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Une ou plusieurs mémoires à long terme? L'individu humain est capable de retenir des informations pendant plusieurs années. On dit que ces informations sont dans sa mémoire à long terme. N'y a-t-il qu'une mémoire à long terme chez l'individu humain ? François Berthiaume Kosslyn, S. M. et Rosenberg, R. S. (2005). Fundementals of psychology. New York : Pearson, p. 170-173. Connais-toi toi-même!
François Berthiaume Un être suprême ? François Berthiaume Le problème " Linda "
La psychologie cognitive est un domaine de recherche en psychologie qui sintéresse à la manière dont lindividu acquiert des connaissances, les met en mémoire, les récupère de sa mémoire, et les utilise pour solutionner des problèmes. À lintérieur de ce domaine détude, se trouve le sous-domaine du jugement ; ici, on sintéresse à la manière dont lindividu fait des évaluations. François Berthiaume Psychologie chez les autochtones : le pouvoir des femmes Maurice Barket; psychologue en bureau privé à Sherbrooke
Habitude langagière concernant l'objet de la jalousie Stéphane et Stéphanie sont mariés ensemble. Ils reviennent d'une soirée passée avec des amis. Stéphane n'a pas aimé que, lors de cette soirée, Nicolas aie parlé souvent à Stéphanie. Stéphanie n'a pas porté une attention particulière à Nicolas pendant la soirée. Stéphane est jaloux. Soixante pour cent des étudiants répondent que Stéphane est jaloux de Nicolas et 40%, qu'il est jaloux de Stéphanie. François Berthiaume
Truc mnémotechnique François Berthiaume Effet dune charge en mémoire à court terme François Berthiaume Le plan ci-joint a été distribué à 77 étudiants du Dec Intégré et la consigne suivante a été donnée : François Berthiaume Sondage sur la mémoire François Berthiaume Rêve et différence intersexes François Berthiaume
Si vous êtes intéressé à faire des observations sur la pensée et ses erreurs, voici des histoires et des questions auxquelles vous pourriez soumettre des enfants (de 8 à 11 ans) et des adolescents. Ces histoires et questions proviennent de Piaget et de ses collaborateurs (et, dans le cas de certaines, ont été légèrement adaptées au contexte dici). François Berthiaume Quelle est lorigine de limage mentale ? " La perception ", répondrez-vous ; " limage mentale est la réactivation de traces perceptives déposées en mémoire ". Votre réponse semble aller de soi, mais une curieuse caractéristique de limage mentale incite des chercheurs en psychologie à en douter. 1 n'est pas égal à 1 à une certaine période de notre vie! François Berthiaume Un phénomène relié à celui du membre fantôme Pour Skinner, il n'y a pas de monde mental! Burrhus Frederic Skinner est un des grands défenseurs du béhaviorisme en psychologie. Skinner soppose à la croyance largement répandue quil existe un monde mental. Ainsi, il soppose à la conception que les gens se font de ce que cest que de percevoir. Selon la conception populaire, lorsquun individu voit, cest quune information extérieure a été captée par sa rétine et transformée en un message, et que ce message a été acheminé au cerveau où il a été décrypté. Skinner demande " Quest-ce que ce message qui court sur des neurones ? Qui décrypte ? Qui décrypte dans celui qui décrypte ?" Skinner propose plutôt que percevoir, cest se comporter. François Berthiaume
" Je le savais dès le début " ou le biais rétrospectif Il se pourrait que, parfois, lorsque nous nous disons, en apprenant une nouvelle, " Je le savais bien que cela était pour arriver ", nous surestimions le degré avec lequel nous étions sûr, avant que lévénement ne se produise, quil se produise. Intéressé par cette situation, un chercheur demande à des participants de lire le début dun récit véridique relatant une campagne militaire britannique aux Indes, puis dévaluer la probabilité dun certain nombre dissues possibles à cette campagne (" Les Anglais furent victorieux ", " Les Anglais perdirent le combat " etc.). À dautres participants, le chercheur donne, juste avant quils ne fassent leurs évaluations, une issue. Les résultats montrent que les participants qui se font dire, avant de faire leurs évaluations, quelle a été lissue de la campagne, donnent, en moyenne, un estimé de la probabilité de cette issue plus élevé que lestimé donné, en moyenne, par les participants ignorant. Ils trouvent cette issue inévitable et cela, indépendamment de lissue qui leur a été dévoilée. François Berthiaume
François Berthiaume Ladouceur, R. et Sévigny, S. (2002). Dispositifs structurels de loterie vidéo : effets dun dispositif darrêt sur lillusion de contrôle et sur la persistance au jeu. Présentation orale faite au congrès de la Société québécoise pour la recherche en psychologie, Trois-Rivières, novembre.
Une hypothèse sur la difficulté de lenfant à reproduire une figure
Les réceptions des Fêtes approchent. Vous aurez peut-être loccasion dy rencontrer un enfant de 4 ou 5 ans. Peut-être serez-vous intéressés à le soumettre à cette petite expérience.
François Berthiaume Tiré de PIAGET, J. (Ed.) Études dépistémologie génétique. Tome XVIII : Lépistémologie de lespace. Paris : Presses Universitaires de France, 1964, 283 p. Précision et concision dans la diffusion! Communication des résultats dune recherche François Berthiaume
Localisation dun objet dans limage mentale François Berthiaume
Une suggestion pour vérifier une impression Vous croyez quune personne a telle idée, ou tel sentiment, en particulier sur vous, et cela vous préoccupe. Si cest possible, pourquoi ne pas vérifier votre impression plutôt que de courir le risque de mal interpréter ce que cette personne pense ou ressent ? Voici une suggestion quant à la forme que pourrait prendre votre vérification (ces étapes, et lexemple qui les accompagne, sont tirés de DeVito, Chassé et Vezeau, 2001):
François Berthiaume Y aurait-il une mémoire particulière pour les rêves ? Vous est-il déjà arrivé, en vous rappelant un rêve, davoir limpression que votre rêve poursuivait un rêve fait plusieurs jours, voire plusieurs années, auparavant? Vous est-il déjà arrivé de tomber de sommeil en lisant un texte et dexpérimenter le phénomène suivant : dans les quelques secondes où vous êtes tombés de sommeil, une séquence dimages vous est venue à lesprit, sans rapport avec le texte que vous lisiez, et vous avez eu la conviction que cette séquence poursuivait un rêve déjà fait ? François Berthiaume Dans un couple, qui est responsable de... Des données pouvant sexpliquer par lheuristique de laccessibilité Quelle que soit lactivité, chaque membre a tendance à considérer quil est plus souvent responsable que lautre membre. Par exemple, un époux peut considérer quil est responsable de 60 % des disputes et son épouse, elle aussi, peut considérer quelle est responsable de 60% des disputes. Des résultats semblables ont été obtenus lorsque les chercheurs demandent à des joueurs de ballon panier dévaluer combien de fois sur cent ce sont les membres de leur équipe plutôt que les membres de léquipe adverse qui ont été responsables des points tournants dans les parties. Pour expliquer ces résultats, les chercheurs font appel à lheuristique de laccessibilité : ce qui vient en plus grand nombre à lesprit est considéré comme plus fréquent. Comme il est plus facile de nous rappeler de ce que nous avons fait que de nous rappeler de ce que lautre a fait, lorsque vient alors le moment dévaluer combien de fois en général chacun est responsable, les fois où nous avons été responsables viennent plus nombreuses à lesprit, nous poussant à évaluer à tort que nous avons été en général plus souvent responsables. Juste avant damorcer un conflit avec une autre personne parce que nous avons limpression den faire plus quelle, il serait peut-être sage davoir en tête ces données. François Berthiaume Les chercheurs sont Ross et Sicoly. Leur recherche est mentionnée à la page 143 dans : BARON, J. Thinking and deciding (3e édition), Cambridge, Cambridge University Press, 2000, 570 p. 15 secondes avant et après sept ans! Un indice de la perception du temps chez lenfant Le temps nétant pas une énergie, sa perception doit se fonder sur des indices. Selon Piaget, lorsque nous étions jeunes, nous avons longtemps utilisé comme indice la quantité de travail que nous accomplissions (ou lespace que nous parcourions), sans tenir compte de la vitesse à laquelle nous accomplissions ce travail (ou de la vitesse à laquelle nous parcourions cet espace). Dans une de ses recherches sur le sujet, Piaget demande à lenfant de dessiner sur un papier des barres. Après 15 secondes, Piaget arrête lenfant et lui demande de dessiner des mêmes barres mais cette fois aussi vite quil le peut. Piaget arrête à nouveau lenfant après 15 secondes et lui demande si lun des moments a été plus long que lautre, et lequel. La grande majorité des enfants jusquà 7 ans répondent que le deuxième moment a été le plus long. François Berthiaume Tiré de PIAGET, J. Le développement de la notion de temps chez lenfant, Paris, Presses Universitaires de France, 1973 (1946), 299 p. Être conscient de.... Qu'est-cela signifie? Souvent nous entendons la phrase : " la conduite de lindividu est déterminée par des éléments non conscients ". Voici au moins quatre des sens que peut prendre cette phrase. 