Collaborer à un site

  • Présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation



  • Présentation


    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet amène l'étudiant à participer sur une base régulière à un site W3 sur Internet.

    La publication sur Internet ne se limite pas exclusivement à des actions ponctuelles. Collaborer à un site Web est une activité qui exige de la constance et de la versatilité dans un contexte où la dernière nouveauté est le lieu commun ou une donnée archéologique du lendemain. L'information vieillit vite sur Internet et un site qui n'évolue pas est bientôt une page Web dont le serveur ne retrouve plus l'adresse.

    De plus, pour que l'élève ne développe pas une attitude de consommateur devant les multiples sites de la toile planétaire, il faut l'amener à y jouer un rôle actif et à poser un regard critique sur les productions d'autrui. «  À la télé, on montre la lecture passive du Web. Arrêtons cela. Il faut maintenant apprendre à l'écrire. Donc mettre des serveurs à disposition dans les écoles, des serveurs construits PAR les élèves.  », dit Robert Cailliau, un des concepteurs du W3. (1)

    L'élève qui vivra l'expérience de collaborer à un site Web pourra ainsi développer les habiletés suivantes :

    Et s'il est appelé à participer à la médiatisation de ses propres textes ou des textes des autres, il apprendra à : Ces habiletés rédactionnelles et graphiques peuvent d'ailleurs coexister dans le même individu et se compléter. Mais, on peut concevoir que la collaboration à un site Web peut prendre des formes diverses. Les uns peuvent se charcher de l'animation en intervenant en direct ou par courrier électronique avec les visiteurs du site. D'autres peuvent planifier la structure du site et la faire évoluer au rythme des besoins. D'autres, encore, rédigent les textes en fonction d'une lecture à l'écran. D'autres réalisent la mise à l'écran. C'est nettement un travail collaboratif où il peut être très instructif de changer régulièrement de rôle.

    Évidemment, à moins qu'il ne s'agisse d'étudiants inscrits à un programme spécialisé, la participation à un site W3 ne pourrait pas s'étendre à la conception de CGI ou à la programmation d'applications en JAVA. Cette dimension hautement technique exige des connaissances préalables qui, comme dans l'informatique conventionnelle, détermine un champ de spécialisation inaccessible à la très grande majorité des internautes.

    Participer à un site web n'implique pas nécessairement de devenir un as de la technique. Il ne s'agit pas de former des spécialistes en HTML. On peut facilement utiliser un éditeur HTML pour rédiger/publier un travail ou un rapport de recherche. Qui sait utiliser un traitement de texte, peut rapidement se familiariser avec les fonctionnalités d'un éditeur. On peut également utiliser la version récente d'un traitement de texte qui offre un module HTML et qui traduit en page web tout fichier de traitement de texte. Dans ces deux cas, l'élève ne manipule aucun code HTML, mais il doit se préoccuper de la présentation visuelle de son texte.

    Une classe ou des classes planétaires peuvent développer et maintenir un site. L'échange de textes, de fichiers HTML ou d'images est évidemment un jeu par Internet. Des étudiants peuvent être appelés à participer à un site disciplinaire ou à enrichir celui de l'établissement scolaire. Règle générale, l'élève qui voit dans le W3 un vaste parc de divertissements sera porté à concevoir des projets parascolaires ou tout à fait hors du cadre scolaire. Ce n'est pas mauvais de lui montrer à mettre le W3 au service de ses apprentissages.




    Exemple retenu : Les drogues


    Une exposition sur les drogues au Musée de la civilisation s'accompagne de plusieurs projets étudiants. Parmi ceux-ci :
    Création et mise à jour d'un site sur le réseau Internet, décrivant l'exposition et les divers événements qui s'y rattachent et présentant diverses informations sur le thème, par des jeunes de l'école secondaire Le Sommet de Charlesbourg.

    Le site W3, consacré aux drogues, est animé par un groupe de 15 élèves supervisé par des professeurs de l'école. Le rôle le plus important des élèves consiste à rédiger les textes du site. Il n'est précisé nulle part que les élèves participent à la création des pages web ou à la gestion du site.

    Le travail de rédaction constitue une lourde responsabilité puisque « Les drogues » offre une collection d'informations régulièrement mises à jour et une publication mensuelle décrivant les résultats des recherches et des enquêtes des élèves. Pour cette équipe, le site n'est pas une publication ponctuelle. Les élèves prennent au sérieux la notion de mise à jour. Il s'agit d'une entreprise à long terme.

    En plus de la publication mensuelle qui oblige le groupe à une cueillette systématique de données, les sections suivantes : « Les ressources » et « Autres sites », exigent une information de dernière heure. Ils ne sont certes pas trop de 15 pour assurer une mise à jour dans un domaine très riche et très volatile. Ils devront se développer un réseau d'informateurs pour maintenir la qualité et l'actualité de leur contenu.

    La qualité première de ce site est d'offrir à la clientèle cible de cette exposition, les jeunes du premier cycle du secondaire, une information à leur mesure. En tant que projet pédagogique, « Les drogues » présente un défi de taille aux professeurs et à leurs élèves. Il confronte les jeunes de l'équipe à une double réalité : celle des drogues et celle de la cueillette et du traitement de l'information.




    Autres exemples




    Un site W3 australien

    Kilvington est une école baptiste de Victoria en Australie, un établissement scolaire qui se consacre à la formation des jeunes filles de trois à douze ans. Le site W3 de cette école propose un intéressant modèle d'intégration des pages étudiantes aux pages officielles du service d'information de l'école.

