Publier sa page personnelle

  • Présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation




  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet amène l'étudiant à s'identifier sur Internet et à définir progressivement son plan d'apprentissage.


    Depuis déjà quelques années, les fournisseurs d'Internet et les universités offrent à leurs clients ou à leur personnel la possibilité de publier leur page personnelle sur une serveur W3. Toutes les pages personnelles ne sont pas des chef-d'oeuvre de présentaton graphique ou d'originalité, mais elles deviennent la carte d'identité ou, plus justement, la carte de visite des internautes.

    Pour l'étudiant, cette carte de visite personnalisée peut devenir un moyen de se définir individuellement ou en tant que membre d'un groupe. L'objectif d'une telle activité est double : se présenter soi-même et définir progressivement son plan de recherche et d'apprentissage.

    Dans un premier temps, se présenter, dire en quelques mots qui l'on est. Cela est équivalent aux premiers contacts dans une activité de télématique scolaire où l'on consacre les premiers messages électroniques à se présenter, décrire ses intérêts, ses attentes, ses objectifs. La page « carte de visite » devient un message permanent pour promouvoir les échanges et susciter les communications. La présentation graphique peut être laissée à l'initiative des élèves si les moyens techniques le permettent -- quitte à imposer une signature graphique -- ou être entièrement standardisée par un gabarit pour accélérer la production et simplifier l'opération.

    La deuxième fonction de cette page milite en faveur d'une permanence de cette carte de visite. L'étudiant y expose ses projets, ses champs d'intérêt au plan intellectuel, ses réalisations et ses travaux. Dans le cadre d'une session ou d'une année académique, on peut y lire les principales productions de l'étudiant. À plus long terme, sur la durée d'un programme d'études, on peut y voir se préciser un projet de carrière ou un plan de recherche personnel. Dans cette section, peut s'ajouter un portfolio ou un curriculum vitae maintenu à jour, lien immédiat avec un avenir universitaire ou le milieu du travail.




    Exemple retenu : Internet pour les profs

    Il ne faut pas se méprendre ici. Les profs, dont il est question, sont ici des étudiants qui suivent un cours à distance sur les applicatons pédagogiques d'Internet. Ils sont inscrits à un cours offert par l'université Arizona State. Or, une des exigences du cours est la réalisation d'une page personnelle dont on vous propose un gabarit très simple comportant les éléments suivants : Comme l'élève en question est ici un professeur, la page personnelle est conçue en fonction de sa tâche de prof. Mais les principaux éléments sont là qui identifient la personne, ses projets sur Internet et son intention de communiquer.

    Dans ce cours d'Internet pour enseignants, l'auteur justifie pourquoi il est important de réaliser sa page personnelle. Les raisons sont d'ordre professionnel, reliées à la tâche de l'enseignant. Jon Storslee, le concepteur du cours, mentionne encore qu'en affichant les travaux des étudiants sur sa page, l'enseignant peut motiver ses élèves. Cet objectif ne serait-il pas atteint encore plus directement si on permettait à l'élève de publier sa propre page et ses propres travaux ?

    Enfin, élément important de la démarche, le cours contient une procédure pour créer son propre espace sur un serveur UNIX. Je n'oserais qualifier de facile cette procédure que l'élève doit suivre aveuglément sans chercher à comprendre pourquoi l'écran de son Mac ressemble à celui d'un vieil éditeur de texte. L'important c'est qu'un cours ou une activité qui exige la création d'une page personnelle puisse aussi offrir un espace pour la loger et l'afficher. Ici, Jon Storslee met à la disposition de ses étudiants une méthode un peu mystérieuse qui a l'avantage de leur laisser une parfaite autonomie.

    On pourrait considérer que l'exigence d'une page Web personnelle dans le cours de M. Storslee s'explique simplement par le fait que son activité de formation est un cours à distance et que la page personnelle est le moyen choisi pour permettre aux étudiants de s'identifier les uns, les autres. Si on reconnaît le rôle de carte de visite ou de carte d'identité à la page personnelle dans un contexte de cours à distance, on doit aussi le reconnaître dans toute activité de formation ou d'apprentisage qui implique l'utilisation d'Internet. Quel que soit le modèle d'application pédagogique d'Internet étudié dans cette typologie, la notion de distance est impliquée et, également, la nécessité de se faire connaître à distance. D'où l'intérêt, quand la chose est techniquement et financièrement possible, de permettre aux élèves de se créer une identité sur Internet.