1. Lélément est à lextérieur de lindividu et lindividu ny porte pas attention. Un étudiant est moins attentif pendant un cours, et il nest pas conscient que cette baisse dattention est due au changement dans la température de la classe. 2. Lélément est à lintérieur de lindividu (" dans sa tête ") ; lindividu nen a pas conscience, mais il pourrait en avoir conscience, et cela sans avoir à vaincre de résistance intérieure, sil faisait de " lexploration intérieure ". Une personne est irritable, et elle nest pas consciente que cest parce quelle sest querellée avec une amie ; si quelquun linterrogeait sur la cause de son irritabilité, la personne pourrait faire de lintrospection et prendre conscience que cest à cause de la querelle. 3. Lélément est à lintérieur de lindividu (" dans sa tête ") ; lindividu nen a pas conscience et il ne pourrait pas en avoir conscience même sil faisait de " lexploration intérieure ", car il na pas les moyens davoir accès à cet élément. Une personne décide de voter pour tel candidat. Des auteurs en psychologie (entre autres les humanistes avec leur concept de champ perceptuel) affirmeraient que cette décision est fondée sur létat de lensemble des croyances et des sentiments que cette personne possède. Il est vraisemblable de supposer que cet état ne serait pas accessible, du moins dans sa totalité, par lindividu. 4. Lélément est à lintérieur de lindividu (" dans sa tête ") ; lindividu nen a pas conscience, mais il pourrait en avoir conscience sil faisait de " lexploration intérieure " et sil vainquait une résistance intérieure. Ce sens correspond au concept dInconscient de Freud. Selon Freud, souvent le rêve dun individu est causé par un élément dont lindividu aurait de la difficulté à prendre conscience, car il ne voudrait pas reconnaître avoir dans sa tête un tel élément. François Berthiaume Combien souhaitent faire de la politique? Une réponse de nos étudiants? À lintérieur dun de leur cours, les étudiants (59 au total) de première année du programme Sciences, Lettres et Arts ont eu à répondre, individuellement, à la question suivante : " Aimeriez-vous, plus tard, dans votre vie, faire de la politique (que ce soit au niveau fédéral, provincial ou municipal) ? Voici pour chacun des choix de réponses, le pourcentage détudiants layant entouré : Non (34), Plutôt non (29), Indécis (8), Plutôt oui (21), Oui (8). Une fois les indécis répartis, environ les deux tiers (68%) des étudiants répondent à la question par la négative et le tiers répondent par laffirmative. Les étudiants devaient justifier leur choix de réponse. Voici des justifications mentionnées par des étudiants qui répondent Non, Plutôt non ou Indécis : les politiciens ne réussiront jamais à régler nos problèmes ; ça ne procure pas un pouvoir réel ; cest une milieu artificiel, superficiel, corrompu, compétitif, brutal, sans scrupules ; cest trop de responsabilités ; cela représente un trop gros investissement de temps ; ce nest pas un milieu où une personne peut être créatrice ; je nai pas dintérêt à diriger des gens ; cela demande une trop grande confiance en soi ; cest trop se faire critiquer ; je naime pas être sur la sellette ; cela demande des aptitudes particulières que je nai pas ; je ne suis pas assez au courant de ce qui sy passe . Des justifications mentionnées par des étudiants qui répondent Oui ou Plutôt oui : cela permet de participer à lévolution de la société ; cest le seul endroit où il est possible de réellement changer des choses ; il serait important que des choses changent ; il y a un plaisir à pouvoir influencer ; les politiciens sont plus informés de la situation réelle mondiale que le reste de la population. François Berthiaume Une émotion crée-t-elle une modification corporelle? Des chercheurs en psychologie font lhypothèse quà chaque fois quun individu ressent une émotion, une modification se produit dans son corps, par exemple au niveau du cur, des poumons ou de lestomac. Certains sobjectent à cette hypothèse en arguant quelle est difficile à soutenir pour des émotions ressenties peu intensément comme la fierté de remettre un devoir à temps. Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller la nuit et de vous dire de ne surtout pas vous mettre à penser, ne serait-ce que quelques secondes, à un petit problème que vous devez régler le lendemain, car vous risqueriez, comme des expériences passées vous lont appris, de faire de linsomnie pendant lheure suivante ? Si une si petite réaction corporelle peut faire la différence chez un individu entre se rendormir ou commencer une période dinsomnie, nest-il pas légitime de croire quune émotion, si petite quelle puisse être, saccompagne dune réaction dans le corps ? François Berthiaume Peut-on vraiment se fier à la voix dune personne pour présumer son apparence physique? Après quelques jours de clavardage dans un des nombreux sites Internet offrant de rencontrer lâme sur, voilà que vous osez passer à la seconde étape : lui téléphoner. Le timbre de sa voix, dans le combiné, vous séduit instantanément et, bien que vous nayez pas encore reçu sa photo numérisée, vous vous plaisez à imaginer son physique gracieux
Comment pourrait-il en être autrement de la personne dont émane une si belle voix? Mais si, dans les faits, lobjet d vos fantasmes apparaissait avec un important surplus de poids, une peau ravagée par lacné ou un incontournable strabisme? Peut-on vraiment se fier à la voix dune personne pour présumer son apparence physique? Dans une certaine mesure, il semblerait que oui. Invités à écouter une voix et à déterminer à quelle de deux photos elle appartient, des sujets ont répondu correctement dans plus de 75% des cas. Plus encore, incités à évaluer lâge, la taille et le poids de la personne de qui provenait une voix pré-enregistrée, les sujets se sont montrés presque aussi précis que sils avaient eu à évaluer les mêmes caractéristiques à partir de photos. Voilà des résultats surprenants quand on pense que certains animateurs radio qui, malgré les passions quils réussissent à susciter sur les ondes, ne parviennent jamais à faire le saut au petit écran
Scientifiquement prouvé : les vacances sont bonnes pour la santé. Connaissez-vous la loi d'Emmert? La loi dEmmert porte sur limage consécutive. Une image consécutive est une sensation qui apparaît après la disparition dune stimulation. Voici ce que vous pouvez faire pour expérimenter une image consécutive. Découpez un petit trou dans un carton sombre (de préférence noir), placez le carton entre vous et une ampoule allumée et fixez lampoule au travers du petit trou, au moyen dun de vos yeux, pendant quelques secondes (par exemple trente secondes). Portez ensuite votre regard sur une surface quelconque : vous verrez sur la surface un trou grisâtre (si vous avez de la difficulté à voir ce trou grisâtre, ou sil disparaît, clignez des yeux, il apparaîtra). Quant à la loi dEmmert, vous pouvez la vérifier en portant votre regard dabord sur une surface près de vous (par exemple sur une feuille blanche que vous tenez à bout de bras), puis sur une surface un peu plus loin (le mur au fond de votre chambre), et enfin sur une surface beaucoup plus loin (le mur au fond du corridor) : vous remarquerez que le trou grisâtre que vous voyez sagrandit avec léloignement de la surface sur laquelle porte votre regard. Doù la loi dEmmert : la taille perçue des images consécutives dépend directement de la distance de la surface sur laquelle elles sont vues. Certains croient que cette loi suggère une explication à lillusion de la lune. Lillusion de la lune est le fait que la lune vue à lhorizon paraît plus grande que lorsquelle est haute dans le ciel (ce serait une illusion, car des photographies de la lune à différentes positions dans le ciel ne montreraient aucune différence de grandeur). Selon lexplication, langle visuel que la lune forme sur la rétine est le même quelle que soit la position de la lune dans le ciel ; lillusion serait alors due au fait que le ciel, à lhorizon, est considéré par lindividu comme une surface plus loin de lui que ne lest le ciel au-dessus de sa tête. Revenez à votre expérience de limage consécutive: quand vous voyez la lune au zénith, vous êtes dans une situation semblable à celle dans laquelle vous êtes quand vous regardez le trou grisâtre en portant votre regard sur le mur au fond de votre chambre ; et quand vous voyez la lune à lhorizon, cest comme lorsque vous regardez le trou grisâtre en portant votre regard sur le mur au fond du corridor. François Berthiaume Référence : Rock, I. (2001). La perception. Paris : De Boeck, pages 28 à 33.
