Téléprésence

  • présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation


  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet permet le travail virtuel sur le terrain en mettant en contact des élèves et les membres d'une expédition.

    Mode de communication asynchronique ou synchronique.


    La téléprésence permet à des étudiants ou à des groupes classes de maintenir le contact avec des experts, des explorateurs ou des pairs qui sont sur le terrain, peuvent observer un phénomène en direct et leur transmettre des données. (1)

    Par le lien de communication Internet, l'étudiant peut discuter avec les experts en direct ou en différé, recueillir leurs commentaires, suivre leur démarche et faire ses suggestions. Il vit donc à distance, virtuellement, des aventures ou des expéditions, ou trop dangereuses, ou trop onéreuses pour y entraîner physiquement des groupes d'élèves. Il a accès rapidement à des données de première main, sans avoir à attendre la publication d'un article ou d'un livre.

    Aux État-Unis, il y a des exemples de téléprésence qui sont fort spectaculaires et exigent des moyens financiers et techniques considérables. Une expérience de téléprésence en compagnie d'astronautes, d'alpinistes ou d'hommes grenouilles nécessite la collaboration d'organismes nationaux et une large diffusion. Plusieurs sites américains et québécois ont été créés sur le Web pour faire connaître de vastes projets d'exploration sur ou hors de la planète et favoriser la communication entre les explorateurs et les étudiants de tout ordre d'enseignement.

    Mais, il y a aussi des projets plus modestes, des exemples de téléprésence où le vélo est le moyen de transport privilégié et une caméra numérisante le seul équipement vraiment sophistiqué.




    Exemple retenu : MayaQuest


    Dès son message inaugural en 1994, MayaQuest se présente comme un projet innovateur et ambitieux. Les excursions de 1995 et 1996 ont démontré l'intérêt que peut générer un projet bien conçu (plus d'un million de participants à travers le monde) et qui investit dans le support pédagogique aux professeurs.

    L'idée est simple : envoyer en excursion, dans plusieurs pays de l'Amérique centrale, une équipe de cinq anthropologues et cyclistes qui parcourront divers sites archéologiques selon les directives des étudiants qui orientent leur itinéraire et participent à leurs aventures grâce aux fonctionnalités de communication d'Internet. Le but avoué : éclairer ou résoudre le mystère de la disparition de la civilisation maya. Leur objectif plus fondamental : amener les étudiants à réfléchir aux facteurs toujours contemporains qui peuvent entraîner la destruction d'une culture, que ce soit la guerre, un cataclysme naturel ou la mauvaise gestion de l'écosystème.

    MayaQuest réalise parfaitement le modèle de la téléprésence, car l'équipe des explorateurs se met à la disposition des élèves, répondant à leurs questions, vérifiant leurs hypothèses, cherchant pour eux des indices.
    Nous avons vérifié avec le réseau Prodigy les résultats du premier sondage et nous avons découvert que la plupart d'entre vous croient que la guerre a joué un rôle décisif dans cette disparition. C'est pourquoi nous avons sélectionné les sites d'Uxmal, ChichenItza et Coba comme lieux potentiels d'exploration. Chacun de ces sites fut un centre régional important et chacun fit la guerre pour se défendre ou étendre sa sphère d'influence. Chichen Itza est à 79 milles au sud-est, Coba à 150 milles dans la même direction et Uxmal à 71 milles au sud. Au cours d'une bonne journée, notre équipe peut couvrir 100 milles. Nous vous tiendrons au courant. En attendant, si vous avez quelque question, adressez-la à l'équipe à Maya-talk@InforMNs.k12.mn.us et inscrivez Question-Equipe et votre sujet dans la case sujet. Dès que nous les recevrons, nous vous répondrons.(2)
    Considérez-nous comme des icones sur l'écran de votre ordinateur. Cliquez et dirigez-nous. (3)

    Le thème de cette quête, aussi passionnant soit-il, n'aurait pas attiré un million de participants si les responsables de l'entreprise n'avaient pas préparé du matériel didactique pour les professeurs. Dès le message inaugural, on perçoit la qualité de cette préparation. On fait d'abord appel à des responsables de site, non pas à tous les professeurs indistinctement. Plusieurs professeurs d'une même école pourront participer avec leurs classes à cette téléprésence, mais il n'y aura qu'un responsable de site qui devra rassembler les informations recueillies par les classes.