    La page d'accueil du site présente douze pointeurs de premier niveau en plus de l'exposé de la structure quadripartite de l'école. De ces douze pointeurs, six mènent directement à des travaux réalisés par des élèves, un conduit à la section Robotique et, indirectement, à l'affichage des travaux des élèves, un autre guide vers une page qui enseigne les rudiments du langage HTML -- ce qui laisse présager que les élèves les plus âgées pourront contribuer bientôt non seulement par leurs textes mais aussi par des pages qu'elles auront entièrement réalisées. (2) Les autres pointeurs de la page d'accueil mènent aux pages de présentation du personnel, du Centre d'information, d'autres sites éducatifs australiens, d'une sélection de pages W3 dans le cyberespace. Et même, parmi cette collection officielle de liens sur Internet, on trouve la rubrique suivante : La revue des sites sur Hong Kong par Lauren Matthews de 9e.

    Cette école a donc choisi de se faire connaître par les meilleurs travaux de ses élèves et d'intégrer ceux-ci aux pages les plus officielles du site. Reste maintenant à mettre entre les mains des élèves les outils pour réaliser leurs propres pages et concrétiser leur collaboration.




    Serveurs étudiants

    On trouve plusieurs exemples d'établissements scolaires qui mettent un site, voire un serveur Web à la disposition des associations étudiantes. Ainsi à l'École des HEC, de nombreuses pages Web gérées par les étudiants animent la vie étudiante. Il y a aussi le STEP (Serveur Télématique des Étudiants de Polytechnique) entièrement géré par les étudiants. De même au collège de Bois-de-Boulogne, le comité informatique gère un serveur W3 où les différents comités étudiants du collège s'affichent. Les étudiants qui sont responsables de la gestion du serveur, de l'animation d'un site ou de la création de pages web vivent une expérience à la fois exigeante et enrichissante.

    Cependant, on a tendance à réserver ces lieux d'apprentissage concrets, que sont les sites ou les serveurs Web, aux seules activités étudiantes, en maintenant une cloison étanche entre les activités parascolaires et la vie académique officiellement reconnue, domaine trop souvent réservé aux seuls professeurs. On laisse les étudiants faire leurs découvertes et leurs expériences sur des sites consacrés à la vie étudiante, mais les choses « sérieuses » ne leur sont pas accessibles.

    La participation à un site W3 peut représenter une activité d'apprentissage aussi valable qu'elle ait lieu dans un contexte parascolaire ou scolaire au sens strict. Mais on aurait tort de limiter cette forme de responsabilisation des étudiants au parascolaire et de se priver de son potentiel dynamisant et motivationnel dans les activités d'apprentissages officiellement reconnues par l'établissement. L'étudiant peut aussi apporter une collaboration significative à un site officiel.




    Une école secondaire

    Ce site du North Battleford Comprehensive High School accorde beaucoup de visibilité aux productions étudiantes. Il comporte même un site géré par les étudiants eux-mêmes. Malheureusement, ce dernier est sous la protection d'un « coupe-feu » et absolument inaccessible.
    Le site expérimental de nos étudiants fonctionne sur un petit serveur (un Mac IIci) relié à notre réseau local. Il est protégé par un « coupe-feu » et n'est donc pas encore visible du monde extérieur. Les étudiants l'utilisent pour apprendre le HTML et la gestion d'un serveur WWW. Les étudiants de NBCHS sont à développer de nombreux projets. Nous espérons les rendre accessibles sur le WWW grâce à ce serveur dans un prochain avenir.
    On aurait aimé voir les réalisations de ces élèves, mais l'existence même de ce serveur, quoique modeste, mis à leur disposition, laisse présager que les élèves de cette école secondaire ont les moyens de réaliser des projets et d'expérimenter.



    Une communauté du savoir

    Le collège Carlow met sur pied un serveur WWW qui reconnaît aux étudiants leur place dans une communauté du savoir. Les pages ne sont pas encore très nombreuses, mais la politique de libre expression affichée sur le site laisse présager une participation active des étudiants.

    Il est clair qu'un établissement d'enseignement ne peut mettre à la disposition de ses élèves un répertoire ou un serveur WWW sans définir son niveau de contrôle sur les contenus qui y seront publiés. Comme plusieurs universités américaines, le collège Carlow s'engage à respecter la libre expression, mais révisera tout matériel jugÈ offensant par les visiteurs du site.




    Notes

    1. Robert Cailliau, « Arrêtons la lecture passive du web, il faut apprendre à l'écrire », Planète Internet, n° 8, mai 1996. On peut notamment y lire : « Tim Berners-Lee et moi avions conçu [le web] comme moyen d'accéder aux documents de la Communauté de la physique des hautes énergies par la technologie des hypertextes. C'était au CERN en 1989-1990. Ça n'a jamais été un outil de recherche, mais un outil pratique et nécessaire à notre communauté de chercheurs dispersée dans le monde. On avait pensé à beaucoup de choses qui ne sont toujours pas réalisées. Dans la première version des logiciels que Tim avait construits sur le système NeXTStep, il n'y avait pas de distinction entre le lecteur et l'auteur. Le même et unique logiciel était utilisé pour écrire et pour naviguer. » Retour.

    2. Si, au Québec, les élèves de sexe féminin démontrent généralement moins d'enthousiasme que leurs confrères pour l'informatique et Internet, les demoiselles de Kilvington sont initiées à plusieurs facettes de la technologie. D'ailleurs, la qualité des travaux réalisés en robotique par ces élèves nous fait croire que la maîtrise du HTML et des applications Internet ne sera pas une tâche complexe pour ses délurées de la technologie. Retour.