Un comportement qui serait génétiquement programmé? La prochaine fois que vous pourrez observer une personne reconnaissant quelquun, portez attention à ses sourcils. Vous pourrez ainsi vérifier si un résultat rapporté par léthologiste Eibl-Eibesfeldt est exact: un individu reconnaissant quelquun lui sourit et soulève brièvement ses sourcils (la personne reconnue réagirait en retour de la même façon). Eibl-Eibesfeldt rapporte avoir constaté ce comportement chez des individus de cultures différentes. Il sagirait dun comportement programmé génétiquement et dont la fonction serait de mettre lautre en confiance. Léthologie est la science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel (Le Petit Robert). François Berthiaume Tiré de Petri, H. L. et Govern, J. M. (2004). Motivation. Belmont: Wadsworth/Thomson, p. 42
Étudier, dormir et examen OU Dormir, étudier et examen? La meilleure séquence? Vous avez terminé à 22:00 heures, hier soir, létude de vos mathématiques, et ce matin, à 10:00 heures, vous faites face à votre copie dexamen. Douze heures séparent la fin de votre apprentissage et le repêchage des informations apprises. Que sest-il passé, dans votre tête, pendant ces 12 heures, concernant ces informations apprises ? Rien, seriez-nous tentés de répondre, puisque vous navez pas repensé à ces informations. Des chercheurs disent que vous vous trompez. Selon eux, pendant ces 12 heures, il y a eu, dans votre tête, un travail, non conscient, de consolidation des informations apprises. Et parmi ces chercheurs, certains disent même que le sommeil serait une période essentielle pour létablissement de cette consolidation. Ainsi Walker et ses collaborateurs ont soumis des participants à une tâche motrice simple : avec un doigt de sa main non dominante, chaque participant devait taper successivement quatre clés dun clavier dordinateur dans lordre 4 1 3 2 4, et répéter cette séquence le plus rapidement et le plus exactement possible pendant une période de 30 secondes. Les participants font 12 essais de 30 secondes ; un intervalle de 30 secondes de repos sépare les essais les uns des autres. Lorsque, 12 heures plus tard, les participants reviennent au laboratoire pour refaire une autre série de 12 essais, les seuls participants qui ont une meilleure performance sont ceux qui ont eu une nuit de sommeil. Autrement dit, les participants qui ont fait pour la première fois la tâche à 22:00 heures le soir ont eu une meilleure performance quand ils ont refait la tâche à 10:00 heures le lendemain matin ; en revanche, les participants qui ont fait pour la première fois la tâche à 10:00 heures le matin nont pas eu une meilleure performance quand ils ont refait la tache à 22:00 heures ce soir-là1. Les recherches dans ce domaine ne sont pas très nombreuses. La consolidation ainsi que limportance du sommeil dans son établissement gagneraient à recevoir dautres confirmations empiriques. Ce domaine nest-il pas intéressant et pertinent ? Et navez-vous pas limpression que la recherche dans ce domaine ne semble pas très compliquée à réaliser ? Au point que certains dentre vous seraient peut-être tentés den réaliser ? François Berthiaume 1 Lexplication selon laquelle à 22:00 heures le participant, fatigué par sa journée, aurait moins de coordination motrice, et à 10:00 heures, reposé par sa nuit de sommeil, il en aurait plus, ne semble pas valable, car la performance des participants qui font la tâche pour la première fois à 22:00 heures est la même que la performance des participants qui font la tâche pour la première fois à 10:00 heures. François Berthiaume
Les aveugles rêvent-ils ? Les recherches montrent que oui. Leurs rêves sont-ils composés dimages visuelles ? Les recherches révèlent que la réponse à cette question dépend de lâge à partir duquel lindividu est devenu aveugle : François Berthiaume Tiré de Hurovitz, C. S., Dunn, S., Domhoff, G. W. et Fiss, H. (1999). The Dreams of blind men and women : a replication and extension of previous findings. Dreaming, 9, 183 193. Intentions liées à la fièvre du printemps Ainsi, attitudes, normes subjectives, valeurs morales et degré de contrôle perçu serviront, en partie, à prédire lintention davoir ou non une aventure sexuelle. Et nul ne sera surpris dapprendre quel la consommation de quelques verres de sangria aidera également à pencher en faveur dune telle décision. Bien que lalcool ait la réputation de favoriser les pratiques sexuelles à risque, un fait savère toutefois rassurant en ce début de troisième millénaire : les intentions, face à cette montée de sève, seront également fonction de laccessibilité des condoms. Les puristes soutiendront que le dessein davoir une aventure, lorsquun préservatif est accessible, ne se transformera pas nécessairement en décision dutiliser ce dernier une fois le moment venu. Mais dautres, en toute candeur, répliqueront que ce qui compte cest
lintention !
Léducation sexuelle non verbale Un facteur influençant le prix quun individu est prêt à payer pour un produit " Vous êtes étendu sur la plage par une chaude journée. Tout ce que vous avez à boire est de leau glacée. Depuis une heure vous pensez à combien vous seriez content davoir une bouteille de votre bière préférée. Un ami, avec qui vous prenez du soleil, se lève, car il doit aller faire un téléphone [cétait à une époque où il ny avait pas de cellulaire]. Il vous offre de vous ramener une bière dun petit dépanneur. Ce petit dépanneur est le seul endroit dans les environs immédiats où il est possible de se procurer une bière. Il vous dit que le prix de la bouteille de bière risque dêtre élevé et vous demande combien vous est prêt à payer pour en obtenir une. Votre ami achètera la bouteille de bière seulement si son prix est inférieur au prix que vous lui direz." Ce scénario fut donné à des participants. Le participant médian était prêt à donner $1.50. Lorsque ce scénario fut donné à un autre groupe de participants pour lequel on avait changé " petit dépanneur " pour " ravissant hôtel ", le participant médian était prêt à donner $2.65. Lexplication suggérée à ce résultat est que les participants tiendraient compte, dans le prix quils sont prêts à payer pour la bouteille de bière, du prix que cette bouteille devrait avoir, selon eux, dans létablissement où elle est achetée. Mais nest-ce pas là une conduite irrationnelle ? Le prix quun individu est prêt à payer pour un produit ne devrait rien avoir à faire avec le prix auquel est vendu (ou est censément vendu) ce produit. Cette petite recherche et son explication peuvent avoir lutilité de nous rappeler que lorsque nous nous interrogeons sur lachat dun produit pour lequel une réduction de prix est annoncée, la question à nous poser nest pas " Est-ce que cette réduction est grande ou non ? ", mais " Est-ce que je suis prêt à acheter ce produit pour le prix demandé ? " François Berthiaume La recherche est de Thaler (1985). Cette recherche ainsi que les autres informations de ce texte sont rapportées dans : Baron, J., Thinking and deciding (3e édition), Cambridge, Cambridge University Press, 2000, page 301. La note estimée vs la note réelle: sur ou sous estimée? À chacun de leurs 14 blocs de cours, à lautomne 2003, 122 étudiants du cours Introduction à la psychologie ont eu à répondre à un test objectif de 10 questions (4 choix de réponse par question) portant sur la lecture dune vingtaine de pages de leur manuel. Après avoir complété chacun de leur test, les étudiants devaient indiquer quelle note ils pensaient obtenir. La moyenne des notes que les étudiants ont obtenues est 62% ; la moyenne des notes que les étudiants ont pensé obtenir est 58%. Il semble donc y avoir une tendance chez ces étudiants soumis à ces tests à sous évaluer légèrement leur performance. Cette sous évaluation paraît ne pas changer avec la pratique puisque lécart entre les notes moyennes obtenues et les notes moyennes que les étudiants pensaient obtenir est relativement le même du début à la fin de la série des 14 tests. François Berthiaume Chirurgie esthétique et violence conjugale: un lien? Si aucune femme navoue son désir de ressembler à Pamela Anderson, il nen demeure pas moins quil se pratique plus dun