Classes planétaires

  • présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation




  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet se caractérise par l'échange d'informations entre deux ou plusieurs groupes classes pendant une période de temps spécifique.

    Mode de communication asynchroniqe ou synchronique.

    Le modèle des classes planétaires fait éclater les murs du local de classe et l'isolement du groupe classe en mettant en contact deux ou plusieurs groupes classes qui peuvent être situés n'importe où sur la planète.

    Alors que le jumelage de correspondants proposait une relation privilégiée entre deux correspondants, les classes planétaires inscrivent l'étudiant dans un projet collectif (très souvent thématique) où il est identifié comme membre d'un groupe classe et où il est appelé à communiquer avec plusieurs étudiants d'un ou plusieurs groupes classes.

    Les groupes classes qui forment une école planétaire ont des caractéristiques communes (âge, niveau scolaire, langue, intérêt, etc.) et des traits complémentaires (cultures, langues, pays, continents, etc.). Le jumelage de groupes classes n'est donc pas aléatoire et tend à réaliser l'environnement idéal pour l'atteinte des objectifs pédagogiques de l'activité.

    L'objectif cognitif de l'activité n'est pas un simple prétexte à des échanges par courrier électronique. Le thème des discussions et des échanges est bien défini et les étudiants peuvent ultimement avoir un essai ou une monographie à rédiger et à publier.

    Dans ce contexte, la dimension planétaire ou internationale de l'activité permet la confrontation de points de vue différents et la cueillette d'informations de première main. Les classes planétaires visent à améliorer la qualité des travaux et à motiver les étudiants.




    Exemples retenus : Brême-Québec: vues de là-bas

    Cette expérience de classes planétaires a eu lieu au cégep de Ste-Foy durant la session d'hiver 1996. Alain-Martin Richard, professeur d'allemand, a proposé un échange entre son groupe et un groupe d'étudiants de la ville de Brême.

    Son projet est beaucoup plus élaboré que la très grande majorité des projets de jumelage de correspondants dans lesquels les étudiants jouissent d'une plus grande latitude, mais risquent également de perdre leur temps s'ils ne sont pas bien encadrés. L'activité se déroule tout au long de la session. Chaque étape est clairement identifiée. Les étudiants, regroupés en binômes, doivent suivre une feuille de route bien remplie.

    L'activité s'inspire des modèles proposés sur le site du Goethe Institute . L'adaptation a été faite en portant attention à chaque détail du travail étudiant.M. Richard reconnaît lui-même avoir été un peu trop ambitieux eu égard à la maîtrise relative des applications Internet par ses étudiants. Il a rencontré des difficultés à cause de l'absence de formation technologique chez certains de ses étudiants.

    Toutefois, dans ma conférence, j'ai montré les limites d'un tel projet et j'ai aussi expliqué que la proposition initiale était beaucoup trop ambitieuse pour un seul cours de 45 heures, avec un groupe où plusieurs élèves ne connaissaient pas la fonction de la souris...Il faudrait peut-être en faire mention. (1)

    Le professeur d'allemand exigeait de ses étudiants

    Aucune de ces exigences n'est excessive en soi. La maîtrise du courrier électronique devrait être une compétence de base pour tout étudiant du collégial, voire du secondaire; l'utilisation d'une caméra numérique est plutôt aisée même si elle soulève le problème de la gestion des fichiers pour un étudiant qui n'est pas familier avec le système d'opération d'un ordinateur; la compression des fichiers est une opération de base de la communication sur Internet; quant au langage HTML, il revient au professeur de s'assurer que ses étudiants possèdent les connaissances nécessaires pour réaliser les exercices prévus. Mais dans l'état actuel de la culture informatique des étudiants des collèges et en vertu de l'absence de formation technologique dans les programmes non professionnels du collégial, il est clair que la somme de ces quelques habiletés de base a pu apparaître comme une montagne aux étudiants non-initiés (qui désiraient avant tout apprendre l'allemand).

