Création collective

  • Présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation



  • Présentation


    Création sérielle



    Les étudiants interviennent chacun leur tour
    en enrichissant le document ou l'objet
    à chaque étape
    Création commune

    Les étudiants interviennent collectivement
    à chaque étape du travail de création
    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet propose à l'étudiant de participer à la création d'une oeuvre artistique collective.

    Mode de communication asynchronique ou synchronique.


    La création collective est un modèle à plusieurs facettes. Elle se caractérise par la production d'une oeuvre (littéraire ou plastique) où plusieurs personnes ont participé. Que ce soit un poème ou un roman, un dessin ou une bande dessinée, l'oeuvre est une réalisation collective.

    Le nombre d'intervenants peut varier entre deux et plusieurs, un nombre qui devrait permettre une interaction minimale tout en assurant à chacun une participation active.

    Le type d'oeuvre sur lequel peut s'exercer cette activité créatrice collective est déterminé par la nature du lien de communication. Par courrier électronique, on peut facilement s'échanger les versions successives d'un poème ou annexer un dessin numérique dans un format traitable par un logiciel graphique ou par toute une famille de logiciels graphiques. Faire de même avec des documents vidéo implique une bande passante rapide et des équipements sophistiqués à la disposition des individus ou des classes. Une bande sonore collective serait plus facilement réalisable. Mais, il est clair que, dans ces conditions, la sculpture collective est inconcevable à moins de travailler à partir de plans en deux dimensions.

    Le type de collaboration peut adopter deux formes principales : la création sérielle ou la création commune. La première s'inspire des cadavres exquis où chacun est appelé successivement à enrichir l'oeuvre en ajoutant librement sa contribution sans discussion avec les autres. La deuxième implique une interaction continuelle des participants à chaque étape de la création, du choix du sujet à sa forme finale. Évidemment ce sont les objectifs d'apprentissage qui déterminent la forme à utiliser.




    Exemple retenu : Art visuel et synergie

    Ce projet, retenu par Judi Harris, est l'exemple parfait d'une création sérielle. Ici tous les élèves peuvent intervenir à trois étapes différentes du processus de création. En effet, les dessins sont clairement identifiés à l'une des trois étapes du processus de création. Ce sont : L'élève peut proposer une image de départ à ses pairs, modifier un dessin de départ proposé par un autre ou terminer une image déjà modifiée. Il peut donc apprécier toutes les étapes du processus et, peut-être, découvrir s'il est davantage à l'aise à proposer des idées nouvelles, collaborer à celles des autres ou mettre le point final à une oeuvre collective.

    L'ensemble des dessins ainsi produits et clairement identifés peut constituer une intéressante collection où peuvent être affichées les oeuvres selon leurs différentes phases d'achèvement ou selon le traitement que divers élèves leur ont fait subir. On pourrait alors :



    Autres exemples




    Une pile HyperCard collective

    Autre exemple de création ou de production sérielle, ce projet de pile HyperCard permet de voir que le processus de création sérielle peut aussi s'appliquer dans le secteur des sciences humaines. Ici le produit final, si on se fie au logiciel utilisé, devrait intégrer des éléments textuels et visuels et, sans doute, des éléments sonores.

    On aurait apprécié des contraintes plus nombreuses et précises pour assurer la qualité du produit final et une certaine standardisation. Mais on peut concevoir qu'au delà de ce message inaugural, des précisions ont été apportées au projet initial.

    Il ne faudrait pas que les différentes composantes de l'oeuvre finale soient de qualité trop inégale. Les élèves pourraient en être blessés ou très déçus. Et cela, sans qu'il en soit de leur faute. En effet si le professeur leur accorde moins de temps de laboratoire, s'ils connaissent moins le logiciel HyperCard et ses fonctionnalités, si la recherche est faite sans rigueur, les résultats du travail de l'équipe peuvent en être sérieusement compromis. On comprendra que, dans un tel contexte, la comparaison des différentes publications sera stimulante pour les élèves dans la mesure où les professeurs ont accordé la même préparation, le même encadrement et la même importance à l'activité.




    Création littéraire

    Judi Harris (1) privilégie cette application d'Internet, Le coin des écrivains, pour illustrer le modèle de la création collective en mode sériel. Cependant, cette réunion électronique par IRC (ou conversation électronique) ne se situe pas dans un contexte immédiatement scolaire.

    Il s'agit d'une rencontre mensuelle. Les jeunes sont conviés, le samedi, à une session de création littéraire collective à partir d'une banque de mots qu'ils sont libres d'utiliser à leur guise. Ils prennent tour à tour la parole ou le clavier pour créer une histoire originale en puisant dans un même lexique.

    La rencontre tient plus du happening que de l'activité d'apprentissage structurée. Le concepteur du projet, John Ost, admet lui-même :
    (Dieu sait comment la rencontre va se dérouler si plusieurs personnes y participent. Mais nous ferons avec.)
    Cette liberté de structure convient probablement à une activité parascolaire axée sur la créativité, mais elle est peut-être moins recommandable pour une activité d'apprentissage visant des objectifs précis. À moins que ce happening littéraire ne serve qu'à amorcer un atelier de création littéraire au mode de fonctionnement plus rigoureux.




    Création d'une intrigue policière

    Le scénario de cette activité de création collective est beaucoup plus élaboré. Les participants doivent déjà posséder une bonne maîtrise de la langue, voire de l'écriture romanesque et policière. À cette clientèle triée sur le volet, on offre un défi de taille : créer collectivement une intrigue policière.

    Une lecture attentive de ce projet révèlera qu'il a d'abord été conçu pour un groupe rassemblé dans une classe ou dans un même édifice. Les outils informatiques y jouent un rôle important.
    Une intrigue policière peut très bien être rédigée avec papier et crayon. Cependant les expériences faites avec des apprenants ont clairement montré que l'utilisation de l'informatique peut y ajouter une nouvelle dimension et comporte des avantages certains.
    Cependant, la dimension réseau n'est pas exploitée. Mais on peut facilement imaginer que les fonctionnalités de communication d'un réseau local, voire d'un réseau international, pourraient conférer à l'entreprise une plus grande qualité et quantité d'interactions. De plus le nombre des « matrices de composition d'intrigues » pourraient s'accroître et permettre une plus grande variété de trames policières, même si la matrice que propose le MEN est déjà très riche et bien présentée.

    Ce projet a en commun avec celui du Coin des écrivains une même condition de fonctionnement : un lexique commun mis à la disposition des équipes ou des individus. Mais on aura compris que l'activité suggérée et déjà expérimentée par le Ministère de l' Education Nationale et de la Formation Professionnelle propose une méthode beaucoup plus rigoureuse que le simple happening et des modèles d'écriture déjà validés.

    On trouvera un autre projet de polar collectif dont les visées sont moins pédagogiques. Le Ficto-Polar est à la recherche d'auteurs et de textes. Internet se prête admirablement à ce genre de création littéraire collective. À quand le premier chef-d'oeuvre de la littérature cybernétique ?




    Notes

    1. Judi Harris, « Educational Telecomputing Activities: Problem-Solving Projects », Learning and Leading with Technology, Volume 22, Number 8, May 1995. Retour.