million de chirurgies plastiques chaque année aux États-Unis. Les trois plus populaires seraient la liposuccion, le rehaussement des paupières et laugmentation mammaire. Banale préoccupation esthétique ? Ce nest pas se que laisse supposer les résultats dune étude effectuée auprès dun millier dAustraliennes qui sont passées sous le bistouri. Vingt-deux pour cent de ces femmes auraient préalablement souffert de violence conjugale. Elles seraient également plus nombreuses que les femmes nayant pas eu recours à la chirurgie à voir fait des diètes à répétition, à fumer, à consommer de lalcool et à prendre anxiolytique et somnifères. À la lumière de pareilles constatations, il y a lieu de se demander si ces femmes, en remodelant leurs corps, ne cherchent pas à pallier les meurtrissures de leur âme. Schofield, M. Hussain, R. Loxton, D., et Miller, Z. (2002). "Psychosocial and health behavioural covariates of cosmetic surgery: Women's health Australia study". Journal of Health Psychology, 7 (4), p. 445-457. La trajectoire du salut de la main dans le métro! Vous êtes sur le quai dun métro. Votre ami vient dentrer dans un wagon. La porte du wagon se referme. Le métro se met lentement en marche. Votre ami, qui vous voit par la fenêtre du wagon, agite sa main en guise de salut. Ce que vous percevez est une main qui sagite verticalement de bas en haut ; mais en réalité la main sagite selon une trajectoire sinusoïdale puisque le métro est en marche. Voici une autre illustration que percevoir est plus que la simple prise de connaissance de ce qui simprimerait sur nos organes sensoriels. Tiré de Rock, Irvin, La perception, De Boeck. François Berthiaume
Le seuil différentiel, vous lavez vu en classe, est la plus petite différence entre deux stimuli quun individu peut détecter consciemment. Supposons, par exemple, que vous avez deux verres, A et B, contenant chacun 250 ml deau et 100 grains de sel ; le seuil différentiel, ce serait ici le plus petit nombre de grains de sel quil faut ajouter au verre B pour que vous détectiez une différence dans le goût salé de leau des deux verres. Si cette quantité est égale à 40 grains, alors on dit que le seuil différentiel du stimulus 100 grains de sel dans 250 ml est de 40 grains de sel. SD = K.S (où SD = seuil différentiel ; K = constante ; et S = le stimulus original). Pour trouver K, il sagit de calculer un seuil différentiel et de faire le rapport : K = SD / S Revenons à lexemple précédent. Maintenant que vous avez calculé le seuil différentiel pour un stimulus de 100 grains de sel dans 250 ml deau, supposons que vous voudriez connaître le seuil différentiel pour un stimulus de 400 grains de sel dans 250 ml deau. Plutôt que de faire lexpérience, vous pourriez utiliser léquation. Calculons dabord K : K = 40 grains de sel / 100 grains de sel = 0,4 Remplaçons maintenant K par 0,4 dans léquation, et donnons à S la valeur 400 grains de sel: SD = 0,4 X 400 grains de sel = 160 grains de sel Léquation permettant de prédire le seuil différentiel est appelée la loi de Weber-Fechner et a été découverte au 19e siècle. Vous pouvez essayer de la vérifier. Voici peut-être un moyen plus facile quavec des grains de sel dans de leau. Calculez le nombre de millimètres quil vous faut ajouter aux côtés dun carré de 40 mm de côté pour que vous détectiez une différence de grandeur entre les deux carrés : ceci vous donnera le seuil différentiel. Trouvez ensuite le K. Puis, servez-vous de léquation pour trouver le seuil différentiel pour un carré de 100 mm de côté. Enfin, vérifiez dans les faits si cest bien à partir dun tel ajout que vous pouvez distinguer les deux carrés. François Berthiaume Elle est là, étonnamment grosse et velue, prête à emprisonner dans son fil gluant la proie qui a eu le malheur de se présenter à elle. Pour plusieurs, laraignée est objet de phobie, et cest en se penchant sur ceux qui la craignent que des chercheurs anglais ont fait une intéressante découverte : les individus qui souffrent dune peur arachnéenne démesurée traiteraient tous les stimuli qui se présentent à eux en accordant plus dimportance à la dimension menace-sécurité quà toute autre dimension (par ex. : la couleur). Il va de soi que ceux qui ont la phobie des araignées évaluent ces dernières comme étant plus menaçantes que ceux qui ne lont pas. Par ailleurs, les phobiques jugeraient aussi les stimuli réputés non menaçants (par ex. : les fleurs ou les lapins) comme étant beaucoup moins susceptibles de représenter un danger que les non-phobiques. On suppose donc que ceux et celles aux prises avec une phobie auraient un biais cognitif important, faisant des évaluations beaucoup plus polarisées que les non-phobiques et se basant presque entièrement, pour ce faire, sur des caractéristiques en lien avec la dangerosité. Comme support à la théorie proposée, on observe que ce biais disparaît à la suite dune intervention psychothérapeutique réussie. Suggestions de jouets selon l'âge de l'enfant. Télécharger le document: Document Acrobat 1 Mo Anne-Marie Piette Le phénomène du plus vieux souvenir des gens Puisque vous aurez loccasion, pendant le temps des Fêtes, de rencontrer plusieurs personnes, peut-être serez-vous intéressés à en profiter pour vous familiariser avec le phénomène du plus vieux souvenir. Demandez à des personnes de vous rapporter leur plus vieux souvenir. Demandez-leur ensuite quel âge elles avaient, selon elles, au moment où sest produit lévénement qui est lobjet de leur souvenir, et quelle émotion, sil y en avait une, elles ressentaient lors de cet événement. 1. Lâge moyen auquel remonte le plus vieux souvenir est entre 3 ans 0 mois et 3 ans 8 mois. (Voici une explication suggérée à ce fait : pour se souvenir dun événement, il faut avoir des idées ; pour avoir des idées, il faut posséder le langage ; à 3 ans le langage est assez bien établi chez lenfant.) 2. Dans 95% des plus vieux souvenirs, il y a présence dune émotion. 3. Les émotions les plus souvent ressenties dans les plus vieux souvenirs sont : la peur (30% des plus vieux souvenirs), la joie (28%), la colère (10%), la curiosité (8%), la peine (6%), la douleur (5%), la honte et la culpabilité (3%). 4. Les femmes ont plus tendance que les hommes à ressentir de la joie dans leur plus vieux souvenir; il en est de même pour la colère ; les hommes ont plus tendance à ressentir de la peur. 5. Le plus vieux souvenir est plus souvent dordre visuel que dordre auditif, tactile etc.). Voici un exemple du plus vieux souvenir dun étudiant de 1985:
François Berthiaume Dudycha, G. J., et Dudycha, M. M. (1933). Some factors and characteristics of childhood memories. Child Development, 4, 265 278. Enfants et cadeaux des fêtes: quoi ne pas faire! Aimeriez-vous que, à lapproche de son anniversaire, votre enfant vous remette une liste interminable de cadeaux à lui acheter? Rien de plus simple1 il suffit de lui laisser passer le plus de temps possible devant le téléviseur! Selon Statistique Canada, en 2001, les enfants québécois âgés entre 2 et 11 ans consacraient environ 15 heures par semaine à regarder la télévision. Cela revient à dire quils sont exposés à un nombre élevé de publicités télévisés. Des chercheurs britanniques ont étudié le phénomène pour en venir à la conclusion que les plus jeunes, tout comme les adultes, néchappent pas à linfluence des publicités. Plus ils passent de temps devant le téléviseur, plus leurs listes de cadeaux sont longues. Vous voulez être certain que la publicité fera vraiment son uvre auprès de vos bambins? Tout ce que vous aurez à faire sera de vous abstenir dêtre à leurs côtés au moment des pauses publicitaires. En effet, la présence des parents rendrait les enfants moins vulnérables aux effets de la publicité télévisés. Maintenant que vous connaissez toutes ces tactiques, il ne faudra surtout pas oublier de parler à vos jeunes des grandes vertus du crédit
Extrait de : Psychologie Québec, mars 2003, p. 34 La recherche le dit par Sophie Desjardins Comment motiver quelqu'un ou vous motiver vous-même? Voici des moyens que l'on suggère d'utiliser pour motiver quelqu'un. Peut-être ces moyens pourraient-ils vous servir pour motiver quelqu'un ou pour vous motiver vous-mêmes ?
