CUEILLETTE COLLECTIVE de DONNÉES


  • présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation


  • PRÉSENTATION

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet permet à plusieurs étudiants ou groupes-classes de rassembler et de partager des données originales.

    Mode de communication asynchronique ou synchronique.

    Le modèle utilise les fonctionnalités de communication d'Internet pour rassembler rapidement des données de toute sorte. Tous les élèves sont mis à contribution pour la mise en commun d'observations ou la cueillette d'informations inédites.

    Les élèves sont ainsi activement impliqués dans un processus de découverte ou de validation qui stimule leur motivation. Ils ne se contentent plus de la lecture d'un manuel ou de l'exposé magistral d'un professeur. Avec la collaboration d'élèves de partout dans leur pays ou dans le monde, ils peuvent rassembler des données qui leur permettent de redécouvrir une loi ou d'explorer par eux-mêmes un phénomène physique, culturel ou social.

    Le modèle comporte donc trois éléments également importants : Il n'est pas essentiel que tout projet de cueillette collective de données soit planétaire. Deux classes situées dans un même pays peuvent comparer les données météorologiques de leur région respective. D'ailleurs, plusieurs projets planétaires ont débuté à cette échelle. Mais, l'ampleur même de l'information recueillie peut contribuer à la qualité de l'analyse et à la diversité des interprétations.




    EXEMPLE RETENU : Le projet Ératosthène

    Ce projet est un classique dans son genre, une application d'Internet reprise chaque année dans plusieurs établissements d'enseignement à travers le monde et proposée comme le modèle par excellence d'une application pédagogique d'Internet.

    Ératosthène était un mathématicien (1) grec qui le premier réalisa une mesure adéquate de la Terre.
    Ératosthène réalisa une mesure remarquablement précise des dimensions de la terre. Il savait, qu'au solstice d'été, le soleil était, à midi, à la verticale d'un puits à Syène. Il découvrit qu'au même moment, à Alexandrie -- dont il fut responsable de la bibliothèque --, en Égypte, à approximativement 787 km au nord de Syène (aujourd'hui Assouan), les rayons du soleil avaient une inclinaison de 7,2°. À l'aide de ces observations, il calcula le diamètre et la circonférence de la terre [...] (2)
    Le projet Ératosthène permet aux élèves qui y participent de vérifier le bien fondé de la démarche du philosophe et de refaire ses calculs. Le message inaugural de Al Rogers (1988) (3) a eu un retentissement considérable dans le milieu de la télématique scolaire. Il y décrivait ce qui s'appelait alors The Noon Observation Project. Le projet comporte les éléments suivants :
    1. Un rappel historique de la découverte d'Ératosthène et de sa méthode de calcul;

    2. La description de l'équipement et de la méthode à utiliser pour prendre les mesures. L'auteur insiste sur la participation du plus grand nombre d'élèves. Cependant, toutes les mesures ne sont pas transmises. Une moyenne doit être établie à partir des observations des élèves sur un site;

    3. L'analyse et l'interprétation des résultats obtnenus, presque oubliées lors de l'expérimentation, constitueront des ajouts et des modifications majeurs aux nouvelles éditions du projet. (4)
    Rogers et Levin racontent comment le projet a pris forme. L'excitation des premiers résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les modifications apportées au projet initial. (5)

    En 1992 et 1994, à l'occasion de l'équinoxe de septembre, le projet Ératosthène était proposé aux élèves de la planète. En mai 1996, le CRDP de Poitou-Charentes réalise une reconstitution de l'expérience d'Ératosthène, à Angoulème et à Ségou, mais la participation des élèves est plutôt réduite. Le projet est proposé par d'autres professeurs dans le cadre d'une activité d'astronomie ou d'un cours de géométrie. Comme le disait Rogers dans son message inaugural, il suffit de deux classes pour permettre la comparaison des résultats.




    AUTRES EXEMPLES




    What's in a name ?

    Harris avait classé ce projet dans la catégorie des chasses au trésor, mais il s'agit bien d'une cueillette collective de données sur l'utilisation des noms et des prénoms à travers le monde.

    Comme tous les projets annuels de KIDLINK, « What's in a name ? » vise à favoriser la communication planétaire des jeunes de 10 à 15 ans. Il bénéficie de l'infrastructure technique de KIDLINK avec ses listes de distribution, son Gopher et son canal de conversation électronique (IRC).

