Tutorat, mentorat
ou

encadrement pédagogique

  • présentation
  • autres exemples
  • objectifs
  • exemple retenu
  • application Internet
  • conditions de réalisation




  • Présentation

    Ce modèle d'application pédagogique d'Internet vise à recréer par les applications d'Internet une relation d'aide entre l'étudiant et son professeur ou son tuteur.

    Mode de communication asynchronique ou synchronique.


    Les fonctionnalités de communication (synchronique ou asynchronique) d'Internet permettent de prolonger et de recréer plusieurs formes d'aide ou de soutien à l'apprentissage.

    L'étudiant peut communiquer avec son professeur. Il pouvait déjà le faire en allant le voir à son bureau ou en lui téléphonant. Le courrier électronique ajoute un double avantage. Il oblige l'étudiant à cerner davantage son problème ou sa question avant de l'adresser à son prof. Il permet au professeur de répondre à son rythme.

    Par ailleurs, le professeur peut maintenir un lien électronique avec ses étudiants et ajouter à son encadrement un outil puissant qui lui permet d'individualiser son approche.

    Les différentes formes de tutorat peuvent aussi ajouter à l'encadrement des étudiants. Le tutorat par les pairs, le tutorat par des étudiants d'un autre niveau, le contact avec un tuteur autre que le prof, etc. sont des modes de tutorat facilement réalisables avec Internet.

    Le W3 offre une documentation variée sur la question du tutorat. En interrogeant un robot, on peut obtenir plusieurs centaines de références. Je soulignerai ce document en provenance de Suisse, une étude sérieuse pour justifier l'acquisition d' un serveur de communication pour les chercheurs suisses en sciences de l'éducation. Ce site a d'ailleurs déjà été inauguré sous le titre Agora sur un serveur de l'université de Genève. On peut lire, dans cette étude, une brève présentation du tutorat électronique, accompagnée d'une riche bibliographie.




    Exemple retenu : Tutorat électronique

    Une première forme de tutorat : la relation personnalisée de l'étudiant avec son professeur.

    Cet exemple de tutorat entre les étudiants et les professeurs de la Faculté de médecine de Nancy ne présente aucune caractéristique spectaculaire. Mais le document a l'avantage de décrire avec fraîcheur une expérience toute neuve. On y note les retombées pédagogiques positives sans cacher les inconvénients techniques ou professionnels. Il s'agit des premières réactions à l'implantation d'une nouvelle ressource informatique et à son intégration dans un cours d'informatique médicale.

    Dès 1988, la faculté introduisait l'enseignement assisté par ordinateur. L'implantation d'Internet en 1993 a suscité de nouveaux projets.
    Ces événements nous ont amenés à expérimenter un enseignement tutorisé par voie électronique grâce au courrier électronique et à Internet [...] L'expérience a pu être tentée dès la rentrée 95.

    Les étudiants ont obtenu une boîte postale après avoir signé un protocole sur le respect de l'étiquette et des règles internes de l'université. Les étudiants ont à remettre un mémoire sur les applications informatiques de la médecine. Le tutorat électronique est donc limité à ce seul cours où il devient une première application informatique à l'enseignement de la médecine.
    Très vite les étudiants ont utilisé le courrier électronique non seulement pour communiquer entre eux mais également pour communiquer avec les enseignants, demandant des précisions sur des points du cours, exprimant leur mécontentement vis à vis de l'anglais sur le web. Chaque message a reçu une réponse dans les 48 heures ce qui a permis d'assurer un tutorat personnalisé avec une déconnexion à la fois temporelle, l'étudiant et l'enseignant n'avaient pas besoin d'être disponibles en même temps et spatiale ce qui est fondamental pour des enseignants qui exercent dans différents lieux (hôpital et faculté).

    Cette dernière remarque souligne les avantages du courrier pour personnaliser la relation professeur-étudiant et la possibilité pour le professeur de gérer cette tâche à son rythme.

    Les commentaires négatifs touchent la gestion du réseau et l'accès des étudiants aux ordinateurs. D'une part, l'équipe de support technique semble très réduite. D'autre part, seuls les ordinateurs de la faculté sont mentionnés. Ils ne sont pas assez nombreux et les étudians se plaignent que des collègues monopolisent les ordinateurs pour jouer et se divertir. Ce commentaire évoque des situations familières qui ne sont pas toujours faciles à contrôler. Je remarque qu'il n'est pas question d'accès par un ordinateur domestique.

    Un autre commentaire ouvre un débat qui risque de devenir intéressant.
    Ainsi cette expérience prometteuse montre les limites de l'utilisation de ces nouvelles méthodes et moyens si elle ne s'accompagne pas d'une valorisation de ces expériences tant vis à vis des enseignants (le tutorat électronique n'entre pas dans le décompte des heures de cours) que par rapport au personnel technique nécessaire.