François Berthiaume Tiré de Ford, M. E. (1992). Motivating humans. Newbury Park : Sage, pages 201 à 243 Croyez-vous à la réflexion inconsciente? Des hypothèses à envisager avant de conclure à la présence d'une réflexion inconsciente Avez-vous déjà entendu des gens dire qu'il est possible de réfléchir à la solution d'un problème d'une manière non consciente ? Ces gens apportent comme appui à leur affirmation le fait qu'un individu peut rapidement (ou soudainement) trouver la solution à un problème après l'avoir mis de côté pendant un certain temps. D'autres hypothèses peuvent pourtant être envisagées avant de conclure au jeu d'une réflexion inconsciente. En voici cinq.
François Berthiaume À huit ans, se souvient-on de ce qui s'est passé ou de ce que l'on a compris? Le souvenir reproduirait ce qui a été compris voici une illustration que ce qui est repêché par un individu dans sa mémoire peut être affecté par le niveau de compréhension qu'il a atteint. On présente à un enfant de moins de 8 ans le petit événement suivant. Une bille descend le long d'une trajectoire en pente et vient frapper un bloc immobile. Accotée derrière le bloc immobile se trouve une autre bille. Au moment de l'impact, cette autre bille se met en mouvement à cause de la transmission du mouvement à travers le bloc. Si, quelques jours plus tard, on demande à l'enfant de se rappeler du petit événement, il risque de rapporter un souvenir comme celui-ci : « Il y a une trajectoire en pente, deux billes et un bloc ; une des billes descend le long de la trajectoire et on enlève le bloc pour que la bille vienne frapper la deuxième bille qui se met alors en mouvement ». Remarquez que dans le souvenir de l'enfant, le bloc a été enlevé alors que dans la réalité le bloc n'a pas été enlevé. Pourquoi cette déformation ? L'hypothèse est que l'enfant retient ce qu'il comprend. À cet âge, il comprend qu'un mouvement puisse être transmis directement d'une bille à une autre qu'elle frappe de plein fouet, mais il ne comprend pas qu'un mouvement puisse se transmettre indirectement par un intermédiaire comme un bloc immobile. Tiré de : Piaget, J. (1970) Mémoire et intelligence, in Symposium de l'association de psychologie scientifique de langue française : La mémoire (pp. 169- 178). Paris : Presses universitaires de France. François Berthiaume
Guérir le mal de tête
Y a-t-il toujours présence d'émotions dans les rêves? Est-ce qu'il y a toujours présence d'émotions dans les rêves ? Les émotions présentes dans les rêves sont-elles toujours les mêmes ? Si oui, quelles seraient ces émotions ? Ces questions vous intéressent ? Pourquoi alors ne pas y apporter un début de réponse en faisant des observations sur vous-mêmes ? Voici donc une suggestion de recherche à effectuer cet été. Divisez la durée d'une nuit normale de sommeil en vingt parties égales, et indiquez le moment de la fin de chacune de ces parties sur une fiche séparée. Vous obtiendrez 20 fiches. Ajoutez à ces 20 fiches, 40 fiches blanches. Mélangez ensemble toutes les fiches. Trouvez un réveille-matin. Demandez à une personne de votre famille de regardez la première fiche du paquet. S'il y a une heure d'indiquée, elle doit mettre le réveille-matin à cette heure ; s'il n'y a rien d'indiqué, elle doit faire semblant de mettre le réveille-matin à une certaine heure. Reprenez le paquet de fiches et placez la fiche à la fin du paquet. Reprenez le réveille-matin et, sans regarder s'il est activé (et si oui, à quelle heure il l'est), déposez votre réveille-matin à une distance de votre lit assez grande pour que vous soyez obligé de vous lever la nuit pour le fermer, et sur une table sur laquelle se trouvent une feuille de papier et un crayon. La nuit, si le réveille-matin sonne, demandez-vous tout de suite « Est-ce que je rêvais ? ». Si oui, essayez de retrouver votre rêve. Tout en vous rendant fermer la sonnerie du réveille-matin, essayez de vous rappeler, dans le cas où vous rêviez, s'il y avait présence d'une émotion. Après avoir fermé la sonnerie, indiquez le résultat de votre observation sur la feuille : rêviez-vous oui ou non ; y avait-il oui ou non une émotion ; et dans le cas où il y avait une émotion, entourez, parmi les émotions primaires (joie, intérêt, tristesse, honte, culpabilité, peur, dégoût, surprise, colère, mépris), déjà indiquées sur votre feuille, celle qui était présente. C'est terminé, allez vous recoucher. Accumulez ainsi une vingtaine d'observations. Plus si vous le pouvez. Analysez ensuite vos données et portez une conclusion. Pourquoi ne pas analyser les rêves dont vous vous souvenez le matin au réveil ? Parce qu'il est peut-être rare que vous vous souveniez de vos rêves ; et surtout parce que ces rêves constitueraient vraisemblablement un échantillon biaisé de l'ensemble des rêves que vous faites. Pourquoi les 40 fiches blanches ? Pour que vous ne sachiez pas si le réveille-matin va sonner. Ainsi, vous serez peut-être dans un état plus semblable à l'état dans lequel vous êtes dans une nuit normale. De plus, cela espace les nuits au cours desquelles votre sommeil sera affecté. « Oui, mais ce n'est pas intéressant de se faire réveiller en pleine nuit ! », direz-vous. Vrai. Connaissez-vous beaucoup de recherches absentes de désagréments pour leur auteur ? Pensez, par exemple, aux nuits de l'astronome. « Mais y a-t-il compensation pour ses désagréments ? » Oui, il peut y en avoir une. Elle est grande. Le plaisir de la découverte, si petite soit-elle. Vous aurez acquis avec votre recherche une connaissance. Certes, pas une connaissance qui peut e généraliser à tous les individus ; mais une connaissance qui vaut pour vous et qui est un pas dans la direction d'une réponse générale. Et peut-être aurez-vous, à force de penser à votre recherche, trouvez de nouvelles et intéressantes questions de recherche ; et aurez-vous aussi développé un intérêt pour ce mode d'acquisition des connaissances dans le domaine de la conduite de l'individu humain? François Berthiaume Dans une recherche présentée au dernier congrès la Société québécoise pour la recherche en sychologie, des participants sont invités à jouer sur des machines à 25 sous semblables à celles qui se trouvent dans les casinos. Deux types de machines sont utilisés : d'une part des machines dont les rouleaux s'arrêtent d'eux-mêmes, et, d'autre part, des machines qui permettent aux joueurs de croire qu'ils peuvent arrêter le roulement des symboles en exerçant une pression sur l'écran. Les résultats montrent que les participants qui jouent sur le deuxième type de machines développent l'illusion de posséder un certain contrôle sur les résultats de la partie et jouent plus de parties. Une recherche comme celle-là n'appuie-t-elle pas la possibilité ainsi que l'utilité de la psychologie scientifique ? François Berthiaume Ladouceur, R. et Sévigny, S. (2002). Dispositifs structurels de loterie vidéo : effets d'un dispositif d'arrêt sur l'illusion de contrôle et sur la persistance au jeu. Présentation orale faite au congrès de la Société québécoise pour la recherche en psychologie, Trois-Rivières, novembre.
