René Descartes (1596-1650). Né en Touraine, à la Haye, élève au collège des Jésuites de La Flèche, puis licencié en droit de l’Université de Poitiers, Descartes resta insatisfait de l’enseignement qu’il reçut. Parti guerroyer dans les armées du Prince d’Orange, il enrichit son expérience de la vie et des hommes. Mais les leçons de la vie, pas plus que celles de l’École, ne pouvaient répondre à l’exigence de vérité qu’il portait en lui. Seule la réflexion solitaire — la mise en question de toutes les connaissances par un esprit souverainement libre — lui permettra de constituer une philosophie. C’est en Allemagne, enfermé dans un « poêle » (c’est-à-dire dans une chambre chauffée par un poêle et non par une cheminée) que Descartes eut l’intuition de son système. Dans les Méditations, son chef-d'oeuvre, nous assistons aux moments successifs de son itinéraire spirituel. La base du système, c’est le cogito : même si mes pensées sont douteuses, confuses et fausses, il est certain que j’existe. C’est à cause de cette évidence première de sa propre existence en tant qu’être pensant que Descartes déclare que l’âme est plus aisée à connaître que le corps. Puis Descartes établit une philosophie dualiste : à la substance pensante — esprit pur — s’oppose la substance étendue, matière pure. La matière n’est que de l’étendue et du mouvement. Descartes fonde ainsi une science mécaniste de la matière. Même la biologie se ramène à la mécanique et les animaux ne sont que des machines.


QUELQUES CITATIONS DE DESCARTES

[...] je me suis persuadé qu'il n'y avait rien du tout dans le monde, qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits, ni aucuns corps ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais point? Non certes, j'étais sans doute, si je me suis persuadé, ou seulement si j'ai pensé quelque chose [...] De sorte qu'après y avoir bien pensé et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : je pense, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit.Méditations métaphysiques, 1647.

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[...] [Les notions générales touchant la physique] m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent [...] nous les pourrions employer [...] à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Discours de la Méthode, 1637.

LES RÈGLES DE LA MÉTHODE

C'est à la fin de la deuxième partie du Discours de la méthode (1637) que Descartes propose ses fameuses quatre règles de la méthode. Aujourd'hui, on appelle « personne cartésienne » une personne qui applique ces règles dans tous les domaines de la vie.
Règle de l'évidence

Ne recevoir aucune chose pour vraie à moins qu'elle ne soit évidente, ce qui signifie : éviter soigneusement la précipitation et le préjugé ; n'accepter rien de plus dans ses jugements que ce qui se présente clairement et distinctement à l'esprit de sorte qu'il soit rigoureusement impossible d'en douter.
Règle de l'analyse
Diviser chaque problème en autant de parties qu'il se peut et qu'il est requis pour mieux le résoudre.
Règle de la synthèse
Conduire par ordre ses pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus faciles à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusqu'à la connaissance des plus composés.
Règle de la révision
Faire partout des dénombrements (inventaires) si entiers et des revues si générales afin de s'assurer de ne rien omettre.

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