Considérée comme discipline, la logique est
l’étude du raisonnement. Sa principale tâche est de déterminer
si un raisonnement est valide ou non. Voici déjà deux questions
: qu’est-ce qu’un raisonnement ? qu’est-ce qu’un raisonnement valide ?
On appelle raisonnement une suite de propositions qui
affiche un certain enchaînement en vue d’arriver à une
conséquence. La conséquence du raisonnement s’appelle
conclusion et les autres propositions en sont les prémisses.
Par exemple, le texte :
Paris est une belle ville.
Or Paris est la capitale de la France.
Donc la capitale de la France est une belle ville.
exprime un raisonnement dont la conclusion est la proposition
:
La capitale de la France est une belle ville
et les prémisses sont les deux propositions :
Paris est une belle ville
Paris est la capitale de la France
En clair : les prémisses d’un raisonnement sont
les propositions que l’on nous demande d’accepter, même si c’est
juste pour rire ; sa conclusion est la proposition que l’on nous demande
d’accepter si l’on accepte ses prémisses.
Un raisonnement peut avoir un nombre aussi grand de prémisses
que l’on veut, mais il en faut au moins une. Pour désigner
un raisonnement dont la conclusion B est acceptée en
vertu des prémisses A1, …, An,
nous écrirons :
A1
.
.
.
An
__
B
Par exemple, pour reprendre notre précédent
raisonnement :
Paris est une belle ville
Paris est la capitale de la France
__________________________________
La capitale de la France est une belle ville
Abordons maintenant la notion de raisonnement valide.
Une raisonnement est dit valide s’il n’est pas concevable
que sa conclusion soit fausse si ses prémisses sont vraies.
Simple, n’est-ce pas ? Mais attention ! Examinons quelques exemples.
La météo annonce du beau temps pour demain
_____________________________________
Il fera beau demain
Tous les cygnes observés jusqu’à maintenant
sont blancs
_____________________________________________
Tous les cygnes sont blancs
Socrate est un homme
____________________
Socrate est mortel
Tous les hommes sont mortels
Socrate est un homme
_____________________
Socrate est mortel
Seul le dernier de ces raisonnements est valide. Remarquons
que sa conclusion découle des prémisses non pas en vertu
des termes « homme », « mortel » et « Socrate
» mais plutôt en vertu de la forme logique des propositions.
Quel que soit en effet le sens que l’on donne aux termes « homme »,
« mortel » et « Socrate », il est inconcevable que
la conclusion soit fausse si les prémisses sont vraies.
Le premier raisonnement au contraire n’est pas valide : l’expérience
a maintes fois démontré que la météo n’est
pas infaillible. Le deuxième raisonnement n’est pas valide selon
la logique parce qu’on peut concevoir qu’il existe des cygnes non blancs
qui n’ont pas été observés jusqu’à maintenant.
Enfin, le troisième raisonnement n’est pas valide non plus parce
qu’il n’y est pas dit que tous les hommes sont mortels. (On aurait beau
dire qu’on le sait, mais à cela la logique répondrait que
cela ne suffit pas puisque seules les propositions sont considérées.
Tant pis.)
Pas mal compliqué, n’est-ce pas ? C’est normal dans
un premier temps. Relisez !
Autres principes et concepts fondamentaux
La validité d’un raisonnement quelconque, du plus simple
au plus complexe, peut être démontrée à
l’aide de lois logiques, aussi appelées vérités
logiques ou tautologies. Certaines de ces lois sont si fondamentales
que certains les appellent principes premiers. En logique classique
nous avons notamment les principes suivants.
- Double négation : la négation
d’une négation équivaut à une affirmation. Autrement
dit, en écrivant « non-A » pour
exprimer la négation d’une proposition A, la
proposition non-non-A signifie la même chose que A.
Par exemple, si vous voulez exprimer qu’il pleut, vous l’exprimeriez
parfaitement en énonçant : « Il est faux qu’il ne
pleut pas ». (En pratique, il est bien entendu plus simple
et économique d’employer la forme affirmative : « Il pleut
». La logique ne fait toutefois aucune différence, c’est
comme ça.)
- Tiers exclu : toute proposition est vraie
ou fausse. Autrement dit il n’y a pas, en logique classique du moins,
de proposition ni vraie ni fausse. Une conséquence de cela est
que toute proposition de la forme A ou non-A est platement
vraie.
- Non contradiction : aucune proposition n’est
à la fois vraie et fausse (en même temps et du même
point de vue). Donc toute proposition de la forme A et non-A
est forcément fausse. La logique appelle contradiction
toute proposition de la forme A et non-A. Le principe de
non contradiction est formellement exprimé par la formule : non-(A
et non-A).