Une hypothèse sur ce que c'est que de prendre conscience Piaget donne une balle de ping-pong à un enfant de 5-6 ans et lui demande de la faire rouler sur une table de façon à ce qu'elle revienne à son point de départ. L'enfant ne réussit pas. Devant l'enfant, Piaget presse l'arrière de la balle en la faisant en même temps tourner vers lui, ce qui propulse la balle en avant avec un mouvement de rotation inverse qui assurera son retour au point de départ. Après avoir vu Piaget faire, l'enfant s'essaie et, à plusieurs reprises, réussit. Piaget demande à l'enfant de décrire ce qu'il fait lors des essais réussis. L'enfant n'arrive pas à donner une description complète. Il rapporte bien avoir pressé la balle en arrière, mais il ne rapporte pas l'avoir fait tourner, au départ, en sens inverse. Pourquoi sa description n'est-elle pas complète ? Selon Piaget, l'enfant ne prend conscience que des gestes qui sont conformes avec ses connaissances. Comme il est conforme avec ses connaissances qu'une balle soit propulsée en avant si elle reçoit une poussée à l'arrière, l'enfant prendra conscience de son geste d'avoir pressé la balle à l'arrière et le rapportera dans sa description. Comme il n'est pas conforme avec ses connaissances qu'une balle puisse se déplacer en avant et tourner en même temps vers l'arrière, il ne prend pas conscience du geste qu'il a fait pour imprimer une rotation inverse à la balle et ne peut le rapporter dans sa description. De tels résultats, obtenus également dans d'autres épreuves semblables, Piaget tire la conclusion : toute prise de conscience de l'individu est dépendante de ses connaissances ; peu importe la nature de ce dont il prend conscience, lorsque l'individu prend conscience, il ne projette pas un faisceau de lumière sur la réalité pour la saisir, mais il interprète la réalité avec les connaissances qu'il a en tête. A-t-il raison ? François Berthiaume Tiré de : Piaget, J. (1974). La prise de conscience. Paris : Presses universitaires de France. Cellulaire et conduite automobile: bon ménage! Des données concernant la problématique « cellulaire et conduite automobile » François Berthiaume Tiré de : Ciccotti, S. (2004). 150 petites expériences de psychologie. Paris : Dunod. L'effet Barnum: cirque, astrologie? Rien de cela! Supposez qu'une personne vous dise ceci à votre sujet :
Ce pourrait-il que vous considériez que cette personne a mis le doigt sur des choses qui sont fondamentales chez vous et qui vous distinguent des autres ? C'est, dit-on en psychologie, ce que pensent en général les individus à qui on a présenté une telle description soit disant d'eux-mêmes. On a donné le nom d'effet Barnum à cette tendance de l'individu à considérer des descriptions vagues et générales comme s'appliquant uniquement à lui-même. La connaissance de l'existence de l'effet Barnum nous pousse à nous méfier des descriptions que certains peuvent nous offrir de nous. François Berthiaume Tiré de : La petite Revue de Philosophie, Collège Édouart-Montpetit, 1982, vol. 4 (1), p. 160. En 1998 s'est développé, à l'intérieur de la psychologie, le courant de la « psychologie positive ». L'objectif de ce courant est de « promouvoir « le meilleur » chez l'humain en vue d'enrichir la mission de la psychologie qui s'est trop limitée, depuis près de 100 ans, à la réparation des troubles1 ». Après avoir recensé la littérature pertinente portant sur le bon caractère et examiné divers produits culturels (chansons, cartes de souhaits, nécrologies, annonces personnelles dans les journaux ), deux chercheurs2 de ce courant en sont venus à constituer la liste suivante de forces de caractère.
Quelles sont les forces qui vous caractériseraient ? Quelles sont celles que vous voudriez développer davantage? François Berthiaume 1Mandeville, L. (2205). La psychologie positive. Revue québécoise de psychologie, 26(1), 9-22, page 10.
La psychologie étudie, entre autres, les processus mentaux, c'est-à-dire les opérations qu'un individu fait dans sa tête, de façon volontaire ou non volontaire, et qui ne sont pas publiquement observables. La présence de certains processus mentaux, surtout parmi ceux qui sont involontaires, peut nous échapper. En voici peut-être un exemple. Vous est-il déjà arrivé d'avoir à lire un texte alors que vous ressentez une émotion (ou que vous êtes très fatigué), et de vous apercevoir que rien des phrases que vous lisez « n'entre » dans votre tête ? Pourtant il s'agit d'un texte que vous n'auriez aucune difficulté à lire si vous ne ressentiez pas cette émotion (ou cette fatigue). De ce fait, ne pouvons-nous pas conclure qu'il existe un processus mental consistant à accéder aux significations de ce qui est perçu ? L'existence de ce processus mental est appuyée par le trouble particulier que présentent les individus qui ont une lésion dans l'aire corticale de Wernicke. Ces individus entendent les mots que vous leur dites, ils ne sont pas sourds, mais ils ne comprennent pas le sens de vos phrases. Croyez-vous que si, une fois un automobiliste arrêté à une intersection, vous lui bouchiez à l'improviste la vue, il pourrait toujours vous dire à quel endroit il est rendu ? Posez la question à des automobilistes ; il est vraisemblable qu'ils répondront non. Mais dans ces occasions où l'automobiliste est incapable de dire à quel endroit il est rendu, nous pouvons supposer qu'il voyait bien auparavant ce qui se passait sur la route, sinon comment aurait-il pu circuler sans accident. Comment expliquer alors ce qui s'est passé ? Certains pourraient être tentés de faire appel à l'hypothétique processus mental d'accès aux significations pour suggérer une réponse. L'automobiliste percevait la route, ce qui était suffisant pour guider sa conduite ; mais il n'accédait pas aux significations de ce qu'il voyait, ce qui aurait été nécessaire pour qu'il se rappelle où il était rendu. Suggéreriez-vous une autre explication à ces faits? François Berthiaume Y a-t-il mouvement parce que l'on voit un mouvement? Vous êtes assis dans un parc, regardant au loin, fixement. À une vingtaine de mètres en face de vous, un enfant lance un ballon à un autre enfant. Vous voyez le mouvement du ballon passant d'un enfant à l'autre. Qu'est-ce qui vous permet de percevoir le mouvement du ballon ? « Question simple », direz-vous ; « j'ai perçu le mouvement du ballon, parce que l'image du ballon s'est déplacée sur ma rétine ». Vous avez peut-être raison, mais il ne faudrait pas conclure que toute perception de mouvement exige le déplacement d'une image sur la rétine. En effet, il est possible de percevoir un mouvement sans qu'il y ait déplacement d'une image sur la rétine. Voici deux exemples. À quelques mètres en face d'un individu, placez deux sources, A et B, de lumière, séparées l'une de l'autre de quelques centimètres. Allumez et fermez continuellement et rapidement chaque source de lumière. Si vous laissez 0,5 seconde entre le moment où la lumière d'une source s'éteint et le moment où la lumière de l'autre source s'allume, l'individu voit le mouvement d'une lumière passant d'une source à l'autre. Il remplit donc l'espace entre les deux sources de lumière par de la lumière. Or, aucune image de lumière ne s'est déplacée sur sa rétine. Deuxième exemple. C'est le soir. Au moment où vous regardez le ciel, un nuage clairsemé passe devant la lune. Plutôt que de percevoir un nuage en mouvement devant une lune stationnaire, vous percevez, par erreur, la lune en mouvement dans un nuage stationnaire. Or, aucune image de lune ne s'est déplacée sur votre rétine. Non. Le déplacement de l'image sur la rétine n'est pas toute la réponse à la perception du mouvement. François Berthiaume D'où vient la logique chez l'enfant? Piaget présente à un enfant deux bouts de poids, A et B, et fait constater à l'enfant qu'ils sont de la même longueur. Puis, Piaget retire le bâton A, présente à l'enfant un bâton C et lui fait constater qu'il est de la même longueur que le bâton B. Piaget pose alors à l'enfant la question : « Est-ce que le bâton C est égal, plus grand ou plus petit que le bâton A ? » En bas âge, l'enfant n'est pas capable de répondre à la question ; « Je ne sais pas ; il faudrait voir le bâton A » Quelque temps plus tard, il trouvera la question ridicule ; il sera capable de « logique ». Mais d'où lui est venue la logique ? Voici des réponses possibles. 