A tout seigneur tout honneur, Le Petit Robert dit :
2- (XVIIIe ) Hist.Attitude
rationnelle et libérale des philosophes (2o).
" La superstition met le monde en flammes; la philosophie les éteint
" (Voltaire).
3- Mod. Ensemble
des études, des recherches visant à saisir les causes premières,
la
réalité absolue ainsi que les fondements
des valeurs humaines, et envisageant les problèmes
à leur plus haut degré de généralité.
Divisions
traditionnelles de la philosophie.
=>esthétique, éthique, 1.
logique, 1. métaphysique, morale, ontologie, téléologie.
Philosophie et psychologie. " La philosophie est cette tête
commune, cette région
centrale du grand faisceau de la connaissance humaine, où
tous les rayons se
touchent dans une lumière identique " (Renan).
" Il n'y aurait pas place pour deux
manières de connaître, philosophie et science, si l'expérience
ne se présentait à nous
sous deux aspects différents " (Bergson).
4- (XVIIIe) Ensemble
de considérations tendant à ramener une branche de connaissances
ou d'activité humaine à un petit
nombre de principes généraux. Philosophie de l'histoire,
du droit, des beaux-arts, des sciences (=>épistémologie,
méthodologie).
Principe général
sur lequel se fondent la réalisation,
le fonctionnement d'un système, d'un mécanisme.
5- Enseignement dispensé dans les
classes terminales des lycées et dans les facultés (logique,
morale, métaphysique et psychologie).
Dissertation,
devoir de philosophie. Licence,
agrégation, doctorat de philosophie. " En France, la philosophie
est à la fois une
matière d'enseignement et un objet de méditation pour
l'honnête homme " (Lavelle).
6- UNE PHILOSOPHIE, se dit d'un ensemble de conceptions
(ou d'attitudes)
philosophiques. => doctrine, système, théorie.
Philosophies
occidentales modernes
: cartésianisme, hégélianisme, kantisme,
marxisme. — (Doctrines caractérisées
par leurs
éléments remarquables) : déterminisme,
empirisme, existentialisme, humanisme, idéalisme,
matérialisme, nihilisme, panthéisme,
phénoménologie, positivisme, pragmatisme, réalisme,
spiritualisme. " À mon avis,
toute
Philosophie est une affaire de forme. Elle est la forme
la plus compréhensive qu'un certain individu puisse donner
à l'ensemble de ses
expériences internes ou autres " (Valéry).
—
Par ext. Ensemble des
conceptions
philosophiques communes à un groupe social.
La
philosophie grecque, allemande.
Philosophie occidentale et philosophie orientale. => 1.
pensée. " En fait il y a des
philosophies ou plutôt [...] en certaines circonstances
bien définies une philosophie
se constitue pour donner son expression au mouvement général
de la société " (Sartre).
7- Par ext. Conception
générale, vision plus ou moins méthodique du monde
et des
problèmes de la vie. " une de
ces philosophies personnelles " (Hugo). —
Spécialt (d'un
écrivain) La philosophie de Vigny, de Hugo, leurs
idées.
8- Absolt, Cour. Élévation
d'esprit, fermeté d'âme. => 1. calme,
équanimité,
raison, sagesse. Supporter les revers de fortune
avec philosophie. => résignation.
Prendre les choses avec philosophie. ? détachement.
"
C'est un caractère enjoué,
qui me paraît plein [...] de philosophie, et au-dessus de
certains préjugés " (Fromentin).
Deleuze Aristote Épictète Freud Hegel
Kant
Nietzsche
Platon
Rousseau
Russell
La philosophie pose plus de questions qu'elle ne fournit de réponse
et se remet elle-même
en question; c'est par ce processus incessant qu'elle continue d'exister
et qu'elle se développe...
...La philosophie, par la vue totale qu'elle cherche à atteindre,
répond à bien des curiosités
et inquiétudes formulées ou mal formulées de l'adolescence,
contribue à la maturation de la
personne; le saisissant au terme des études, sans initiation
préalable, elle provoque souvent
chez l'élève un intérêt très vif
et l'aide à percevoir le sens général de ses diverses
connaissances et de sa propre existence. Les horizons nouveaux qui
s'ouvrent alors
peuvent causer une confusion momentanée qui représente
sans doute aussi un
dépaysement salutaire...