    Chacun des sites aura une mission particulière : étudier une des hypothèses expliquant la disparition de la civilisation maya ou rassembler des informations sur un thème spécifique. La liste des thèmes est déjà longue et souligne à l'évidence le caractère multidisciplinaire du projet.

    Cette structure est reproduite sur un site Web intitulé Teacher to Teacher Center, un carrefour pour les professeurs. Les enseignants peuvent y trouver, sous chaque thème ou chaque hypothèse, des suggestions de scénarios pédagogiques et d'activités à réaliser en classe. Des conférences permettent aux professeurs d'échanger entre eux. Des informations sur les Mayas sont disponibles de même qu'une liste très riche de pointeurs vers les ressources d'Internet sur la question des Mayas. Le professeur n'est donc pas livré à lui-même. Il peut s'inspirer de ce site pour préparer sa session.

    C'est que les responsables du projet réalisent que la tâche du professeur qui désire intégrer cette aventure à son enseignement et au programme n'est pas aisée.
    Comment avons-nous pu réaliser cette aventure tout en respectant nos programmes ? Par des trésors d'imagination et de planification, nous avons exploré des solutions inédites. Nous avons tiré l'élastique au maximum. Nos classes sont devenues des laboratoires vivants où l'on faisait des découvertes à chaque jour. Dans un effort de collaboration sans précédent, nous avons conçu un programme local entier autour de la culture maya. Ce programme couvrait les habiletés de base en écriture, lecture, mathématiques et bien au-delà dans une grande variété de disciplines [...]
    Pour y arriver, nous avons dû prendre des risques. C'était risqué de laisser de côté les manuels et les plans de cours. Mais les résultats en valaient la peine. Les étudiants ont adoré prendre ce risque. Ils ont été fascinés par les liens qu'ils pouvaient établir avec une civilisation ancienne, mais plus encore par les liens qu'ils ont tissés entre eux. Quant aux professeurs, le projet leur a permis de s'évader des rigueurs de l'hiver au Minnesota, de quitter leur quotidien pour un tout nouveau monde. Les apprentissages n'étaient pas traditionnels; c'était une succession de découvertes heureuses et inattendues. Les étudiants devenaient explorateurs; nous nous sommes contentés de les guider vers leurs propres découvertes. (4)

    Le succès de MayaQuest est donc moins une réussite quant au nombre des participants qu'une profonde réforme pédagogique qui recrée le goût de la découverte.




    Autres exemples




    L'ascension du mont Everest

    Cet exemple ne s'impose pas par la qualité pédagogique de son design. L'activité proposée aux élèves conservait un relent de produit de consommation.

    En retenant cet exemple, je désire souligner que la téléprésence n'est pas un spectacle et qu'elle peut représenter de réels dangers pour les membres d'une expédition. Si l'élève participe virtuellement à une ascension par la médiation de l'électronique, il y a des alpinistes qui risquent réellement leur vie dans la montagne.

    Ce projet largement publicisé par une annonce régulière dans le courrier et par deux sites Web de grande qualité graphique -- celui de Global Schoolnet et celui de NBC -- s'est terminé par la mort de plusieurs membres de l'équipe. On peut suivre les péripéties de l'expédition grâce aux archives publiées sur le site du réseau NBC. Et on peut se demander quelles furent les réactions des élèves qui suivaient quotidiennement la progression des alpinistes.

    C'est un exemple frappant de la réalité qui vient bouleverser le virtuel. La téléprésence constitue un amalgame de réel et de virtuel qui érode le caractère artificiel de la réalité virtuelle et confère à la communication électronique son poids de réalité. Les élèves ont pu faire des apprentissages essentiels qui n'avaient pas été prévus par les concepteurs.



