Administration de sondage

  • présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation



  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet permet à l'étudiant d'utiliser les ressources des réseaux pour administrer un sondage.


    Haut lieu de la démocratie directe, Internet se prête admirablement aux sondages d'opinion, aux études de marché ou aux analyses de clientèle. On peut rassembler rapidement des réponses à un questionnaire publié sur le Web ou à des questions postées par courrier électronique. On peut ainsi recréer les conditions réelles d'un sondage professionnel avec des moyens performants et des problèmes méthodologiques à la clé.

    De plus, Internet donne accès à une quantité industrielle de questionnaires de sondage qui peuvent servir de modèles et recèle de nombreuses analyses de sondage qui peuvent être étudiées et critiquées par le professeur et ses élèves. La moindre interrogation d'un moteur de recherche avec les mots « sondage » ou « survey » produit une liste de sites qui utilisent une méthode ou l'autre de sondage.

    L'utilisation d'Internet pourra soulever des problèmes méthodologiques particuliers quant à la définition de l'échantillonnage ou au mode d'administration du questionnaire, mais elle permettra toujours de recueillir un nombre significatif de réponses.

    La présentation d'un questionnaire de sondage peut à la limite exiger jusqu'à la production d'un site W3 spécifique pour attirer la population désirée, mais un tel mode d'administration impliquera toujours la mise en oeuvre de moyens techniques imposants (création d'un document HTML, utilisation d'un serveur Web, voire programmation d'un CGI (1)). Mais les retombées sur la motivation et les apprentissages des étudiants peuvent valoir tous ces investissements de temps et d'efforts.

    Par ailleurs, les sondages par courrier électronique ou grâce à une liste de distribution doivent respecter les règles de la nétiquette. Avant de laisser un groupe d'étudiants envahir la privauté d'un groupe de discussion ou entreprendre la diffusion généralisée d'un questionnaire qui ne sera pas toujours le bienvenu, le professeur devrait s'assurer de bien explorer au préalable ou de bien connaître les us et coutumes des populations internautes qu'il proposera à ses étudiants.

    Au rythme où se propagent les branchements à Internet, la pratique du sondage en ligne deviendra monnaie courante, mais il demeurera toujours des populations et des thèmes qui se traiteront mieux avec des moyens plus conventionnels.




    Exemple retenu : Sondage sur l'assuétude à Internet

    Cet exemple a été retenu pour la qualité du questionnaire et le sérieux de la problématique. Évidemment Internet se prête admirablement à l'étude du comportement déviant de certains internautes, comportement qui peut avoir de très graves conséquences dont l'échec scolaire n'est qu'une manifestation.

    Le questionnaire a été composé par Viktor Brenner, un étudiant au doctorat du département de psychologie de l'université de l'État de New-York à Buffalo. On peut obtenir plusieurs autres informations sur l'auteur puisqu'il a publié sa page Web personnelle dans le but de convaincre les répondants potentiels qu'il ne poursuit pas de visées mercantiles et que toutes les réponses demeureront confidentielles. « M. Brenner,un conseiller à l'université Marquette, reconnaît que les répondants [à son questionnaire] ne constituent pas un échantillon scientifique, mais il espère que les réponses jetteront un certain éclairage sur le phénomène de l'assuétude. » (2)

    Le questionnaire comporte 32 items. Il est désigné par l'acronyme IRABC (Internet-Related Addictive Behavior Checklist).

    Sur le site de l'université Marquette, on trouve donc la page de l'auteur, son questionnaire et les résultats préliminaires de son enquête. Sous le titre An Initial Report on the Online Assessment of Internet Addiction: The First 30 Days of The Internet Usage Survey, le résumé et le texte intégral de son rapport sont également disponibles.

    Le rapport présente la méthodologie de l'auteur. La publication du questionnaire sur Internet n'est pas un effetdu hasard, puisque l'auteur soumet la liste des outils logiciels utilisés pour construire le questionnaire en HTML et recueillir les réponses sur le serveur Unix de l'université. Plus important pour nous, Brenner décrit la procédure qu'il a adoptée pour faire connaître son site.
    Le sondage fut proposé à plusieurs moteurs de recherche disponibles sur le W3 pour aider les utilisateurs à localiser les documents qui présentent un intérêt pour eux. Son URL fut intégré à la liste de plusieurs répertoires, entre autres par le service de recherche Yahoo. Tout internaute qui exécutait une recherche avec les mots clés « Internet » ou « Assuétude » trouvait le sondage et avait l'option de cliquer les liens jusqu'au questionnaire et de le compléter. »(3)

    Suivent la présentation et l'analyse des résultats préliminaires du sondage.

    Ainsi les mêmes applications d'Internet, qui pourraient susciter chez certains une anomalie comportementale, sont exploitées pour recueillir des données originales sur la psychologie de l'internaute. Même si Brenner reconnaît que son échantillonnage n'est pas scientifique, la diffusion de son questionnaire sur Internet semble en avoir validé plusieurs aspects.