Celui qui a été initié, ne
serait-ce que rapidement, à la discipline philosophique sera plus
conscient et plus libre; habitué à
réfléchir et à réexaminer les problèmes,
ils cédera moins
facilement aux propagandes, aux mouvements collectifs
irraisonnés; il saura se situer lui-même
dans le monde, dans la société,
saura préférer une chose à une autre. Il aura acquis
la
possibilité personnelle d'en arriver à
la conscience claire d'un certain nombre de problèmes.
Il prendra des décisions avec plus de
lucidité et donc plus de liberté...
La philosophie doit protéger l'esprit contre les mythes, contre
les conformismes, le garder
des glissements aveugles, l'empêcher de se laisser submerger
dans la société technique et la
civilisation de masse de notre temps. Celui qui
réfléchit méthodiquement reste une personne
autonome, désire que l'intelligence domine
les forces matérielles qui font de plus en plus pression
sur les existences... Le plan de l'universalité
où se situe la philosophie aide la personne à voir
sa vraie place dans le monde des réalités et des idées
et répond à l'une de ses inquiétudes et
à l'un de ses besoins les plus profonds...
Les difficultés que comporte la formation philosophique de la
jeunesse sont largement
compensées par le profit qu'elle peut en tirer... Et ce n'est
pas former à la philosophie que de leur transmettre simplement
un
système complet de pensée venu d'un autre, avant qu'ils ne
se
soient eux-mêmes posé d'abord personnellement les questions
que cet autre se posait au
départ; car la philosophie ne serait alors qu'érudition
et non plus formation, discipline de l'esprit, recherche....
(Rapport de
la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la
province de Québec, tome 3, p. 191 et passim.)
Ainsi toute la philosophie est comme un arbre dont les
racines sont la métaphysique,
le tronc est la physique et les branches qui sortent
de ce tronc sont toutes les autres sciences,
qui se réduisent à trois principales, à
savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j'entends
la plus haute et la plus parfaite morale, qui présupposant
une entière connaissance des autres
sciences, est le dernier degré de la sagesse.
Or,
comme ce n'est pas des racines ni du tronc
des arbres qu'on cueille des fruits, mais seulement des extrémités
de leurs branches, ainsi
la principale utilité de la philosophie dépend de celles
de ses parties qu'on en peut apprendre
que les dernières". (Descartes, Principes de la
philosophie, Préface)
L'élaboration d'une philosophie reste cependant liée aux
sciences; elle présuppose tout le progrès scientifique contemporain.
Mais le sens de la philosophie a une autre origine: il surgit, avant
toute science, là où des
hommes s'éveillent.
... Qu'est-ce que cette philosophie, si universelle et qui se manifeste
sous des formes si
étranges?
Le mot grec "philosophe" (philosophos) est
formé par opposition a sophos. Il désigne
celui qui aime le savoir, par différence avec celui qui, possédant
le savoir, se nomme savant.
Ce sens persiste encore aujourd'hui: l'essence de la philosophie, c'est
la recherche de la
vérité, non sa possession,
même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent,
jusqu'à
dégénérer en dogmatique, en un savoir mis en formules,
définitif, complet, transmissible
par l'enseignement.
... Être en route et chercher, ou
bien trouver la paix et l'achèvement d'un instant privilégié,
ce ne sont pas là des définitions de la philosophie.
La philosophie ne se situe ni au-dessus, ni
a côté d'autre chose. Elle
ne peut pas être dérivée. Toute philosophie se définit
elle-même
par sa réalisation. Ce qu'elle est, on ne peut le savoir que
par expérience; alors on voit
qu'elle est à la fois l'accomplissement de la pensée
vivante et la réflexion sur cette pensée,
ou l'action et le commentaire de l'action ". (Karl
JASPERS)
(*Apodictique: ce qui est
irrécusable, nécessaire, évident.)