    Fieldtrips Project, une liste de distribution

    Récente initiative du Global Schoolnet, cette page Web invite les enseignants et leurs élèves à s'inscrire à une liste de distribution consacrée à des applications plus modestes de téléprésence. Par ce moyen, les élèves participent en différé aux activités de terrain des autres classes et peuvent publier le récit de leurs propres expériences de terrain. Ce lieu d'échange confère à l'élève un statut provisoire d'expert quand il a l'occasion de participer à une visite ou une excursion. Il lui permet également de participer virtuellement aux activités des autres classes en soumettant ses suggestions ou ses questions.

    La proposition est économique et devrait assurer une participation maximale des étudiants. Il s'agit d'une infrastructure facile à mettre en place.




    Les missions californiennes

    Sans doute inspiré de Mayaquest, cet exemple de téléprésence propose également aux élèves d'accompagner deux cyclistes à la recherche de l'héritage espagnol de la Californie. En visitant douze missions franciscaines, les animateurs voulaient recréer l'atmosphère de la Californie du 18e siècle.

    Ce thème est intimement relié au programme d'études de l'État de la Californie. D'ailleurs, un des membres de l'expédition se souvenait d'avoir étudié ces missions quand il était en quatrième année. Le site Web du CMI comporte des suggestions de scénarios pédagogiques et offre les archives complètes de l'expédition. Mais la véritable téléprésence a été expérimentée, en mai 1995, par les élèves de 12 classes qui suivaient « en direct » les déplacements des cyclistes. Ceux-ci leur transmettaient l'information par courrier électronique et grâce à leur caméra numérisante.

    Cette application d'Internet possède deux qualités majeures:


    Le projet Jason

    Depuis 1989, le Dr Robert Ballard offre aux étudiants américains de participer en direct à ses diverses expéditions scientifiques sous-marines. (5) Ces expéditions annuelles, qui ont lieu habituellement entre janvier et avril, entraînent à leur suite plusieurs classes dans des explorations qui visent à développer la conscience environnementale, à démontrer des applications concrètes de la méthodologie scientifique et à découvrir les nouvelles technologies. Les classes doivent se rendre à des centres nommés PINS où les étudiants peuvent assister en direct à la retransmission des images et communiquer en direct avec un membre de l'expédition qui assiste sous l'eau aux activités des chercheurs.(6)

    Tout d'abord axé sur la vidéo et la transmission des images par satellite, le projet Jason accorde de plus en plus d'importance à la technologie Internet qui complète admirablement les moyens techniques d'avant-garde utilisés dans ces explorations. Le site Web du projet Jason comporte maintenant de vastes ressources documentaires sur la biologie marine et les océans. En plus d'informations de première main, le site offre une riche collection de pointeurs.

    Les pages du projet Jason présentent des informations pertinentes pour les professeurs et pour les étudiants, ces argonautes entraînés par Jason dans sa quête. Les professeurs peuvent y découvrir des scénarios pédagogiques, des activités en classe et des modes d'évaluation ou d'assessment. La fondation Jason offre même des sessions de formation de formateurs, une trousse d'outils didactiques et un encadrement professionnel qui couvre toute l'opération, de l'étape préparatoire au suivi de la téléprésence.

    Les messages de deux listes de distribution sont affichés sur le site Web. L'une est réservée aux professeurs et vise à promouvoir la collaboration entre les formateurs. Elle est très fréquentée, comme d'ailleurs la liste réservée aux étudiants. Le coin des étudiants propose des jeux éducatifs (course au trésor, quizz) qui permettent d'assurer un suivi et de maintenir les liens tissés pendant l'expédition virtuelle.




    Notes

    1. J'emprunte l'expression au Dr Robert Ballard, concepteur et animateur du projet Jason. « Telepresence, the unique you-are-there experience of the JASON Project that lets students experience the thrill of scientific discovery first-hand, is made possible by integrating many forms of advanced technology. » Retour.

    2. Tiré du message du 6 février 1995. Retour.

    3. Tiré du message du 13 février 1995. Retour.

    4. KRAEMER, Kathy, TheTrue Spirit of MayaQuest. Retour.

    5. On trouvera la liste et la description des excursions réalisées à l'aide de la sonde-robot Jason sur cette page. Retour.

    6. Sur le site Web du projet, sont clairement expliquées les différentes technologies qui rendent possible la téléprésence. Des illustrations facilitent la compréhension d'une infrastructure très complexe. Retour.