    Il s'agit du travail d'un étudiant au doctorat. Un étudiant ou une équipe d'étudiants du collégial ne pourraient-ils pas utiliser une stratégie similaire pour administrer un questionnaire dans la limite des compétences qu'ils ont à acquérir?

    Bénéfice supplémentaire pour l'étudiant et le professeur, le rapport de Brenner fait partie d'une collection intéressante de monographies et de rapports sur différents aspects de la psychologie.« PREP- Psychology Preprint Server » est le nom donné à cette banque d'informations.




    Autres exemples





    Recherche sociologique sur Internet


    Le titre est sans doute prétentieux, mais ce questionnaire, distribué dans une conférence (newsgroup) par un fournisseur français d'Internet et administré par l'université de Toulouse le Mirail, suggère une façon simple de rejoindre un auditoire. Dans cet exemple, le questionnaire est proposé directement au lecteur avec la demande de faire parvenir les réponses par courrier électronique à l'auteur. Même si cette conférence n'est pas la plus populaire, le choix du groupe « fr.announce.divers » est judicieux, puisqu'il ne risque pas d'indisposer les intenautes qui le fréquentent. En effet, le sujet de ce groupe étant très générique, le questionnaire n'est pas hors d'ordre. Il n'est qu'un message de plus auquel l'abonné peut répondre si la chose l'intéresse.

    Une conférence pourrait être utilisée pour faire connaître l'adresse URL d'un questionnaire en HTML, disponible sur un site particulier. L'internaute n'a pas à recopier le questionnaire; il peut tout simplement copier l'URL (ou le cliquer) et aller sur le site répondre en direct aux différentes questions.




    Quelques remarques


    Voici un exemple d'utilisation d'une liste de distribution qui est à proscrire pour deux raisons. D'une part ce type d'intrusion indispose carrément les utilisateurs réguliers de la liste. D'autre part, sur le plan méthodologique, si vous n'interrogez que des personnes intéressées à un thème, votre taux de réponses et leur qualité ne seront pas représentatifs d'un échantillonnage aléatoire. Le procédé pèche donc au niveau de l'étiquette et au niveau de la méthodologie.

    À l'aide d'extraits de messages échangés dans la liste « Educational Research List », on peut décrire une procédure à respecter lors de l'administration d'un sondage par l'entermise d'une liste de distribution. Les messages en question ont été provoqués par l'intrusion intempestive de quelques étudiants. Sans le moindre avertissement, ils se sont mis à publier des questions en demandant aux membres de la liste de répondre avec le plus deprécision possible. Une première section du questionnaire visait à identifier les répondants : âge, sexe, nombre d'années d'expérience dans l'enseignement, etc.

    En tant qu'abonné à cette liste, j'avais lu ces messages et ne m'en étais pas préoccupé (j'aurais probablement dû, puisque j'aurais pu noter les questions et l'ensemble des commentaires). Mais les questions des étudiants furent rapidement suivies de quelques messages plutôt curieux. Certains abonnés néophytes répondaient à la liste (donc à tous les membres) plutôt qu'aux seuls étudiants qui avaient publié les questions. Ainsi, on apprenait que telle enseignante était célibataire et s'initiait aux nouvelles technologies, qu'un autre avait tel âge et enseignait telle discipline, etc. Ces messages étaient nettement hors propos dans la liste. D'où une avalanche de réactions plus ou moins vives pour dénoncer le caractère déplacé de ces messages, pour indiquer aux néophytes que l'on doit répondre personnellement à l'auteur de ce genre de messages, ultimement, pour blâmer l'intrusion des étudiants qui avaient perturbé le fonctionnement de la liste et démontré un manque flagrant à la nétiquette. Enfin, d'autres correspondants ont réagi plus calmement et déclaré que des professeurs (il semble que la grande majorité des membres de cette liste en soient) devraient comprendre que des étudiants puissent faire des erreurs et qu'il faudrait plutôt tirer leçon de cet incident pour réfléchir à l'utilisation d'Internet, et plus spécifiquement des listes, pour réaliser des sondages.

    Parmi ces sages avis, les messages en annexe suggèrent une démarche qui assurerait à la fois le respect de l'étiquette et une méthodologie plus sérieuse. Notons au point de départ que le professeur de ces étudiants fut reconnu comme l'ultime responsable de l'incident. Et quand il est intervenu dans la liste pour calmer les propos courroucés des habitués, il a dû reconnaître que son encadrement avait été déficient même si ce n'était pas la premièrefois qu'il utilisait ce mode de sondage.



    Notes

    1. CGI ou Common Gateway Interface , un logiciel installé sur le serveur W3 qui permet d'interfacer un questionnaire en HTML avec une base de données, d'automatiser la cueillette des réponses et de faire un premier classement des données. Retour.

    2. DELOUGHRY, Thomas J., "Snared by the Internet", dans The Chronicle of Higher Education , mars 1996, p. A25-A27. Retour.

    3. BRENNER, Viktor, An Initial Report on the Online Assessment of Internet Addiction: The First 30 Days of The Internet Usage Survey , 1996. Retour.