    Plus près de nous, un professeur de langues a offert son propre site à ses étudiants pour leur permettre de publier leur page personnelle créée pendant leur cours d'anglais de dernière session. Lors d'une première tentative, David Kennison a réussi à intéresser cinq étudiants de son cours à ce projet. Mais il a l'intention de récidiver à la session d'hiver 1997.




    Autres exemples




    Identification à un groupe

    Aussi personnelle qu'elle soit, la carte de visite peut aussi être conçue en fonction d'une activité d'apprentissage collective. Je soumets l'exemple de cette collection de pages personnelles identifiées à la première Course des branchés. On peut voir, que ces documents, tout en demeurant personnels, s'identifient par leur mise en page et leur structure communes à un projet collectif. Faut-il préciser que la photographie est un élément optionnel dans une telle page ? Les étudiants, dans un contexte de communication électronique, oscillent souvent entre le besoin d'anonymat et le désir d'être identifiés par un projet personnel.

    Un autre modèle d'intégration de pages personnelles est proposé dans cette page d'un Highschool de Brooklin. Ici encore, c'est la photo de l'élève qui mène à sa page personnelle. Mais les pages ont été conçues par chaque élève sans qu'une structure commune ne leur soit imposée.

    On pourrait donc utiliser des solutions graphiques similaires pour identifier les élèves d'une classe ou les participants à un projet Internet. Les dimensions personnelles et collectives peuvent coexister.




    Pages universitaires

    Les pages des universitaires québécois ou français suggèrent des façons variées d'exploiter ces ressources personnalisées. Évidemment, dans les établissements universitaires, nous rencontrons des étudiants qui ont une plus longue feuille de route à proposer. Ils peuvent énumérer des recherches déjà réalisées ou des domaines extrêmement spécialisés où les entraînent leurs travaux de maîtrise ou de post-doctorat.

    Ainsi trouve-t-on sur le serveur du département de mathématiques de l'université d'Angers un modèle plutôt humoristique de page personnelle. La photo n'est pas trop accueillante, mais la structure du document permet à un étudiant de 3e cycle ou à un professeur de se faire connaître et de partager ses sujets de recherche. L'étudiant de cégep ne pourrait pousser la prétention jusqu'à soumettre immédiatement son plan de thèse de doctorat, mais s'il avait l'occasion de présenter ses travaux ou de conférer plus d'ampleur à une activité d'intégration dans une page personnelle, il pourrait lui-même prendre plus au sérieux ses propres productions.

    Si un étudiant de l'INRIA peut attirer l'attention sur ses travaux et annoncer son projet de thèse, pourquoi une étudiant de cégep ne pourrait-il pas faire part de ses projets intellectuels ?




    Pages portfolio

    Pour les étudiants en arts, la page personnelle est un excellent moyen d'afficher ses travaux et de faire connaître ses meilleures oeuvres.

    Ici un étudiant publie son interprétation du logo de son collège. Des photographies de sculptures ou de tableaux peuvent faire connaître des oeuvres qui risqueraient de s'empoussiérer dans un entrepôt ou un garde-robe. On en voit les possibilités dans cette page d'un professeur d'arts. Et plus les cours d'arts accorderont de place aux oeuvres réalisées par ordinateur, plus les pages personnelles se prêteront à la publication des productions étudiantes.

    Une collection des oeuvres des étudiants est ici publiée par le collège communautaire de Lane. On comprendra que l'étudiant et l'établissement scolaire y trouvent leur avantage.

    Enfin, dans ce dernier exemple, une université américaine, Colorado State University, offre à ses étudiants et aux entreprises de la région un centre d'information qui permet aux étudiants de faire connaître leurs réalisations. Le portfolio n'est plus réservé aux seules productions artitistiques. Il peut comporter des travaux scolaires de tout ordre. Dans ce dernier cas, portfolio et curriculum vitae se complètent dans les pages des étudiants.




    Un savoir faire

    Toutes les pages personnelles ne sont pas égales. Certaines sont bien conçues et bien réalisées, d'autres sont banales et sans attrait. À l'École de technologie supérieure (ÉTS), un document propose aux étudiants une série de consignes pour la création de leur page personnelle, y compris une liste des dix péchés capitaux d'une page personnelle où un auteur américain énumère les défauts les plus répandus sur les cartes de visite des internautes.

    Dans la page de l'ÉTS, un pointeur conduit à une page riche en informations techniques offrant des conseils sur l'utilisation du langage HTML, des collections d'images, de lignes, de fonds, etc. Permettre aux étudiants de s'exprimer, c'est leur mettre entre les mains les moyens de le faire correctement et c'est aussi imposer des exigences de présentation et de contenu.