1. La logique était dans l'enfant, à l'état de potentialité, et cette potentialité s'est réalisée grâce à la maturation de son esprit (comme des caractéristiques physiques - le timbre de la voix d'un adulte, par exemple - sont à l'état de potentialité chez l'enfant et se réalisent avec la maturation de son corps). La présence des autres individus (de la société), n'est pas nécessaire pour qu'apparaisse la logique dans l'enfant, il suffit seulement que son esprit « mature ». Un individu élevé sans contacts avec autrui serait capable de logique (L'innéisme « pur ») 2. La logique était dans l'enfant, à l'état de potentialité, et cette potentialité s'est réalisée grâce aux enseignements reçus des individus autour de lui (comme la langue qu'un individu parle, fondée sur sa potentialité à apprendre une langue, apparaît grâce aux enseignements reçus des individus autour de lui). La présence des autres individus est essentielle pour qu'apparaisse la logique. Un individu élevé sans contacts avec autrui ne serait pas capable de logique. (L'innéisme avec composante expérience) 3. La logique n'était pas dans l'enfant à l'état de potentialité, et elle est apparue uniquement grâce aux expériences que l'enfant a connues ; cependant l'enfant n'a aucun rôle à jouer dans ces expériences : il reçoit passivement les expériences qui lui arrivent et celles-ci construisent la logique chez lui. (L'empirisme « pur ») 4. La logique n'était pas dans l'enfant à l'état de potentialité, et elle est apparue uniquement grâce aux expériences que l'enfant a connues ; et l'enfant a un rôle important à jouer dans ces expériences ; il fabrique les expériences en posant des questions et en vérifiant ses réponses ; l'enfant construit la logique (Le constructivisme) Parmi ces réponses, laquelle vous apparaît la plus près de la réalité ? François Berthiaume Plus on voit une personne, plus on est attiré par elle! L'effet de la fréquence d'exposition sur l'attrait Des recherches suggèrent qu'un des facteurs pouvant contribuer à l'attrait qu'une personne, un objet ou une situation suscite chez l'individu serait la fréquence d'exposition, c'est-à-dire le nombre de fois que l'individu a vu cette personne, a vu cet objet ou a été placé dans cette situation. Dans une de ces recherches1, des mots comme civadra, jandara, zabulon, étaient présentés à des participants. Ces mots étaient inventés, mais on laissait croire aux participants qu'ils provenaient de la langue turque. Certains mots étaient présentés 1 fois, d'autres 2 fois, d'autres 5 fois, d'autres 10 fois, d'autres 25 fois. Après la présentation de tous les mots, les participants devaient estimer dans quelle mesure chacun de ces mots signifiait, selon eux, dans la langue turque, quelque chose de « bien » ou de « mal ». Les mots présentés 10 ou 25 fois ont été estimés par les participants comme signifiant quelque chose de plus positif que les mots présentés 1, 2 ou 5 fois. Dans une autre recherche2, on a photographié des étudiantes, puis on leur a présenté la photo prise ainsi qu'une image inversée de la photo, et ont leur a demandé d'indiquer laquelle des deux photos elles préféraient. La plupart ont choisi l'image inversée. L'interprétation apportée à ce résultat est que l'image inversée correspond à l'image que les étudiantes avaient le plus souvent vue d'elles-mêmes. Cette interprétation est appuyée par le fait que les amies de ces étudiantes, à qui on a présenté les deux photos, ont préféré la photo prise, celle correspondant au visage qu'elles avaient l'habitude de voir, plutôt que l'image inversée. François Berthiaume 1Zajonc, R. B. (1968). Attitudinal effects of mere repeated exposure. Journal of personality and social psychology: Monograph supplement, 9, 1 - 27. 2Mita, T. H., Dermer, M., et Knight, J. (1977) Reversed facial images and the mere-exposure hypothesis. Journal of personality and social psychology, 35, 597 - 601. Le vacillement attentionnel, vous savez ce que c'est? Le phénomène du vacillement attentionnel Vous rappelez-vous de l'expérience illustrant ce qu'est la mémoire sensorielle ? Une diapositive contenant trois lignes de quatre lettres chacune est présentée très rapidement à une personne, suivie d'un son parmi trois sons possibles, indiquant à la personne quelle ligne de lettres elle doit rapporter. Le rappel est parfait, suggérant que, pendant une fraction de seconde, une image sensorielle des 12 lettres est disponible dans une mémoire. Dans la même catégorie des recherches effectuées au niveau de la fraction de seconde, il y a les recherches faites sur le phénomène du vacillement attentionnel. Voici une situation dans laquelle se manifeste ce phénomène. On présente à la personne, sur un écran d'ordinateur, au même endroit, très rapidement, une série d'éléments, des lettres par exemples, et la personne doit y identifier deux éléments particuliers, appelés « cibles ». Voici un exemple. La personne est d'abord informée que la première cible qui sera présentée dans la série et qu'elle aura à identifier est une lettre en rouge (toutes les autres lettres sont noires) et que la deuxième cible à identifier est la lettre B (en noire, comme les autres lettres). Puis on lui présente, en une seconde, sur l'écran, en succession (donc une lettre par dixième de seconde), les lettres J E V I U S E U B T (la lettre en rouge est la lettre en caractère gras dans la série). Une fois la présentation des dix lettres terminée, la personne doit dire si elle a pu identifier, dans la série, la cible rouge (la lettre V) et la lettre B. Le phénomène du vacillement attentionnel dans cette situation est le suivant. Si la lettre B est séparée de la cible rouge par cinq lettres et plus, les deux cibles sont généralement identifiées ; mais si la lettre B est séparée de la cible par moins de cinq lettres (plus précisément par 2, 3 ou 4 lettres), comme dans le cas suivant : J E V I U B E U S T la cible rouge (la lettre V) est identifiée, mais la cible B ne l'est généralement pas : la personne ne voit pas la lettre B. Autrement dit, si la seconde cible apparaît entre 0,2 et 0,5 seconde après la première cible, la seconde cible n'est généralement pas identifiée. On présume que ce temps de 0,2 à 0,5 seconde est le temps que met l'attention à passer du traitement d'une information au traitement d'une autre. En anglais, le phénomène porte le nom d'attentional blink. Vous trouverez sur Internet plusieurs références à ce phénomène de même que des sites où vous pourrez l'expérimenter. Ces recherches, somme toute très spécialisées et correspondant peu à l'idée que les gens se font de ce que serait la recherche en psychologie, sont effectuées pour découvrir les caractéristiques du système humain de traitement de l'information. François Berthiaume Les femmes ont davantage de pif! C'est maintenant démontré : à capacités olfactives égales, les femmes auraient une meilleure mémoire des odeurs que les hommes. Pour ces derniers, cela aura des implications importantes. Après avoir vérifié l'absence de trace de rouge à lèvres sur le col de leurs chemises, ils devront dorénavant s'assurer que l'odeur de la belle brune avec qui ils ont passé une partie de l'après-midi ne s'est pas imprégnée dans leurs vêtements, question de ne pas alerter la jolie blonde le soir venu. En effet, celle-ci étant femme, elle serait à même de reconnaître sa propre odeur, celle de son conjoint et d'identifier rapidement toute odeur « autre ». sachant que les hommes ont aussi tendance à reconnaître faussement les odeurs, il serait parfois préférable pour eux d'évite le sujet. Il suffit de s'imaginer la jolie blonde s'aspergeant de sa toute nouvelle fragrance et le conjoint lui susurrant : « chaque fois que je la sens, cette odeur me rend complètement fou de désir »
les résultats de recherche donnent toutefois à ces messieurs une corde de plus à leur arc : pour une soirée « mémorable », il leur suffira de diffuser quelques odeurs bien distinctives dans la pièce. Attention toutefois à celles des pieds sales ou de l'haleine d'oignon qui, si elles sont inoubliables, risquent de leur faire perdre tant la brune que la blonde et la rousse! Extrait de :Psychologie Québec, Mai 2003, p. 42 - La recherche le dit
par Sophie Desjardins La prise de conscience de soi: intérieure ou extérieure? Vous rappelez-vous de l'article de l'automne dernier où il était question de l'enfant qui réussit à faire rouler sur une table une balle de ping-pong de telle sorte qu'elle revienne par elle-même à lui, mais qui n'est pas capable de donner une description complète de ce qu'il a fait ? Il décrit bien ce qu'il peut comprendre (« J'ai poussé la balle en avant »), mais il ne décrit pas ce qu'il ne peut pas encore comprendre («En même temps que je l'ai poussée en avant, je l'ai fait tournée dans le sens inverse de sa trajectoire »). L'article se terminait par la suggestion suivante : Êtes-vous vraiment d'accord avec la suggestion ? François Berthiaume
Les yeux plus vite que le cerveau! Un résultat de recherche dans le domaine de l'imagerie mentale et son interprétation Certains chercheurs en psychologie s'intéressent à la capacité de l'individu humain de faire de l'imagerie mentale. Dans une de leurs recherches, un participant regarde pendant quelques secondes une lumière qui clignote, puis essaie de visualiser « dans sa tête » le rythme exact de clignotement de la lumière. Les résultats montrent que le rythme de clignotement que l'individu est capable de voir dans sa tête est inférieur au rythme de clignotement qu'il est capable de voir avec ses yeux. Si le rythme de clignotement que l'individu est capable de voir dans sa tête est inférieur au rythme de clignotement que ses yeux peuvent voir, c'est qu'il y a quelque chose qui prend du temps lorsque l'individu imagine le clignotement dans sa tête. Mais quoi ? Est-ce que ce serait de faire chacune des images mentales différentes de la lumière allumée et de la lumière éteinte ? Non, pensent des chercheurs. Il s'agirait plutôt, selon eux, du temps que prend chacune de ces images à disparaître de la tête pour faire place à la suivante. François Berthiaume La référence de cette recherche est: Crovitz, H. F., Rosof, D., Shiffman, H. (1971). Timing oscillation in human visual imagery. Psychonomic Science, 24, 87-88. La recherche est aussi rapportée aux pages 202 et 203 de : Kosslyn, S. M. (1980). Image and Mind. Cambridge, Mass. : Harvard University Press.
