Mais comment font-elles?

Comme chez tous les Mammifères, le cerveau développé de la girafe demande un apport considérable en énergie et en oxygène. Le coeur doit donc pomper le sang jusqu'au cerveau situé 2 mètres plus haut. Pour celà, le coeur a une forte capacité de contraction et produit une grande pression sanguine, tellement grande qu'elle pourrait tuer un humain. Des mécanismes de rétro-inhibition empêchent cette forte pression de léser les tissus de l'encéphale.

Bien que cette forte pression réussisse à faire monter le sang au cerveau, elle pourrait avoir des effets néfastes dans les membres inférieurs. Cependant, les capillaires des girafes ont des parois plus épaisses que celles des humains, empêchant ainsi la sortie du plasma vers les espaces intercellulaires des tissus autour des capillaires. De plus, la peau des pattes des girafes a une structure compacte produisant une pression sur les tissus entourant les capillaires. Cette pression, inverse à celle à l'intérieur des capillaires, empêche les fuites.

Photo de Patrick Giraud

Mais que ce passe-t-il lorsqu'une girafe baisse la tête pour boire par exemple? La tête se trouvant maintenant au niveau des pieds, subit la même pression que ces derniers. Or, les capillaires du cerveau pourraient très bien laisser fuir les liquides, provoquant une augmentation de la pression intracrânienne, entraînant la mort de l'animal. Pour éviter celà, la girafe possède une série de mécanismes de contrôle:

  • l'artère carotide forme un réseau de petites artères agissant comme des réservoirs, empêchant le sang de se précipiter vers le cerveau;
  • un passage direct entre l'artère carotide et l'artère ventrale court-circuite le cerveau; le surplus de sang prend donc une voie d'évitement;
  • les veines jugulaires possèdent des valves empêchant le reflux sanguin vers le cerveau;
  • elle peut aussi écarter ses pattes antérieures, rapprochant ainsi son coeur au niveau de sa tête, ce qui diminue la pression cérébrale.

Lorsqu'elle relève la tête, la veine jugulaire exercerait une pression empêchant la girafe de perdre conscience.

 

 

Source

CAIN, DAMMAN, LUE et YOON. Découvrir la biologie, Éditions De Boeck et Larcier s.a., Bruxelles, 2006.

© TOUS DROITS RÉSERVÉS - Chantal Proulx

Dernière mise à jour le 15 February, 2009