    Si la valeur pédagogique du tutorat électronique est reconnue, comment intégrer cette fonction dans la tâche d'un professeur?




    Autres exemples




    Le tutorat par les pairs

    Le laboratoire littéraire de l'université Purdue prolonge ses services de tutorat sur Internet en présentant sur ses pages W3 des pointeurs aux ressources littéraires des réseaux (1). On peut joindre l'équipe des tuteurs par courrier électronique et accéder aux ressources du laboratoire des ordinateurs du campus ou de son ordinateur domestique.

    La qualité, la variété, l'organisation et le regroupement des pointeurs laissent présager un service bien rodé qui sait répondre aux demandes concrètes des étudiants.




    Le tutorat par un étudiant d'un ordre d'enseignement supérieur

    Les deux exemples de jeu de rôle par un groupe d'étudiants, Ask Dr Math et Ask Mr Science, offraient déjà deux modes de tutorat par des étudiants plus âgés. Dans les deux cas, des étudiants de collège ou d'université offraient leur service d'aide aux élèves du primaire et du secondaire.

    Le message qui suit, intitulé Cross Age Tutoring, présente le processus inverse. Ici, c'est une école primaire qui fait appel aux services d'élèves du secondaire ou d'un ordre d'enseignement supérieur. Le soutien par des étudiants plus âgés est demandé pour compléter le travail des enseignants et pour obtenir plus d'information sur les processus d'apprentissage des plus jeunes. Il y aurait deux périodes d'échange de vingt minutes à chaque semaine entre les élèves des deux ordres d'enseignement. À la fin du message, l'auteure suggère que l'on pourrait jumeler deux classes, une du primaire et une du secondaire, et que le tutorat pourrait avoir des retombées positives autant pour les tuteurs que pour les « tutés ».

    On trouvera un scénario plus complet dans ce message en provenance d'Israël. Les échanges entre les étudiants de niveau collégial d'Israël et les élèves du secondaire issus de plusieurs pays portent spécifiquement sur le thème des préjugés. L'activité s'étend sur l'ensemble de l'année académique. Chaque « tuteur » est responsable de trois élèves du secondaire auxquels il fera parvenir des exercices et des évaluations. Le matériel didactique semble très bien préparé et le contenu de chaque communication est clairement définie. Les élèves du secondaire appartenant à des classes disséminées dans plusieurs pays sont invitées à communiquer entre eux. Les « tuteurs » trouveront dans ces échanges une mine de données sur les préjugés dans les divers pays et vivront une riche expérience de communication.




    Le tutorat planétaire

    Global Tutoring n'est pas l'initiative d'un professeur, mais ce service de tutorat planétaire a commencé comme tous les autres projets par un simple message (2) sur Internet. Michael Berns y présente une formule de tutorat essentiellement fondée sur les applications Internet, un support à l'apprentissage qui n'est pas gratuit mais qui peut offrir des conditions privilégiées aux étudiants dans le besoin.

    Ce service de tuteurs professionnels se propose comme un complément de l'enseignement conventionnel ou comme un outil alternatif d'apprentissage. On se trouve ici face à une situation limite où le tutorat peut soutenir les apprentissages qui ont lieu dans la classe conventionnelle ou se présenter comme un substitut de la classe, un retour à l'enseignement socratique individualisé.

    Le site International Tutoring présente une excellente source d'information sur le tutorat électronique. Cet organisme de charité a été constitué depuis peu et ses objectifs sont ambitieux.
    En pratique, les tuteurs planétaires utiliseraient le courrier électronique exclusivement sur Internet pour offrir une formation individualisée ou de groupe aux étudiants planétaires (les tutés) : (a) de tous les ordres d'enseignement (c'est-à-dire préscolaire, primaire, secondaire, postsecondaire et éducation permanente), (b) de tout niveau d'habileté incluant« les handicapés et ceux que les circonstances de la vie rendent incapables de s'inscrire à un programme d'études régulier (Medway, 1994) », et (c) dans des champs encore à définir. (3)
    Le projet est en phase d'implantation et d'expérimentation. On peut s'inscrire comme tuteur ou comme tuté. La fondation offre une formation aux futurs tuteurs et des conseils pratiques aux tuteurs et aux tutés.




    Notes

    1. « At Purdue, students come to the Writing Lab to talk with tutors about planning and writing their papers. On-line, the Writing Lab offers other services as well, including some of our materials on topics such as commas, resumes, formats (such as MLA or APA) for citing sources, non-sexist language, and other information. You can also find useful links to sources of information for your research papers and other writing. » On-Line Writing Lab. Retour.

    2. On peu lire ce message inaugural dans BERNS, Michael, Global Tutoring: An Experiment in Alternative Learning, 1995. Retour.

    3. Idem. Retour.