Chronique d'une petite escapade à vélo

Nouvelle-Écosse, juillet 2001

par Anne-Marie et François
 
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Après avoir rêvé des châteaux de la Loire, des côtes de l'Espagne, des prés d'Irlande, nous avons compté nos sous et avons décidé de passer nos deux semaines de vacances à vélo en Nouvelle-Écosse. Nous avons trouvé quelques sites pertinents sur le sujet, dont certains proposaient des itinéraires, et nous avons cru bon, à notre tour, partager avec les amateurs de cyclotourisme notre petit itinéraire de dix jours, accompagné de quelques images. 

Notez bien que nous ne sommes ni de grands sportifs ni de grands aventuriers, que nous devions transporter tous nos bagages (l'équipement de camping entre autres) sur nos vélos. Il ne s'agissait donc pas d'une course contre la montre!

Le problème du bazou

L'idée de devoir se taper une quinzaine d'heures de route dans notre Nissan Sentra 1986 ne nous plaisait pas vraiment, d'autant plus qu'il aurait fallu trouver un endroit pour la garer pendant près de deux semaines une fois sur place. Nous avons donc opté pour le train, à partir de Rivière-du-Loup plutôt que de Montréal, simplement parce qu'il s'agit de la ville natale de François. En réservant assez tôt, on peut obtenir un bon prix et partir sans soucis. Pour quelques dollars de plus, Via Rail transporte les vélos.
 

Halifax

Le train arrive en fin d'après-midi à Halifax. Il n'était pas question de partir immédiatement chargés de nos bagages à la recherche d'un terrain de camping. Pour 44 $, grâce au statut d'étudiant d'Anne-Marie, nous avons passé la nuit au O'Brien Hall de l'université Dalhousie, situé à cinq minutes de la gare. Le luxe étant une chose très relative, la petite chambre avec salle de bains à l'étage pourrait paraître minable à certains, mais pas à ceux qui prévoient passer les nuits suivantes dans une tente minuscule. Le petit déjeuner continental est compris dans le prix et est tout à fait honnête.
 

L'itinéraire

À l'origine, nous avions l'intention de parcourir la péninsule sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, c'est-à-dire de suivre la côté jusqu'à Yarmouth et de revenir par le Nord dans la vallée d'Annapolis. Si nous avions manqué de temps, nous aurions tout simplement rallier Halifax par autocar. Cependant, une femme rencontrée dans un  pub le premier soir nous a convaincu d'entrer dans les terres et de faire un détour par le Parc national de Kejimkujik, communément appelé Keji par les Néo-Écossais. C'est en buvant de la bière que nos plans allaient changer. Voici donc ce qui en a résulté:
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Jour 1 (Halifax à Hubbards, via Peggy's Cove) 90 km

Tout près de la gare, un gros Superstore nous offre un bon choix pour nos premières provisions. Il faut savoir en profiter, car les épiceries sont parfois décevantes dans les petits villages..

Le parcours est assez vallonné et le vent peut ajouter au défi par moments. Il n'y a toutefois pas de grandes montées essoufflantes. Le premier camping après l'incontournable Peggy's Cove est un peu trop rapproché. Le suivant est un peu éloigné, mais l'énergie du premier jour nous permet d'aller plus loin.

Un vendredi soir, au camping Hubbards' Beach, il n'y a plus d'emplacement disponible, mais on nous permet de coucher dans le verger, ce qui est encore plus agréable, car les autres sites sont assez rapprochés les uns des autres. Nous n'avons plus la force de pédaler jusqu'au village le soir venu.
 

Jour 2 (Hubbards à Ovens) 68 km

Nous avons croisé les magnifiques villages de Chester, Mahone Bay et Lunenberg. Ce dernier fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, a beaucoup de cachet, mais est envahi par les touristes.

Chester est l'un des endroits où, paraît-il, le revenu moyen est l'un des plus élevés au Canada. Il n'est donc pas surprenant d'y découvrir de nombreuses villas de luxe. On nous a recommandé de passer chez Julien's un charmant petit café de la rue Queen, ce que nous avons fait, et nous le recommandons à notre tour. Julien est un Français venu s'établir en Nouvelle-Écosse. Il a su y importer son savoir-faire culinaire, et ce, sans prétention.

Puisqu'il n'y a pas vraiment d'épicerie près des Ovens, il est préférable de faire ses provisions à Lunenberg.

Aux Ovens, le camping est un peu décevant, mais le site est tout de même agréable. On comprend le lendemain matin, lors de notre promenade autour du parc, que le principal point d'intérêt de l'endroit est une série de cavernes creusées par la mer.
 

Jour 3 (Ovens à Risser's Beach) ~20 km

Une vingtaine de kilomètres, c'est ce qu'on appelle un journée de repos. Deux compatriotes québécois nous ont suggéré d'aller faire un tour au Parc provincial de Risser's Beach.

Le chemin le plus court consiste à utiliser le traversier pour se rendre sur l'autre rive de la rivière LaHave, là où se trouve une boulangerie (voir photo) qu'il ne faut pas manquer.

Notre site de camping est situé au bord de la mer, mais peut-être un peu trop près de la route. La plage est magnifique, mais l'eau est très froide. Tout ce qui manque, c'est une épicerie respectable.

Jour 4 (Risser's Beach à Bridgewater) 30 km

Il s'agissait d'une autre journée assez facile, mais qui a commencé par un dilemme de taille: quitter ou non la côte et ses plages ?

Nous avions décidé de couper à travers la péninsule pour nous offrir un petit séjour au parc Kejimkujik, mais deux routes s'offraient à nous: la 8 qui est plus achalandée mais qui nous permet de rouler encore quelques kilomètres le long de la côte, ou la 325, qui part de Bridgewater. Nous avons opté pour la sécurité, car les accotements pavés sont assez rares dans la région. Il nous fallait revenir sur nos pas pendant quelques kilomètres et remonter la rivière LaHave sur la rive ouest. Évidemment, une deuxième visite à la boulangerie s'imposait...
 

