Publication collective

  • Présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation




  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet permet à l'élève de participer à une cueillette de documents originaux sur Internet et à leur publication

    Judi Harris rassemble sous le modèle « publication électronique » des projets extrêmement divers qui n'ont en commun que la dimension publication. Encore là, certains documents sont publiés sur format papier en des mises en page plus ou moins élaborées, dans le cadre d'un livre ou d'un périodique, d'autres sont publiés sur Internet à l'intérieur d'une collection de messages ou dans un document HTML, enfin d'autres sont offerts à tous les éditeurs sous la forme de textes d'une agence de presse. De la collection de recettes au roman collectif, du magazine au journal, la notion de publication est très lâche.

    Pour ma part, je réserve un modèle spécifique à la publication, toujours collective, d'un périodique et je ne considère, dans les autres modèles, que la publication sur Internet. Ainsi, dans le modèle « Publication collective », je ne retiendrai que les projets qui proposent une cueillette de textes par Internet et une publication sur Internet.

    La cueillette de textes ou, plus précisément, de documents -- parce qu'elle peut inclure également des illustrations visuelles et sonores -- implique au minimum deux groupes ou deux classes reliés par Internet et qui collaborent à une oeuvre commune qui sera accessible sur Internet. On peut évidemment élargir grandement ce cercle initial et inclure la participation de plusieurs classes ou de plusieurs individus disséminés sur la planète. Mme Harris retient même le projet d'une publication multilingue.

    Les documents qui sont ainsi recueillis traitent d'une thématique commune dont la définition est plus ou moins précise selon l'orientation du projet. Des concepteurs peuvent privilégier un sujet spécifique qui amène les élèves à multiplier les points de vue ou à approfondir la recherche. D'autres, en proposant une thématique très large, viseront à favoriser une participation nombreuse. Ce sont ultimement les objectifs d'apprentissage qui déterminent le degré de précision du sujet.

    Les documents ainsi rassemblés font l'objet d'une publication ponctuelle qui couronne la collaboration des élèves internautes et affiche les fruits de leur cueillette. En ce sens, ce modèle se distingue des deux suivants en ce qu'il n'implique pas une périodicité ou une collaboration continue.

    Les modes de publication sont multiples. Il peut s'agir de fichiers générés par un traitement de texte disponibles sur un site FTP, ou des archives d'une liste de distribution, ou d'une base de données que l'on peut distribuer par Internet, ou de pages HTML, etc.

    Selon les objectifs fixés à l'activité, les étudiants peuvent jouer un rôle plus ou moins négligeable dans la présentation des documents. Plusieurs professeurs préfèrent assumer le travail de mise en page ou de publication de façon à investir le temps des élèves dans la recherche et la rédaction des textes. D'autres ont choisi d'impliquer activement les élèves dans toutes les phases du projet.




    Exemple retenu : Centre national de la recherche étudiante

    Dans la collection de projets, proposés par Judi Harris, le projet de Centre national de la recherche étudiante réalise le mieux le modèle de « publication collective ».

    Le message inaugural du projet est très détaillé quant au contenu des textes. Il décrit avec une précision vraiment scientifique la structure des résumés (abstracts) qui peuvent être acheminés. Les exigences du Centre sont assez contraignantes pour amener l'élève à ré-écrire certaines parties de sa recherche. Les standards sont élevés pour les élèves, qui devraient être performants dans le domaine scientifique. Mais l'enseignant n'échappe pas à cette exigence de qualité. Le message indique que l'enseignant doit garantir la teneur scientifique du résumé, sa valeur littéraire et la rigueur de la présentation. Il est clair que sur le plan de la cueillette de documents, les concepteurs du projet recherchent moins la quantité que la qualité des collaborations.

    Sur le plan de la publication, le message demeure ambigu. D'une part, il s'agit d'une publication papier et d'une publication électronique. Les contraintes de mise en page relèvent de la publication papier. D'autre part, il n'est pas évident que la publication électronique, évoquée dans le message, implique une diffusion sur Internet. Mais l'existence d'une version numérique des documents permet d'envisager plusieurs modes de diffusion ou d'affichage sur Internet. Il est fort à parier que si ce projet était daté d'août 1996, la question d'une diffusion sur les réseaux internationaux serait carrément abordée.

    L'élève qui répond à cette invitation a déjà réalisé sa recherche scientifique et il a obtenu l'appui de son professeur pour la diffuser. Il investira donc au niveau de l'écriture en clarifiant sa démarche, en respectant des standards de présentation, en visant la production d'un texte sans faute. Il sera sans doute appelé à réaliser lui-même la version électronique de son document selon les contraintes fixées. Tous ces apprentissages sont fort valables dans la perspective d'une carrière scientifique.

    La dimension collective de cette publication soulève quelques commentaires.