Bizarrerie dans les rêves : comment les expliquer? Trois explications à la bizarrerie dans le rêve À votre réveil, vous vous souvenez avoir rêvé, par exemple, que vous marchiez sur une plage au bord de la mer. Vous êtes arrivé devant un petit monticule de sable que vous avez gravi, puis vous vous êtes retrouvé arpentant le rez-de-chaussée d'un édifice en construction. Vous n'arrivez pas à expliquer le passage abrupt du bord de la mer à l'édifice en construction. Ceci illustre une caractéristique des rêves : l'histoire qu'on y trouve est souvent bizarre. Qu'est-ce qui explique la bizarrerie dans le rêve ? Selon Freud, la bizarrerie du rêve est due au fait que l'individu refoule la séquence de son rêve qui se trouve entre les deux événements remémorés. Il s'est passé quelque chose, dans votre rêve, entre le bord de la mer et l'édifice en construction, mais un refoulement s'est appliqué à ce contenu de votre rêve vous empêchant d'y accéder. Selon la théorie de l'activation-synthèse, une impulsion nerveuse, provenant de votre tronc cérébral et dont l'origine est biologique, est venue stimulée, pour une raison encore là biologique, le souvenir d'un édifice en construction ; ce souvenir a fait irruption à votre conscience et vous avez essayé de l'incorporer, sans grand succès, à la trame de l'histoire. Selon une interprétation inspirée des idées de William James, il ne s'agit que d'une association d' « idées ». Dans votre mémoire, le petit monticule est associé avec un édifice en construction (parce que vous avez expérimenté, dans la réalité, dans une lecture, dans une fantaisie l'une à la suite de l'autre, ces deux situations). Le souvenir de ce monticule a fait surgir le souvenir de l'édifice en construction qui y était associé. D'autres interprétations à la bizarrerie dans le rêve pourraient été proposées. Mais des trois mentionnées ici, laquelle vous apparaît la plus vraisemblable ? François Berthiaume L'effet de la simple appartenance à soi Voici une méthodologie de recherche pour vérifier l'effet de la simple appartenance à soi. Imprimer sur une feuille, en majuscule et placées dans un ordre au hasard, les 26 lettres de l'alphabet ; puis, demandez à des participants, une trentaine par exemple, vus un à la fois, de sélectionner parmi les 26 lettres, les 6 lettres qu'ils préfèrent le plus. Donnez-leur une consigne comme celle-ci : Je fais une petite recherche sur les préférences spontanées des gens de différentes cultures. Je vais vous présenter sur une feuille des éléments parmi lesquels vous aurez à identifier ceux que vous préférez le plus. Ne vous concentrez pas sur la forme de ces éléments ou leur signification ; laissez plutôt votre choix être déterminé par votre impression générale vis-à-vis les éléments. Les éléments parmi lesquels vous devrez identifier ceux que vous préférez le plus sont inscrits sur cette feuille. Quand vous verrez les éléments, vous trouverez peut-être la tâche bizarre, parce qu'il est probable que jamais auparavant vous n'avez eu à trouver des préférences parmi des éléments de cette nature. Cependant, sur la base de recherches passées, on peut affirmer que l'étude de ce type de préférence peut donner lieu à une meilleure compréhension de certains aspects de l'affectivité humaine. S'il vous plaît, pendant que vous cherchez les éléments que vous préférez, évitez toute activité de réflexion ; je suis en effet intéressé à votre choix spontané, sans raisonnement. [En donnant maintenant au participant la feuille, dites-lui :] Pouvez-vous identifier quelles sont les six lettres que vous préférez le plus parmi les 26 lettres de l'alphabet qui sont retranscrites sur cette feuille ? Après que le participant ait fait son choix, demandez-lui son nom, s'il vous est inconnu. Une fois la collecte des données terminées auprès de tous vos participants, calculez, pour chaque lettre de l'alphabet, la probabilité que cette lettre soit choisie parmi les six lettres préférées lorsque cette lettre fait partie du nom (prénom et nom de famille) du participant, puis calculez la probabilité que cette lettre soit choisie parmi les six lettres préférées lorsque cette lettre ne fait pas partie du nom du participant. Voici un exemple. Vous avez interrogé 20 participants. Parmi ceux-ci, 5 ont choisi la lettre G parmi leurs six lettres préférées. Pour 3 de ces participants, la lettre G fait partie de leur nom, et pour 2 participants, la lettre G ne fait pas partie de leur nom. La probabilité que la lettre G soit choisie parmi les six lettres préférées lorsque cette lettre fait partie du nom du participant est donc de 3/5 et la probabilité que la lettre soit choisie parmi les six lettres préférées lorsque cette lettre ne fait pas partie du nom du participant est 2/5. Si vos résultats vont dans le sens des résultats obtenus dans des recherches1 faites avec ce matériel, la probabilité qu'une lettre soit choisie parmi les six lettres préférées lorsque cette lettre fait partie du nom du participant sera la probabilité la plus élevée. Selon l'interprétation suggérée, l'individu aurait été plus souvent exposé aux lettres composant son nom et cela l'amènerait à préférer ces lettres. François Berthiaume 1Nuttin, J. M. (1987). Affective consequences of mere ownership: the name letter effect in twelve european languages. European journal of social psychology, 17, 381 - 402. Le concept de mortalité chez les enfants « Fleur fanée, fleur séchée » « Une fleur peut-elle mourir si elle le souhaite? » « Et l'arbre, mourra-t-il si on le coupe ?» Quand le volant devient la prolongation de l'égo! À bord de leur bolide au puissant moteur vrombissant, leur camisole dissimulant avec peine le tapis de poils qui couvre leur torse, des dés tout aussi poilus se balançant à leur rétroviseur, les machos s'emparent de la route
au grand dam des autres conducteurs. Si l'agressivité au volant est associée depuis quelque temps déjà aux jeunes conducteurs de sexe masculin, elle le serait désormais à la personnalité macho. Tout comme les jeunes conducteurs, les conducteurs machos conduiraient de manière plus téméraire lorsqu'ils ont un passager masculin à leur bord que lorsqu'ils sont seuls ou qu'ils sont accompagnés d'une femme. De plus, dans le choix d'une voiture, les machos accorderaient plus d'importance à la puissance et au côté sportif qu'aux aspects sécuritaires, comparativement aux non-machos. Ils seraient également beaucoup plus nombreux que ces derniers, par exemple, à couper le chemin aux autres conducteurs, à leur crier des injures, à freiner brusquement et à klaxonner à outrance. Dans certains cas, leur frustration donnerait même lieu à des agressions physiques. Avis aux intéressés : ce printemps, lorsque vous apercevrez une Corvette, une Firebird ou une Mustang dans votre rétroviseur, pensez-y
Montre-moi l'endroit où tu vis et je te dirai qui tu es! Une pile de revues bien rangées, un ameublement bien agencé, une bouteille de porto à demi entamée, quelques reproductions de toiles impressionnistes affichées ici et là, et voilà notre personnalité qui, peu à peu, est dévoilée. Les environnements que nous créons autour de nous sont riches en information ayant trait à notre personnalité, à nos valeurs, et à notre mode de vie. Mais en avons-nous vraiment conscience ? En choisissant des couleurs, des ameublements et des décors qui reflètent nos goûts et préférences, nous nous dévoilons parfois volontairement, parfois malgré nous. si certains objets semblent destinés à exprimé qui nous sommes (une affiche de Martin Luther King ou le dernier diplôme que nous avons obtenu), d'autres peuvent être choisis pour la valeur sentimentale qu'ils ont pour nous (une collection de galets ramassés au cours des dernières vacances au bord de la mer). Même si elle n'est pas destinée à révéler qui nous sommes, notre collection de galets pourra dévoiler notre côté sentimental ou l'intérêt que nous portons à la nature. Fait intéressant, les gens qui sont invités à donner leurs impressions sur l'occupant d'une pièce, sans l'avoir vu ou le connaître au préalable, atteignent un bon degré de consensus. Plus encore, ils arrivent, la plupart du temps, à se faire une idée assez juste de cet occupant. Il y aurait donc adéquation entre ce que nous souhaitons démontrer et ce qui est perçu de nous. Comme quoi, l'important ne serait pas ce qui est, mais bien ce qui paraît. |
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