à écouter une voix et à déterminer à quelle de deux photos elle appartient, des sujets ont répondu correctement dans plus de 75% des cas. Plus encore, incités à évaluer l’âge, la taille et le poids de la personne de qui provenait une voix pré-enregistrée, les sujets se sont montrés presque aussi précis que s’ils avaient eu à évaluer les mêmes caractéristiques à partir de photos. Voilà des résultats surprenants quand on pense que certains animateurs radio qui, malgré les passions qu’ils réussissent à susciter sur les ondes, ne parviennent jamais à faire le saut au petit écran…

Krauss, R. M., Freyberg, R. et Morsella, E. (2002) " Inferring speaker’s physical attributes from their voices ". Journal of Experimental Social Psychology, 38 (6), p. 618-625.


Extrait de : Psychologie Québec, mars 2003, p. 34 – La recherche le dit.. par Sophie Desjardins

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Scientifiquement prouvé : les vacances sont bonnes pour la santé.

Au mois de janvier, moment où la température a atteint des records de froidure, en ce début d’année qui ne semble pas de meilleur augure que les douze mois qui l’ont précédé, qui ne rêve pas de vacances? Mis à part le plaisir qu’il est possible de retirer de pareil moment de répit, les recherches scientifiques nous fournissent maintenant une raison de plus de partir en vacances : celles-ci sont bonnes pour la santé. En fait, plus une personne s’offre des vacances fréquemment, moins elle a de chances de mourir,,, au cours des neuf années subséquentes. Mais comment peut-on expliquer pareil phénomène? D’abord, les vacances permettent de se soustraire aux principales sources de stress et il est maintenant connu que le stress est en lien étroit avec les maladies coronariennes et les divers types de cancer. Ensuite, les vacances permettent d’éviter les anticipations négatives pouvant avoir des effets aversifs aussi importants que les événements tant redoutés. Finalement, elles favorisent les occasions de se ressourcer, que ce soit par les contacts sociaux ou l’activité physique. Les vacances… oublier le travail, se prélasser au soleil en sirotant un daiquiri et en lisant le dernier numéro de Psychologie Québec… à votre santé!



Extrait de : Psychologie Québec, janvier 2001, p. 42 – La recherche le dit… par Sophie Desjardins

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Connaissez-vous la loi d'Emmert?

La loi d’Emmert porte sur l’image consécutive. Une image consécutive est une sensation qui apparaît après la disparition d’une stimulation. Voici ce que vous pouvez faire pour expérimenter une image consécutive.

Découpez un petit trou dans un carton sombre (de préférence noir), placez le carton entre vous et une ampoule allumée et fixez l’ampoule au travers du petit trou, au moyen d’un de vos yeux, pendant quelques secondes (par exemple trente secondes). Portez ensuite votre regard sur une surface quelconque : vous verrez sur la surface un trou grisâtre (si vous avez de la difficulté à voir ce trou grisâtre, ou s’il disparaît, clignez des yeux, il apparaîtra).

Quant à la loi d’Emmert, vous pouvez la vérifier en portant votre regard d’abord sur une surface près de vous (par exemple sur une feuille blanche que vous tenez à bout de bras), puis sur une surface un peu plus loin (le mur au fond de votre chambre), et enfin sur une surface beaucoup plus loin (le mur au fond du corridor) : vous remarquerez que le trou grisâtre que vous voyez s’agrandit avec l’éloignement de la surface sur laquelle porte votre regard. D’où la loi d’Emmert : la taille perçue des images consécutives dépend directement de la distance de la surface sur laquelle elles sont vues.

Certains croient que cette loi suggère une explication à l’illusion de la lune. L’illusion de la lune est le fait que la lune vue à l’horizon paraît plus grande que lorsqu’elle est haute dans le ciel (ce serait une illusion, car des photographies de la lune à différentes positions dans le ciel ne montreraient aucune différence de grandeur). Selon l’explication, l’angle visuel que la lune forme sur la rétine est le même quelle que soit la position de la lune dans le ciel ; l’illusion serait alors due au fait que le ciel, à l’horizon, est considéré par l’individu comme une surface plus loin de lui que ne l’est le ciel au-dessus de sa tête.

Revenez à votre expérience de l’image consécutive: quand vous voyez la lune au zénith, vous êtes dans une situation semblable à celle dans laquelle vous êtes quand vous regardez le trou grisâtre en portant votre regard sur le mur au fond de votre chambre ; et quand vous voyez la lune à l’horizon, c’est comme lorsque vous regardez le trou grisâtre en portant votre regard sur le mur au fond du corridor.

François Berthiaume

Référence : Rock, I. (2001). La perception. Paris : De Boeck, pages 28 à 33.

 

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Soulevez-vous le sourcil?

Un comportement qui serait génétiquement programmé?

La prochaine fois que vous pourrez observer une personne reconnaissant quelqu’un, portez attention à ses sourcils. Vous pourrez ainsi vérifier si un résultat rapporté par l’éthologiste Eibl-Eibesfeldt est exact: un individu reconnaissant quelqu’un lui sourit et soulève brièvement ses sourcils (la personne reconnue réagirait en retour de la même façon).

Eibl-Eibesfeldt rapporte avoir constaté ce comportement chez des individus de cultures différentes. Il s’agirait d’un comportement programmé génétiquement et dont la fonction serait de mettre l’autre en confiance. L’éthologie est la science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel (Le Petit Robert).

François Berthiaume

Tiré de Petri, H. L. et Govern, J. M. (2004). Motivation. Belmont: Wadsworth/Thomson, p. 42

 

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Étudier, dormir et examen OU Dormir, étudier et examen? La meilleure séquence?

Vous avez terminé à 22:00 heures, hier soir, l’étude de vos mathématiques, et ce matin, à 10:00 heures, vous faites face à votre copie d’examen. Douze heures séparent la fin de votre apprentissage et le repêchage des informations apprises. Que s’est-il passé, dans votre tête, pendant ces 12 heures, concernant ces informations apprises ? Rien, seriez-nous