    D'une part, ce projet respecte la personnalité des élèves. Celui ou celle qui a préféré réaliser en solo sa recherche scientifique pourra se joindre à un collectif en respectant quelques contraintes rédactionnelles. Par ailleurs, ceux qui ont opté pour un travail d'équipe dès le début de leur recherche, pourront continuer à collaborer lors de la rédaction du résumé. Dans les deux cas, faut-il le rappeler, la démarche personnelle ou collective a été couronnée de succès.

    D'autre part, le Centre national de recherche étudiante permet aux collaborateurs de s'inscrire dans les rangs d'une communauté scientifique plus large, découvrant par le fait même les exigences quant à la rigueur de la démarche et quant à la communication de résultats scientifiques. On peut aussi espérer que la lecture de cette publication suscitera des échanges entre les différents collaborateurs.




    Autres exemples




    Éditoriaux et controverse

    Le projet Citadel, retenu par Judi Harris, ne présente qu'un seul défaut : il ne vise une publication intégrale que dans un journal local. Si on faisait abstraction de cette limite ou si on lui substituait une publication sur le serveur Web de l'école et, ainsi, une plus large diffusion, ce projet serait une excellente illustration du modèle « publication collective ». D'ailleurs, quand on y pense, il était assez curieux de faire appel aux contributions des élèves de plusieurs autres écoles pour obtenir des éditoriaux qui ne seraient ultimement publiés que dans le journal d'une seule école. À la limite, l'intérêt des étudiants des autres écoles pouvait en être grandement diminué, alors que l'idée de base, d'une controverse éditoriale avait beaucoup de potentiel.

    En effet, la présentation du thème et l'appel lancé aux élèves sont fort bien formulés. D'une part, le sujet est cadré en deux lignes :
    Est-ce que Shannon Faulkner, une femme, doit être acceptée à la Citadelle, un collège militaire, fondé il y a 151 ans par l'État de la Caroline du Sud et réservé à ce jour aux seuls candidats mâles ?
    Le message fournit une description objective des événements et l'exemple de deux éditoriaux estudiantins dont les conclusions sont diamètralement opposées. Il demande aux classes de discuter les points de vue de ces deux éditoriaux et de prendre un vote pour évaluer les opinions de la classe. Les résultats de ces votes seront transmis ainsi que tout nouvel éditorial qui naîtrait de ces débats.

    La cueillette ne se limite donc pas à des textes éditoriaux. Les résultats du sondage d'opinion sont aussi transmis. Si les textes sont publiés localement, les résultats du sondage sont diffusés parmi tous les participants selon la tradition d'Internet et des cueillettes collectives.

    La participation des élèves à la publication du journal local ou à la diffusion des résultats du sondage n'est aucunement mentionnée.




    Mémoires de guerre

    Autre projet, soumis par Judi Harris, cet appel à recueillir, à l'échelle mondiale, les souvenirs des personnes qui ont vécu en Angleterre pendant la dernière guerre mondiale propose une forme de publication simple et efficace : la liste de distribution et son archivage. Les différents récits sont postés à l'adresse de la liste, distribués simultanément à tous les membres de la liste et archivés pour consultation par l'ensemble des internautes.

    Le rôle joué par les élèves est cependant très limité. Ils doivent s'adresser à leurs parents ou autres aînés pour les convaincre de rédiger leurs souvenirs dans un message adressé à la liste. On aurait pu exiger des élèves une participation plus active. Ils auraient pu, non seulement provoquer les réminiscences de leurs aînés, mais mener l'interview si nécessaire et rédiger le compte rendu. Ces élèves plus actifs auraient prêté davantage attention aux récits des aînés, baigné plus intensément dans l'Angleterre des années 1943 et 1944, découvert l'art de l'entrevue et développé des habiletés rédactionnelles.

    Publier sur Internet, c'est l'enrichir de contenus nouveaux; ce n'est pas seulement servir d'intermédiaire entre un réseau international et des témoins du passé.




    Le Club littéraire

    Le Club littéraire est un comité d'étudiants du Collège de Bois-de-Boulogne qui a publé trois numéros de la revue Sortilège durant l'année scolaire 1995-1996. Cette revue, consacrée à la poésie, est entièrement dirigée par une équipe d'étudiants qui recueillent les textes, font une sélection grâce à un comité de lecture, éditent les textes retenus et réalisent la mise en page électronique de leur publication.

    Dans le cadre du Collège virtuel et, plus spécifiquement, du SALF (service d'aide à la langue française) virtuel, le Club littéraire a été invité à publier Sortilège sur Internet. Dans un premier temps, l'équipe du Collège virtuel s'est chargé de la présentation HTML de la revue. Cette année, ce sont des étudiants qui s'en occupent.

    Cependant, le Club littéraire ne s'est pas contenté de porter la version papier du Sortilège sur Internet. Ils ont voulu exploiter davantage les ressources d'Internet en offrant la possibilité aux étudiants de transmettre leurs textes par courrier électronique et même de participer à un échange de messages avec les membres du Club littéraire s'ils se trouvaient en panne d'inspiration.