    Les objectifs de l'activité sont clairement énoncés. Ils sont très ambitieux, allant de la familiarisation à la télématique au développement de l'autoapprentissage ou d'habiletés de pensée latérales, en passant par l'expérimentation du travail collaboratif.

    L'intérêt du design pédagogique de ce projet réside dans la description détaillée des différents niveaux et des différentes phases de participation. Din Ghani distingue trois niveaux de travaux pratiques : Dans la première partie, le concepteur suggère plusieurs moyens pour rassembler les données. À ce niveau, l'élève peut réaliser une recherche en bibliothèque ou sur Internet, questionner des parents, s'inscrire à des listes de distribution, etc. Aucune méthode n'est privilégiée. L'objectif est de rassembler, dans toutes les cultures, le plus d'informations authentiques sur l'utilisation, la signification, voire la prononciation des noms. Les élèves doivent répondre à une batterie de questions qui permettent de standardiser la présentation des différentes trouvailles.

    Avec l'analyse des données, le travail d'élaboration des connaissances débute. Il s'agit d'enrichir la collection des noms de quelques essais de systématisation et d'explication. La similitude des noms dans différents pays est-elle accidentelle ou significative ? Quelle serait l'origine commune de ces noms ? La mythologie ? L'histoire ? Le professeur ou son groupe peut choisir son objet d'étude. Un rapport doit être publié pour l'information de l'ensemble des participants et pour susciter la discussion.

    Une dernière partie est réservée à l'équipe des organisateurs. Il n'est pas clair si cette équipe n'est formée que de professeurs volontaires ou si des élèves peuvent aussi y participer. C'est à cette équipe que revient la responsabilité de concevoir la banque de données -- qui doit intégrer tout le matériel récolté en respectant les différents formats des fichiers (texte, son, image), d'animer les discussions, de suggérer des pistes de recherche, d'émettre des propositions pour combler certaines lacunes de la base de données et d'élaborer le rapport final. Les professeurs sont sans doute les mieux qualifiés pour assumer ces tâches, mais des élèves ayant déjà vécu l'expérience pourraient jouer le rôle d'animateur et alléger le travail des professeurs.

    Ghani souligne que certaines dimensions de cette activité s'adresse aux plus âgés du groupe de 10 à 15 ans. J'ajouterais que l'on pourrait sans difficultés engager des étudians de cégep dans une telle cueillette d'informations.




    La migration des oiseaux

    Un exemple de cuillette collective de données saisonnières est l'observation des oiseaux. Le thème proposé est doublement intéressant, à la fois par sa très vaste portée géographique et par la nature même ce type de cueillette qui est largement accessible, encourage le plein air et peut dériver en un passe-temps à vie. Les élèves sont invités à partager les résultats de leurs observations avec des élèves et des ornithologues à travers la planète.

    L'intérêt de l'activité réside autant dans l'observation des oiseaux et la communication des données que dans le tableau synoptique que l'on peut tirer de l'ensemble des observations. C'est pourquoi, pour enrichir les connaissances des élèves, cette activité devrait ajouter aux plaisirs de l'observation, l'analyse des données et leur organisation en savoir. Et à cette élaboration du savoir, tous les élèves observateurs devraient participer. Non seulement, en ayant accès aux résultats, mais en montant une base de données, en dessinant des cartes thématiques ou en rédigeant une monographie.




    Notes

    1. Ératosthène est encore très populaire sur Internet et les spécialistes s'en arrachent l'exclusivité. On en fait un philosophe, un mathématicien, un bibliothécaire, un astronome, un critique littéraire, un géographe ou un honnête homme de l'Antiquité selon le point de vue disciplinaire que l'on adopte. Retour.

    2. Dennis P. Donovan, Eratosthenes Finds Diameter of Earth!, cours de géométrie, Reagan High School, 12 novembre 1995. Retour.

    3. James A. Levin, Al Rogers, Michael L. Waugh et Kathleen Smith, « Observations on educational electronic networks: The importance of appropriate activities for learning », The Computing Teacher journal, published by the International Society for Technology in Education. Volume 16, 1989. Retour.

    4. « We would like to increase this sort of student involvement in the post-data collection aspect of the project. Part of the problem for this project was the lateness in the school year that the data was collected. But we also think more emphasis and planning should go into the post-observational phase. Students should be encouraged to look in detail at the overall data, try to identify patterns, and interact with the other sites to clarify any problems or issues that arise. » Idem. Retour.

    5. Ibidem. Retour.