Le seul intérêt que présente Bridgewater, c'est la possibilité de bien s'approvisionner avant de gagner la wilderness de Keji. Le Oakhill Camping est situé à environ deux kilomètres de la ville, après une longue montée. Disons que c'était un bon endroit pour nous reposer puisqu'il n'y a rien d'autre à faire.

Jour 5 (Bridgewater au Parc national de Kejimkujik) 72 km

On emprunte la route 325 jusqu'à la 208 avant de rejoindre la 8, qui traverse la péninsule du sud au nord. Toutes ces routes de campagnes sont plutôt tranquilles, mis à part quelques gros camions qui nous forcent parfois à nous tasser sur l'accotement, toujours pas pavé.

À Kempt, à quelques kilomètres du parc, un petit magasin offre une variété intéressante de fruits et de légumes. Nous aurions donc pu nous y approvisionner, mais nous l'avions déjà fait dans un supermarché de Bridgewater.

La route est assez facile, mais pas des plus excitantes, à moins d'aimer le bois.
 

Jour 6 (relâche à Keji)

Kayak sur le lac après un avant-midi de pluie qui nous a relégués à notre minuscule tente.
 

Jour 7 (Keji à Annapolis Royal) 55 km

Il n'y a que des arbres et des côtes, dont certaines font durcir le mollet, entre Keji et Annapolis Royal. En passant, il n'y a rien sur cette route. Mieux vaut tout prévoir (eau, nourriture).

Annapolis Royal, autre berceau de la Nouvelle-France, est un village charmant qui valait certes le détour. En après-midi, pour relaxer un peu, nous avons visité les Jardins historiques, un concept alliant histoire et horticulture.

Un terrain de camping se trouve à 2 km, dans le village de Granville Ferry, juste après l'usine marémotrice, la seule en Amérique du Nord, qui utilise la force des marées, lesquelles sont assez impressionnantes dans la région de Fundy, pour produire de l'électricité.
 

Jour 8 (Annapolis Royal à Aylesford) 70 km

La route 1 offre un accotement pavé jusqu'à Bridgetown. Après, la vue devient moins intéressante. Plus nous avançons et plus la rivière rétrécit pour ne devenir qu'un petit ruisseau près de Aylesford, notre lieu de campement. De même, les montagnes du Nord se font moins hautes.

Comme les villages sont rapprochés, nous n'avons aucun problème de ravitaillement et sommes encouragés par la découverte de tous ces petits villages.
 

Jour 9 (Aylesford à Grand-Pré) 45 km

De Aylesford, nous avons emprunté une petite route de campagne parallèle à la 1 et beaucoup moins achalandée, que nous avons suivie jusqu'à Kentville. Nous avons ensuite dû continuer par la 1 jusqu'à Wolfville. Si la traversée secteur commercial de Kentville a été une expérience plutôt déplaisante, celle de Wolfville fut en revanche beaucoup plus agréable. Nous aurions même pu nous y arrêter et profiter du charme de cette ville universitaire (Acadia), mais nous voulions gagner Grand-Pré.

Notre premier vrai arrêt fut le vignoble Domaine de Grand-Pré, où pour 6 $, on vous offre une visite des lieux et une dégustation de cinq de leurs produits, somme toute assez intéressants pour la région. Le cidre de glace est prometteur

Jour 10 (Grand-Pré à Upper Sackville) 65 km

La journée commence par la visite du fameux site historique de Grand-Pré, lieu de la déportation des Acadiens en 1755.  Une heure suffit amplement pour voir la petite église où l'ordre de déportation fut donnée par le commandant anglais et la statue de la légendaire Évangéline de Longfellow, qui a été séparée de son fiancée lors du tragique événement.

À la sortie du village (et c'est un très petit village), nous perdons un peu de temps au café Just Us ! Nous reprenons la route vers midi en quête d'un terrain de camping sur la route d'Halifax.

Chose inhabituelle, nous empruntons l'autoroute 101, qu'il semble impossible d'éviter pour rejoindre la 1. Cependant, en raison du bel accotement pavé, l'aventure est beaucoup moins dangereuse qu'on pourrait l'imaginer.

Après la traversée d'une chaîne de montagnes assez essoufflante, nous passons par Windsor, qui n'aurait pas valu un détour. Il fait chaud, la route est assez côteuse, les terrains de camping assez rares le long de la route, si bien que nous devons nous rendre près de Upper Sackville, située à une trentaine de kilomètres d'Halifax.

Jour 11 (Upper Sackville à Halifax) 30 km

L'entrée à Halifax est plus ou moins agréable: grands boulevards commerciaux, bouts d'autoroutes, circulation plus intense. Il y a du travail à faire pour rendre la ville plus cyclable, ce qui nous fait apprécier Montréal.

Notre petit voyage à vélo se termine là. Le lendemain, nous partons faire le tour du Cap Breton par la fameuse Cabot Trail, mais ce sera au volant d'une voiture de location !

Il faudrait mentionner que nous avons croisé peu de cyclistes lors de notre périple à vélo, sauf un Français le premier soir, et deux Allemands et une fille de Brossard à Annapolis Royal. Mais le long de la Cabot Trail, ils sont plus nombreux, et sans doute plus courageux, car les montées semblent interminables, même au volant d'une Toyota !

Quelques liens

http://iquebec.ifrance.com/grimardj/ns2001
http://www.velomag.com/destination/Funday.lasso
http://www.tomswenson.com/NStour.htm
http://www.atl-canadacycling.com