    Dans un tel contexte, le professeur qui met sur pied le modèle des classes planétaires ou tout autre modèle d'application pédagogique d'Internet doit tenir pour acquis la disparité de la culture informatique de ses étudiants et concevoir son activité en fonction des non-initiés, quitte à prévoir un cheminement accéléré pour les virtuoses du clavier et de la souris. L'analphabétisme technologique est une plaie qui empêchera les étudiants du collégial de devenir des internautes accomplis, capables de mettre les ressources des réseaux mondiaux au service de leur apprentissage. On ne peut vaincre cette ignorance en un seul cours, comme l'a découvert Alain-Martin Richard. On ne peut encore moins la vaincre en évacuant toute compétence technologique de la formation générale ou de la formation spécifique. On peut, bien sûr, attendre que nos étudiants nous arrivent tout formés à l'usage des NTIC par les professeurs du primaire et du secondaire, mais d'ici ce temps béni, combien de finissants du collégial traîneront ce lourd handicap. (2)

    À la reprise de l'expérience, à l'automne 1996, Alain-Martin Richard a choisi de répartir l'activité sur deux sessions (3). Et comme l'échange entre les étudiants est précédé de quelques heures d'initiation à quelques applications d'Internet, l'activité se déroule plus harmonieusement.

    Une dernière remarque. Si on y regarde de près, M. Richard a proposé une activité d'apprentissage de calibre collégial à ses étudiants, une activité permettant l'atteinte de compétences rédactionnelles dans une langue seconde. Cependant, ce modèle d'activité reprend structurellement la formule des classes planétaires utilisée aux niveaux primaire et secondaire. Ce qui devrait nous convaincre que ces modèles peuvent être adaptés aux différents ordres d'enseignement.




    Autres exemples




    Acadiens et Cajuns

    Dans cet exemple, les classes planétaires permettent de retisser des liens entre deux cultures qui ont une histoire et des racines communes. Les deux professeurs ne recherchent pas le contact avec une culture exotique, mais mettent en oeuvre les conditions idéales pour une étude comparative entre deux groupes d'origine acadienne, intimement liés par leur appartenance commune à la culture américaine.

    La source des informations, qui sous-tendent cette étude comparative, sera encore ici les échanges électroniques entre des classes dont les élèves sont issus de ces deux groupes culturels. Il s'agit d'un matériel de première main dont la qualité sera proportionnelle à la motivation, à la curiosité et à la recherche des élèves des deux classes. Mais il est clair que le contact direct entre les élèves devraient alimenter l'intérêt de tous.




    Come See Us

    Voici une invitation à participer à un échange interculturel entre un maximum de 25 groupes classes. À cette étape, le projet n'est pas encore très détaillé. Les intentions sont claires cependant : permettre aux élèves d'acquérir des connaissances sur différentes régions hors des États-Unis et ce, par des échanges avec des élèves d'autres classes. La dimension collective du projet est soulignée. C'est la classe qui doit mettre en commun et organiser l'information sur sa propre région. Toutes les informations et les différentes brochures touristiques seront distribuées aux 25 classes.

    Au niveau collégial, dans le cadre d'un cours de géographie ou d'anthropologie, l'échange planétaire pourrait être précédé d'une recherche sur des aspects spécifiques de la culture, de l'histoire ou de la géographie, éléments d'information qui pourraient être mis en commun dans la classe et confiés à des étudiants spécialistes de chaque secteur qui se chargent de la transmettre à d'autres classes. L'activité pourrait se compléter par la comparaison avec les informations que l'on obtiendrait d'une autre région. Ces éléments de comparaison pouvant encore être soumis, pour validation, à l'analyse critique des étudiants de l'autre classe. Ainsi chaque étudiant pourra mieux évaluer son degré de compréhension de la culture de l'autre et de sa propre culture en la mettant à l'épreuve du regard de l'autre.




    Cultures autochtones

    Ce projet en provenance d'Australie vise à compléter une recherche théorique sur les cultures authochtones par des échanges électroniques avec des élèves issus d'une de ces cultures. Tous les élèves de la classe ne doivent pas nécessairement être issus d'une telle culture, mais il semblerait préférable que dans chaque classe ainsi interreliée un certain nombre d'élèves soient des authoctones. On peut facilement déduire que la discussion électronique entre les classes planétaires provoquera la discussion entre autochtones et non-autochtones dans chaque classe.

    De plus, l'apport d'informations de première main sur une ou des cultures autochtones différentes permettra de saisir la diversité de ces cultures et de nuancer les modèles théoriques qui décrivent la réalité autochtone.




    Notes

    1. Tiré d'un message électronique du 3 juin 1996. Retour

    2. À ce sujet, on pourra consulter le mémoire présenté par l'APOP aux États généraux en octobre 1995, mémoire toujours d'actualité en attendant les nouvelles orientations du ministère de l'Éducation. Retour.

    3. Tiré d'un message électronique du 10 octobre 1996. Retour.